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 Première rencontre officielle. [Meyer]

Humaine - Anti esclavage
Aumérine Lefèvre
Age : 20
Emploi/loisirs : Assistante vétérinaire pour hybrides. Discrétion garantie.
Multi-Compte : Maëlys
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Première rencontre officielle. [Meyer] EmptyJeu 11 Oct - 16:49
Aumérine Lefèvre
Le rendez vous était à 15h, mais le prof de "interactions médicamenteuses et spécificité des espèces" étant absent, j'étais sortie plus tôt de l'université, et me retrouvait donc avec une bonne heure d'avance au parc. Bon, franchement, j'y allais déjà souvent pour réviser, donc non, mauvaises langues, je ne m'y présentais pas avec 3 plombes d'avances juste parce que j'étais nerveuse. J'allais m'installer confortablement sur un banc proche de l'entrée principale, avec mes feuilles de cours, et je passais le temps comme lors de mes après midi de révisions, en surlignant de rose, jaune et bleu mes notes, dans une logique qui n'était que la mienne.

Bon après, il fallait l'avouer, je m'étais préparée en conséquences. Et pas seulement parce que j'avais passé toute la séance vidéo d'hier à échanger avec la psy, autant sur les propos de Sofia (j'avais d'ailleurs tût les menaces de mort, ça m'avait semblé préférable) que sur ce qu'il convenait de faire. Elle m'avait prévenu qu'il allait y avoir des moments de gène dans cette discussion. Qu'il fallait que je me rappelle de parler doucement. Et que je devais me souvenir qu'on se connaissait pas, et qu'il serait surement mal à l'aise en ma présence. J'avais également prévu mon petit roll-on anti migraines, du dafalgan et une bouteille d'eau si ça suffisait pas, et ma crème pour les mains que j'aime et qui sent bon. Et puis une de mes jupes favorites, souvent portée d'ailleurs et ça se sent, un peu bohème, mélange d'une jupe courte en jean, avec fausses déchirures et d'une sous jupe longue composée de tissus colorés orangés de tailles et de coupe diverses. Avec ça, un T-shirt noir, orné dans le dos d'ailes de papillons du même ton que la jupe. Et des sandales simples, noires. Comme diraient les personnages de Reflet d'acide: "La classe, hein?" Bon, pour autant j'ai rien fait à mes cheveux, si ce n'est les retenir derrière un serre-tête, et je ne porte pas d'autres bijoux que ma montre et une chaine de cheville à sequins. Certes la marque du bracelet, après 4 mois, s'est estompée. Elle reste cependant trop visible à mes yeux, et la cacher avec un bijou qui "casse" la démarcation légère de bronzage me semble préférable. J'ai pas envie d'avouer de suite que la petite sœur mimi gentille a un casier...

Bref, je suis sérieusement plongée dans mes révisions quand il arrive, et c'est le bruit des pas qui s'approchent qui me fait relever la tête et sourire largement.

"Bonjour!"

Me redresser, fermer mon classeur (avec les stylos dedans) et fourrer le tout dans mon sac ça prend trois secondes. Et là, premier moment de gène: la bise ou je serre la main? Je pose pas la question de m'incliner, parce que je sais qu'il est pas plus japonais que moi. Je sais pas, je sais pas... On détourne l'attention? C'est bien ça comme idée!

"On marche un peu ou tu préfère qu'on reste assis là?"


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Première rencontre officielle. [Meyer] Membre10
Humain - Neutre
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Constantine Meyer
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Première rencontre officielle. [Meyer] EmptyJeu 11 Oct - 23:03
Constantine Meyer
Cette semaine, je travaillais seulement le matin. C’était idéal pour me reposer l’après-midi, passer du temps avec Sofia après son service chez Yoshi, ou encore m’occuper de régler les petites affaires du quotidien. Aujourd’hui justement, après le repas de midi, je devais me rendre au garage pour la révision de la voiture. Le rendez-vous était à quatorze heures. Si tout se passait bien, je pourrais récupérer le véhicule et le garer à la maison avant de me rendre au parc à pieds. Promener Sofia ? Non, je voyais Aumérine. Nous avions décidé de nous rencontrer à nouveau, seuls cette fois, pour faire plus ample connaissance. L’idée ne plaisait pas du tout à ma compagne. Elle semblait détester ma demi sœur, je l’avais bien vu l’autre jour. Et hier, elles s’étaient parlé au restaurant de Yoshikazu. Sofia m’avait raconté leur échange et tout se résumait en menaces de morts si Aumérine nuisait à notre bien être. Je comprenais que ma compagne soit effrayée à l’idée de voir notre couple frôler encore une fois la catastrophe à cause d’un élément perturbateur. Moi aussi, j’avais peur. Pourtant, je ne pensais pas qu’Aumérine puisse être quelqu’un de mauvais. Je verrais bien. Si je soupçonnais le moindre comportement trop bizarre, je me mettrais davantage sur mes gardes.

« Jusqu’à ce que ça foire à un moment, » déclara Meyer sur le ton de la conversation.

Je soupirai. Je n’essayais même plus de le contredire. Parce qu’en général, il avait raison.


« Ça veut pas dire que ce sera de ma faute. »

Ich weiß…

« Je tiens à le préciser quand même. »

J’étais conscient que, désormais, Meyer ne voulait plus mon malheur. Ou presque. Il lui arrivait encore de menacer n’importe qui sans raison et me donner de mauvais conseils. Mais dans l’ensemble, il s’était calmé.

« J’fais ça pour Sofia, pas pour toi. »

En le faisant pour Sofia, tu le faisais pour moi aussi, idiot.

« Mouais... »

Il s’enferma dans ses réflexions. Je le laissai tranquille et me concentrai sur le garagiste qui me rendait les clés de la voiture. J’allai régler le montant rapidement. Il me restait une dizaine de minutes. J’avais tout juste le temps de rentrer à la maison. Heureusement, il n’y avait pas grand monde sur la route. Une fois garé, je montai vite fait à l’appartement pour ranger la facture, puis je redescendis et pris la direction du parc. Le ciel n’était pas très éclairé. Le soleil se cachait de temps en temps derrière quelques nuages, et le mauvais temps se pointait au loin. Peut-être aurions-nous de la pluie dans une ou deux heures… Même si j’avais décidé de revoir Aumérine, je ne savais pas du tout de quoi nous pourrions parler. Il y avait beaucoup de choses à dire, sans pour autant que je sache par où commencer. Que pouvaient bien partager un frère et une sœur ? Nous n’avions pas vécu ensemble, je ne connaissais rien d’elle. Il nous faudrait pas mal de temps pour rattraper toutes ces années d’éloignement.

« T’as vraiment envie de la connaître on dirait. »

Elle m’intriguait. Peut-être autant que ce qu’elle terrorisait Sofia. Nous avions le même père, je voulais savoir ce qu’avait vécu Aumérine en sa compagnie. Avait-il été aussi cruel avec elle ? Ou ne défoulait-il sa frustration que sur son fils aîné ? Un peu troublé, je passai le portail du parc d’un pas lent. Je regardai autour de moi, repérai la blondinette assise sur un banc tout près. Elle tenait un classeur et des tas de feuilles dans les mains, qu’elle étudiait avec beaucoup d’attention. Je m’approchai, elle leva la tête et m’offrit un grand sourire.

- Bonjour ! fit-elle en français.

Je répondis par un « Salut » discret. Avec une rapidité presque hors du commun, elle se mit debout et rangea toutes ses affaires dans son sac.


- On marche un peu ou tu préfères qu'on reste assis là ? demanda-t-elle en désignant le banc.

Le parc n’était pas beaucoup peuplé aujourd’hui, nous ne serions pas dérangés. Et marcher me ferait du bien. Comme elle utilisait sa langue natale, je suivis le mouvement, malgré mon fort accent.


- On peut faire un tour, si ça te va, répondis-je en esquissant un pas sur le sentier.

Elle accepta. Nous marchâmes côte à côte, en silence. De quelle façon engager la conversation ? C’était un peu gênant… Je n’étais déjà pas très doué pour discuter, alors face à la petite sœur dont j’ignorais l’existence quelques jours auparavant, c’était encore plus difficile. Fourrant mes mains dans les poches de ma veste, je me raclai la gorge.


- Comment ça s’passe ton boulot d’Assistante Vétérinaire ? m’enquis-je au bout d’une vingtaine de mètres parcourus.

La première fois que nous nous étions parlés, elle avait dit qu’elle commencerait le lendemain. C’était plutôt pas mal comme début de conversation.
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Aumérine Lefèvre
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Première rencontre officielle. [Meyer] EmptyVen 12 Oct - 11:43
Aumérine Lefèvre
Un hochement de tête et je lui emboite le pas. La gène et toujours là, et elle m'empêche d'arriver à parler. Trois fois j'ouvre la bouche. Trois fois je la referme aussitôt. "Ca va" aurait pu être une bonne idée... Mais c'est une platitude, une question fermée qui plus est. Merdique, donc.

"Il fait beau aujourd'hui" Euh non. Non, non, non, non et encore NON. Il a des yeux pour voir tout seul comme un grand le temps qu'il fait. Ce genre de bêtises, autant les réserver à mes patients ou leurs maitres, de même que "pas eu de mal à se garer?" et autres conneries d'entrée de jeu.

"Je suis désolée que ton père aie trompé ta mère." Trop direct, et complètement idiot. Parce que j'y peux rien, que s'il l'avait pas fait, je serais pas là aujourd'hui (pas que ça change grand chose au monde, ni à moi d'ailleurs, mais bon). Et j'allais pas m'excuser d'avoir pour géniteur un connard. D'autant plus que j'aurais difficilement pu l'en empêcher... Sauf si la réincarnation existe mais ça c'est un autre débat, c'est pas le moment.

"Parle moi de toi" n'est pas vraiment mieux, t'es sa sœur, ou son psy? Sérieusement, c'est le genre de phrases qu'on entend dans les entretiens d'embauche. Finesse. Tact. Subtilité. C'est pas que des noms pour la claymore du barbare, hein?!

Bref. J'ai besoin d'un sujet neutre, mais qui montre que je m'intéresse à lui, une ouverture. Sofia serait une bonne idée... Mais non. Déjà parce que je ne sais pas si mon frère sait pour notre discussion de la veille (fait chier d'ailleurs, j'aurais bien mis ce chemisier aujourd'hui aussi, mais j'avais pas de fil adapté pour recoudre le bouton), ensuite parce que s'il savait pas j'allais essayer de pas vendre la mèche et enfin parce que je sentais confusément que la situation était déjà bien assez complexe comme ça. De ce que je savais de lui il ne me restait que... son travail. Eh, mais oui!

J'ouvre une quatrième fois la bouche, commence à articuler la première syllabe et referme aussitôt en l'entendant se racler la gorge. Un grand sourire éclaire mon visage. Oh je l'aime ce grand frère! Je sais pas s'il a remarqué ma gène mais il a eu exactement le même raisonnement que moi! Et pis en plus il se souvient que je suis assistante vétérinaire, et pas vétérinaire tout court comme ce journaliste l'autre fois! Bon, ça veut dire qu'il se souvient peut-être aussi (surement, même) de la carte handicapé. Ça, niveau "les trucs qu'il découvre à la première rencontre, c'était pas en tête de liste. Bref, un nouveau hochement de tête appuyé, un peu façon gosses qui disent oui tellement fort qu'on se demande comment la tête elle se défait pas du cou...

"Très bien! Les cours sont un peu rébarbatifs, mais c'est plus intéressant de soigner des hybrides que des chiens ou des chats. On peut plus facilement collaborer pour les soins ce qui les rend plus efficace."


Tout en parlant, je tapotais le sac en jean, taillé dans un vieux pantalon et décoré de boutons et fanfreluches dans lequel était mon classeur. Oui, parce qu'un chien, un chat ou pire un serpent, on pouvait difficilement leur expliquer pourquoi il fallait leur faire des piqures et pourquoi il fallait pas bouger... Oh, on s'y prenait autrement mais bon. Je préférais de loin les hybrides, après tout à l'origine, j'étais partie pour soigner des gens. Certes ma mère m'avait poussé vers la PACES, mais si j'avais été intéressée par autre chose, elle m'aurait envoyée vers les concours de l'ENA ou d'HEC ou je ne sais quelles grandes écoles. Encore que je sais pas comment on les aurait financées.

"A mon tour! Toi tu fais quoi en fait? Enfin non, je sais, tu es "assistant funéraire", mais ça veut dire quoi en vrai? Tu fais ça depuis longtemps,"


Oui, parce que je savais qu'il était "assistant funéraire", c'était ce qu'il y avait marqué en face de son nom sur le site du centre funéraire. Je supposais que c'était un terme "classe" un peu comme "technicien de surface" au lieu de "balayeur", surtout sur une île à consonance nippone, ou la mort est tabou complet. Mais après, j'en savais pas plus et la curiosité de ma mine était absolument pas feinte.


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Constantine Meyer
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Première rencontre officielle. [Meyer] EmptySam 13 Oct - 11:21
Constantine Meyer
Le visage d’Aumérine s’illumina. Au moins, elle était contente d’être là. J’avais peur de lui paraître froid à cause de ma nervosité.

- Très bien ! répondit-elle avec entrain. Les cours sont un peu rébarbatifs, mais c'est plus intéressant de soigner des hybrides que des chiens ou des chats.

Les cours ? Je pensais que c’était un travail à temps plein.

- On peut plus facilement collaborer pour les soins, ce qui les rend plus efficace.

Je hochai la tête, d’accord avec elle. Au moins, avec les hybrides, la communication demeurait plus aisée.

- A mon tour ! fit la demoiselle visiblement en forme. Toi tu fais quoi en fait ? Enfin non, je sais, tu es assistant funéraire mais ça veut dire quoi en vrai ? Tu fais ça depuis longtemps ?

Nous passâmes à côté des jeux pour enfants, complètement vides.

- Nein, j’suis pas assistant funéraire, dis-je en fouillant dans ma veste pour en sortir un paquet de cigarettes. J’suis fossoyeur, c’est pas exactement pareil.

Je lui expliquai la différence entre les deux. L'assistant funéraire était clairement plus social et moins physique que le fossoyeur. Il accueillait, conseillait et assistait la famille du défunt pour tout ce qui concernait l'organisation des obsèques. Il devait donc apporter son soutien moral et, en tant qu’agent commercial, orienter la famille sur les produits et services funéraires proposés par le Centre. Il veillait aussi à la qualité de la cérémonie, du début à la fin, et pouvait également effectuer certaines démarches administratives, notamment les recouvrements de créances et les démarches après décès.

- Moi je travaille surtout sur le terrain, poursuivis-je en allumant la cigarette que je venais de mettre à la bouche. J’ai aussi un rôle d’accueil des familles et d’accompagnement moral pendant toutes les étapes d’inhumation, mais en fait, je m’occupe surtout du cimetière et de creuser les tombes.

J’ajoutai que je pouvais également intervenir lorsqu’il était question d’une exhumation. J’étais chargé de réduire un caveau s’il s’avérait que celui-ci était plein. Pendant les cérémonies, j’accompagnais le cortège et plaçais le cercueil à l’endroit indiqué. Quand il s’agissait d’un cercueil, nous étions quatre à le porter, le déposer et reboucher la tombe. Pour les urnes, j’œuvrais seul.

- J’assiste aussi les gens qui viennent visiter, vu que je connais le cimetière pratiquement par cœur.

Prenant soin d’expirer la fumée de cigarette à l’opposé d’Aumérine, je laissai tomber un peu de cendre par terre. Je ne savais pas si j’avais tout de suite envie de parler de notre point commun, à savoir notre père.

« Qui êtes aux cieux, » ricana Meyer.

Très drôle… C’était aussi bien de parler d’autre chose, de sujets plus futiles. Enfin… si Aumérine avait tout de même envie de l’évoquer, je n’allais pas me fermer à la conversation. Nous étions là pour ça aussi.
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Aumérine Lefèvre
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Première rencontre officielle. [Meyer] EmptySam 13 Oct - 19:05
Aumérine Lefèvre
Ouah. C'était vachement plus compliqué que ça avait l'air dit comme ça. J'écoute avec attention, agrémentant parfois son explication d'un "d'accord" ou d'un "ah bon?", les mêmes que je sors à mes patients, d'ailleurs. Avec une différence majeure: Je le regarde, et j'ai pas le nez dans mes dossiers. Ce qui même en lisant les notes du médecin ne m'empêche pas de suivre la conversation à la perfection. Comme dirait Danny: J'suis une fille et je peux faire deux choses à la fois nah.

De ce que je comprends, c'est pas un métier que j'aimerai faire. D'abord parce que je suis pas franchement atlétique, et ensuite parce que je déteste gérer des patients en deuil. J'ai aussi à gérer, hein, et si ça n'a pas été encore nécessaire, j'aurais encore à gérer a centre d'hybrides. Mais je ne sais pas dire les bons mots. Parce que j'ai tendance à vouloir faire un calin aux patients, et surtout parce que leur tristesse me met en boule. Et encore, j'ai à faire qu'aux pertes des chiens et des chats... Par réflexe, en me rendant compte qu'il allumait une cigarette, j'ai changé de côté, pour éviter que le vent me renvoie la fumée dans les yeux. Parce que maman elle fumait comme un pompier, et que j'aime pas ça.

"Je suis nulle pour réconforter les gens en deuil... Bref, tu fais comme Pierre Tombal?"

J'avais pas fait le lien, puisque c'était pas le même mot, mais j'aimais bien cette BD. La bibliothèque scolaire en avait 5-6, tous très lus et abimés. Moi je trouvais certains côtés de la BD très décalés, et ça me plaisait bien. Après ça, le silence retombe. Oh non non non, surtout pas, on va être à nouveau emmerdés! Alors je le relance, sur le ton de la plaisanterie.

"Normalement c'est à ton tour de poser une question! Une question chacun son tour, et le joker si on veut pas répondre, parce que genre j'suis pas sure d'avoir envie de te dire..."

Trouver une idée à la con... et une idée moins à la con pour la suite. Parce que là, je gagne surtout du temps.

"Le nombre de soupirants énamourés qui se sont jetés, coeur brisé, à mes pieds!"

Pour faire bonne figure, je m'arrête, pose la main à ma poitrine et bat outrageusement des cils, avant de lui faire un grand sourire, celui qu'ont les jumeaux quand ils sortent une sale blague, qu'ils savent que c'en est une et qu'ils en sont fiers. Je crois qu'un aveugle comprendrait que je plaisante. Et aux dernières nouvelles, mon frère l'est pas. J'suis pas mécontente de l'idée des jokers. Sofia m'a prévenue, et je sais qu'il y a des sujets qui seront sensibles. Mais toute empathe que je suis, je peux pas savoir ce qui le sera avant de poser la question. Du coup comme ça, il peut se protéger, et même s'il veut pas répondre, je saurais quels sont les sujets à esquiver.

"Après, bien sur, si tu veux passer ton tour..."

Une question, une question, une question... J'en ai des tonnes, qui me viennent en tête, allant de "t'es surdoué?" à "T'es amoureux de Sofia?" en passant par "Ca fait quoi de grandir pour de vrai avec notre père?" ou "est-ce que tu m'en veux de t'avoir mis le nez dans les travers de ton père?" mais elles me semblent juste un peu trop brusques encore... D'un autre côté, j'ai jamais aimé tourner autour du pot... Surtout parce que je suis une catastrophe à ça. Oh attends. Une idée.

"Alors dis moi Constantine, quand tu travaille pas, et que tu secoures pas les demoiselle en détresses, tu fais quoi de ta vie? Livres, films, rando, catch sur glace, tricot, chant lyrique...?"

Oui, je suis la demoiselle en détresse de mes propos. Pourquoi il y en a d'autres? et oui, j'en arrive encore à dire n'importe quoi pour démontrer la largeur du champs. Je l'ai devancé, pour m'arrêter devant lui, mains dans le dos, tête un peu penchée sur le côté.


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Constantine Meyer
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Première rencontre officielle. [Meyer] EmptyDim 14 Oct - 16:08
Constantine Meyer
La demoiselle déclara qu’elle n’était pas très douée pour réconforter les gens. Moi non plus, raison pour laquelle je ne le faisais pas. En arrivant ici, j’avais eu la chance d’être pris malgré cet aspect de mon métier que je peinais à maîtriser. Les autres employés s’en chargeaient parfaitement bien. Pour ma part, j’étais assez bon sur le terrain alors on ne venait pas m’embêter à propos des relations clientèles.

- Normalement, c'est à ton tour de poser une question ! fit remarquer Aumérine, toujours aussi joyeusement. Une question chacun son tour, et le joker si on veut pas répondre, parce que, genre, j'suis pas sûre d'avoir envie de te dire… le nombre de soupirants énamourés qui se sont jetés, cœur brisé, à mes pieds !

J’eus un sourire en coin quand elle fit mine de jouer les filles faciles en battant exagérément des cils. Effectivement, ce genre de conversation se déroulerait plutôt entre deux adolescents sans imagination.

- Après, bien sûr, si tu veux passer ton tour…

Pas forcément. Je ne savais pas vraiment quoi dire en fait.

- Alors dis moi, Constantine…

Mon cœur fit un drôle de bond. Habituellement, je n’aimais pas me faire appeler par mon prénom. Ça faisait longtemps que je ne l’avais plus entendu de la bouche de quelqu’un. Meyer ne comptait pas, et mon père… Il savait très bien que c’était pour m’emmerder. Maintenant, il était mort. Venant d’Aumérine, je trouvais ça bizarre. Elle le prononçait très bien, étant donné qu’elle avait toujours vécu en France. Je savais qu’elle n’avait aucune mauvaise intention, qu’elle ne voulait pas se moquer. Mais ça me dérangeait quand même. Je voulais lui dire mais elle reprit la parole.

- Quand tu travailles pas, et que tu secoures pas les demoiselle en détresses, tu fais quoi de ta vie ? demanda-t-elle en faisant quelques pas de plus pour me dépasser. Livres, films, rando, catch sur glace, tricot, chant lyrique ?

Elle se retourna pour me faire face et s’arrêta, les mains dans le dos, sans quitter son sourire. Du catch sur glace ? Elle avait de ces idées ! J’imaginais qu’elle voulait garder une atmosphère détendue. Avais-je l’air stressé ?

« Un peu, avoua Meyer. Fais gaffe, tu risques de l’effrayer. »

Quand même pas… si ? Ayant terminé ma cigarette, je l’écrasai par terre, jetai le mégot dans la poubelle qui se trouvait juste à ma droite.

- Maintenant que t’en parles, j’ai pas beaucoup de passions, répondis-je en haussant les épaules. J’ai appris le piano et je joue parfois.

En y pensant, je n’avais plus touché au piano depuis que j’avais joué devant Sofia afin de lui faire connaître une des chansons préférées de ma mère. Il s’était passé combien de temps ? Six mois peut-être…

- J’aime bien le sport et m’entraîner au combat avec Sofia.

D’ailleurs, ça faisait un moment que nous ne nous étions pas retrouvés ici, au parc, pour nous entraîner. Ça me manquait un peu.

- Et c’est tout… C’pas ouf, dis-je avec un demi sourire désolé. Le travail me prend assez de temps, il m’évite de m’ennuyer. Et Sofia a aussi besoin de pas mal d’attention.

Mon regard s’attarda sur le sac d’Aumérine. Il avait l’air d’être fait à la main.

- C’est toi qui l’as fait ? m'enquis-je en désignant le sac d’un signe de tête.
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Première rencontre officielle. [Meyer] EmptyLun 15 Oct - 9:35
Aumérine Lefèvre
J'ai l'impression d'une fausse note. Pourtant quand il reprend la parole après avoir jeté son mégot dans la poubelle (ça, c'est pas maman qui le ferait! elle elle le jetterai par terre! Mais c'est vrai que j'avais entendu dire que les allemands sont plus "propres" que les français...), il n'évoque que de ne pas avoir beaucoup de passions. C'est ça, la fausse note? Ou c'est juste qu'il est super nerveux? Pourtant il me semble qu'il a sourit un peu devant mes pitreries. Ce qui en est précisément le but, et pas juste de cacher ma propre nervosité.

Oh, le piano. J'aime beaucoup le piano. J'ai les yeux qui brillent, en entendant ça. Parce que moi j'adore ça, le piano, mais je suis rigoureusement incapable de m'y tenir. J'ai les mains qui s'emmêlent, et pas la rigueur qu'il faut pour acquérir la pratique. Pour autant j'aime en écouter, et j'ai une bonne oreille. Et le sport. Ierk. Je grimace légèrement, à ce mot. Moi le sport, c'est éventuellement la marche, et sinon, c'est tout. Éventuellement DDR, j'aimerai bien. Et le combat avec Sofia... Pas cool non plus ça. J'suis assez douillette, du coup tout ce qui peut donner coups bosses écorchures... Niet. D'un autre côté, il est clairement plus attiré par les activités de plein air là où moi, je me satisfait tout à fait de rentrer chez moi sitôt la journée finir, et de lire, glander sur les forums... Aussi parce que dehors y a toujours au moins un imbécile pour venir me déranger avec des "ouais mam'selle t'es canon, j'te kiffe"... Bon, ok, ça m'est arrivé 2 fois depuis que j'ai quitté l’hôpital. Mais ça me surprend toujours autant.

Euh... Il s'excuse de pas avoir beaucoup de loisir? Il a raison, au contraire, comme ça il se divise moins. Un mouvement à ma périphérie attire mon attention, mais c'est juste un piaf qui s'envole. Il parle de Sofia et je sais pas si c'est mon imagination ou pas (j'en démordrais toujours pas) mais il me semble percevoir l'affection dans sa voix.

"Tu l'aimes beaucoup, pas vrai? Et elle aussi."

OUI, j'ai compris que non y avait pas d'amour au sens strict du terme, pas de "oui je t'aime épouse moi" ou autres trucs auxquels je ne souhaitais pas penser parce que merde, Constantine, c'est comme ma mère, je ne VEUX PAS SAVOIR! Mais ça reste que j'suis toujours pas con, y a plus entre eux qu'une "simple" relation maitre-esclave.

Mon sac? Ah mon sac, toute une histoire. Je raconte, je raconte pas... Hmm, ouais, je raconte parce que je suis plutôt fière. plutôt très fière;

"Presque en entier! C'était mon travail d'art-thé. La mère de Milou lui avait envoyé le squelette, elle avait utilisé son meilleur jean préféré pour ça, il était furax! Il voulait le détruire, moi je trouvais que c'était idiot parce qu'abimer le sac ça lui rendrait pas son jean. Du coup à la place j'ui ai donné un de mes vêtements, une jupe, et on l'a transformé en une banane super stylée. Enfin, non, Milou et la prof l'ont fait, et moi j'ai customisé le sac. J'suis capable de coudre des galons ou des boutons, mais avec la machine à coudre... J'couds plus souvent mes doigts que le tissus! Résultat si tu regarde l'extérieur il est bien fait, mais les coutures internes... C'est merdique."


Et j'assume. Bon, j'ai triché un peu. Je doute qu'il aie déjà entendu ce diminutif d'art-thérapie, et qu'il relie d'emblée à l'hopital, et donc aux changements de tutelle, et au bracelet. Et puis eh, c'est comme ça que je me suis fait mon meilleur copain quoi! Après s'être engueulé comme du poisson pourri! et puis moi ça m'avait fait du bien, parce que mine de rien, à l'époque je vivais mal mon enfermement. Et je me souviens que Milou avait détesté que je lui donne ma jupe, jusqu'au moment ou je lui avait fait remarquer que transformer une jupe en vêtement de mec rendrait la monnaie de sa pièce à sa mère, qui avait exigé de lui qu'il transforme son jean le plus masculin en un sac bandoulière typiquement féminin... Vive les mamans...

Je m'assombrit une ou deux secondes à cette constatation, avant de revenir à la conversation, à nouveau pleine d'entrain.

"Du coup, maintenant j'ai un sac unique fais presque toute seule, ET je sais réparer à peu près mes vêtements... La classe, quoi."


Oui, j'ai repris exactement le même ton que reflet d'acide.

"C'est à mon tour où tu considère ma remarque sur Sofia comme une question?"


En espérant qu'il ouvre un peu la question lui aussi parce que s'il se contente de répondre oui ou non, on va vite tourner court.


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Première rencontre officielle. [Meyer] EmptyMar 16 Oct - 20:36
Constantine Meyer
- Tu l’aimes beaucoup, pas vrai ?

Hein ?

- Et elle aussi.

Ah, elle parlait de Sofia. Elle me prit tellement au dépourvu que je ne sus quoi répondre. Alors elle reprit la parole en me montrant fièrement son sac, déclara qu’elle l’avait presque réalisé entièrement pour son travail d’art-thé. Je ne savais absolument pas ce que c’était mais préférai ne pas l’interrompre.

- La mère de Milou lui avait envoyé le squelette, elle avait utilisé son meilleur jean préféré pour ça, il était furax !

Milou ?

- Il voulait le détruire, moi je trouvais que c'était idiot parce qu’abîmer le sac, ça lui rendrait pas son jean. Du coup à la place, j'lui ai donné un de mes vêtements, une jupe, et on l'a transformé en une banane super stylée. Enfin, non, Milou et la prof l'ont fait, et moi j'ai customisé le sac.

Elle était tellement à fond dans ce qu’elle racontait que c’en devenait drôle. Je n’arrivais pas à suivre la moitié de ce qu’elle disait mais elle avait l’air tellement heureuse que je me contentai de hocher poliment la tête.

- J'suis capable de coudre des galons ou des boutons, mais avec la machine à coudre... J'couds plus souvent mes doigts que le tissu !

L’image d’Aumérine en train de se prendre des coups d’aiguille dans les doigts surgit dans ma tête, et j’eus du mal à retenir un rire.

- Résultat, si tu regardes l'extérieur, il est bien fait, mais les coutures internes... C'est merdique.

Du moment que ça restait caché, je ne voyais pas où était le problème. Un professionnel de la couture ne serait sûrement pas de mon avis.

- Du coup, maintenant, j'ai un sac unique fais presque toute seule, et je sais réparer à peu près mes vêtements... La classe, quoi.

Je n’irais pas jusque là mais au moins, c’était pratique. J’étais nul en couture et jetais mes vêtements dès qu’ils étaient abîmés.

- C'est à mon tour où tu considères ma remarque sur Sofia comme une question ?

Je tressaillis. J’avais presque oublié cette fameuse remarque. Un peu gêné, je fourrai à nouveau les mains dans les poches de ma veste et repris la marche sur le sentier, suivis de la blondinette.

- J’suis pas pour ces délires de maître-esclave, répondis-je d’un ton hésitant. J’vois pas pourquoi les hybrides seraient inférieurs à nous.

Je ne voulais pas lui dire que Sofia était humaine. Je ne lui faisais pas encore assez confiance pour ça.

- Quand j’ai recueilli Sofia, elle venait de perdre son maître à qui elle tenait beaucoup, ajoutai-je en regardant devant moi. On s’entendait bien, lui et moi.

Je marquai une pause, comme un silence de respect pour mon ami décédé.

- Après l’enterrement, Sofia est venue avec moi. Ça fait un an.

Je m’arrêtai pour regarder un couple d’oiseaux qui picorait dans l’herbe à quelques pas.

- Pour être honnête, j’m’attendais pas du tout à la vie à deux, et j’ai eu un peu de mal à m’y faire. Mais aujourd’hui, je suis content de me dire que j’regrette pas de l’avoir près de moi.

Je n’aurais jamais cru dire ça un jour. Pourtant, c’était sincère. Sofia m’avait changé, j’étais devenu quelqu’un de meilleur grâce à elle. Les bons comme les mauvais souvenirs nous avaient forgés, rapprochés. Nous étions soudés, toujours là l’un pour l’autre et, je l’espérais, le plus longtemps possible.
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Aumérine Lefèvre
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Première rencontre officielle. [Meyer] EmptyMer 17 Oct - 19:23
Aumérine Lefèvre
Pourquoi il sursaute comme ça? Bon, ok, je met les pieds dans le plat, mais quand même quoi c'est pas si étrange comme question?! Il reprend la marche, et j'ouvre la bouche pour lui rappeler l'existence du joker, quand il répond. J'ai du mal à comprendre son temps hésitant. Est-ce qu'il pense que de par mon travail en centre vétérinaire pour hybride, je suis pour leur esclavage? Il poursuit en revenant un peu plus sur Sofia. Je me souviens qu'elle avait dit que la tombe devant laquelle je m'étais sentie mal était celle de son maitre précédent. Sans vraiment que je ne le veuille j'ai les yeux qui piquent un peu, et je cligne rapidement des paupières pour en chasser cet embryon de larmes qui n'ont rien à faire ici. C'est pas à moi de pleurer pour Sofia. C'était il y a un an, hmm?

Je me sens bêtement jalouse, encore une fois. Ma raison sait que la situation n'a rien à voir, et il l'admet lui même. Il a recueilli l'hybride pour un ami défunt, et ils s'étaient rapprochés. Je connaissais une partie des mécanismes psychologiques qui pouvaient y contribuer. Je suis capable de comprendre que les choses auraient probablement été très différentes... Mais je suis quand même jalouse.

Mon visage s'est assombri, et si je regarde vaguement les oiseaux mon esprit voit plutôt d'autres possibilités, et il me faut quelques secondes pour réussir à me sortir des Si, qui mettent Paris en bouteille. J'ai l'impression d'une pièce supplémentaire qui se rajoutent sur le puzzle "Sofia".

"Je crois qu'elle m'en a parlé... Loyd... Non. Roy, c'est ça? C'est triste... Et en même temps c'est bien. Parce que vous avez l'air... Bien ensemble."

Non, pas bien ensemble. Plus fort? Non plus. Je sais pas. Je secoue la tête, j'essaie de trouver le mot, et je n'y arrive pas, ce qui me frustre au plus au point. Oh, puis flute.

"Non, c'est pas ça. C'est... J'ai pas le mot, c'est rageant!"

Allez, on se calme. Franchement taper du pied comme une gosse en colère, c'est ridicule. Lui fait pas peur de suite... Change juste de sujet...

"Et tu sais, c'est pas parce que je soigne les hybrides que je suis pour leur esclavage. C'est déjà bizarre sur le papier, mais en vrai c'est complètement idiot..."

Déjà d'avoir créé les hybrides, mais maintenant qu'ils sont là, les tuer en mode "ah non désolé c'était une erreur au revoir", c'est innaceptable. J'suis presque redevenue "normale". Moins joyeuse, certes, le sujet ne s'y présentant pas. Mais moins dans la lune, et plus énergique, comme plus tôt. On fait encore quelques pas, sans qu'il ne reprenne la parole. Rah, va falloir lui rappeler les règles du jeu tout le temps?

"Constantine? C'est ton tour de poser une question!"

Nan mais oh!
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Constantine Meyer
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Première rencontre officielle. [Meyer] EmptyMer 24 Oct - 19:38
Constantine Meyer
Les oiseaux s’envolèrent. Je les suivis des yeux jusqu’à ce qu’ils disparaissent dans le ciel. Quand je baissai la tête, je regardai Aumérine qui avait soudain une triste mine.

- Je crois qu'elle m'en a parlé... dit-elle doucement. Loyd... Non. Roy, c'est ça ?

Je hochai la tête.

- C'est triste... Et en même temps c'est bien. Parce que vous avez l'air... bien ensemble.

Nous avions peut-être l’air bien ensemble mais Sofia aimait aussi sa vie d’avant.

- Non, c'est pas ça, fit-elle en secouant la tête. C'est... J'ai pas le mot, c'est rageant !

Elle tapa du pied sur le sol, contrariée. Je ne dis rien, ne fus pas vexé non plus. J’imaginais qu’elle voulait seulement compatir sans savoir comment parvenir à positiver les choses. Je ne pouvais pas lui en vouloir, je n’étais pas plus doué qu’elle.

- Et tu sais, c'est pas parce que je soigne les hybrides que je suis pour leur esclavage, fit-elle remarquer. C'est déjà bizarre sur le papier, mais en vrai, c'est complètement idiot…

Je ne l’avait pas dit pour me donner une excuse. Enfin… ce n’était pas grave. Maintenant que j’avais évoqué la présence de Sofia dans ma vie depuis un peu plus d’un an, je me voyais mal sans elle aujourd’hui. Nous avions fait tant de choses ensemble, vécu tellement d’émotions, bonnes ou mauvaises… Et c’est ce qui nous avait rapprochés. Je ne savais pas ce que les gens pensaient de nous lorsqu’ils nous voyaient. Donnais-je l’air d’être amoureux de Sofia ? Ou ressemblais-je à son maître ? Il ne fallait pas que quiconque sache ce qu’il se passait réellement entre nous, et surtout pas Kenichi. J’imaginais bien que des centaines de maîtres et maîtresses devaient avoir le même genre de relation, ou très proche. Mais il me semblait – ou peut-être était-ce seulement une impression – que cela demeurait plutôt mal vu en public. A Togi, les hybrides étaient soumis, point barre. J’aurais voulu pouvoir tenir la main de Sofia ou même l’embrasser n’importe quand en dehors de l’appartement, agir comme si nous étions un vrai couple et pas dans un rapport maître-esclave. Mais c’était trop dangereux. Les hommes de Kenichi pouvaient traîner n’importe où.

- Constantine ? C'est ton tour de poser une question !

Je sortis de mes pensées, nous continuâmes notre promenade. Une question… Mais quelle question ? Je ne savais pas trop quoi lui demander sans paraître indiscret ou plonger directement dans le sujet Nikolaus.

« Bah… et pourquoi pas ? A un moment, il va bien falloir, non ? » suggéra Meyer sur le ton de l’évidence.

Oui... D’après notre dernier échange, je savais que la mère d’Aumérine – dont j’oubliai le prénom – n’avait pas beaucoup d’estime pour moi à cause des dires de Nikolaus à mon encontre. Je savais également que la jeune femme possédait une carte d’handicapée et que notre cher père l’avait qualifiée d’attardée et d’inadaptée. Je ne pouvais pas encore être sûr de la défaillance mentale d’Aumérine, peut-être similaire à la mienne, mais cette carte voulait certainement dire quelque chose. Sinon, ma jeune sœur m’avait aussi appris que Nikolaus était resté assez proche d’elle et de sa mère jusqu’à ses cinq ans, avant de les abandonner pour revenir auprès de nous. Elles tentèrent de le joindre, sans succès. Puis Aumérine débarqua à Togi. Mais au fait…


- Comment tu m’as trouvé ? demandai-je. J’ai dit à personne que j'vis ici… D’ailleurs, j’sais toujours pas comment Nikolaus a su lui aussi.
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Aumérine Lefèvre
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Première rencontre officielle. [Meyer] EmptyMer 24 Oct - 23:15
Aumérine Lefèvre
Merde, on commence à entrer sur des questions un poil plus techniques, là... Et un peu plus gênantes. Bon, d'un autre côté, à un moment, va bien falloir, non? Je peux pas reste à tourner autour du pot 107 ans... Bon, déjà... va falloir expliquer deux trois détails...

"Tu n'as dit à personne, mais tu n'as pas pour autant changé de nom, ou quoi. Tu as toujours le même numéro de sécu, le même triptyque d'identifiant nomprenomdatedenaissance, tu paies toujours des impots, tu reçois des bulletins de salaires, des factures officielles... C'est pas si difficile de trouver quelqu'un comme ça. Même à l'étranger."


J'ai les mains derrière la tête, un peu style "nan mais j'suis ultra zen et détente la, sisi..." et je regarde le ciel. A un moment, regarde ou tu marche, tu va te prendre les pieds quelque part... Bon, j'lui dit quoi en premier, j'lui parle du juge, ou du fait que ça fait 2 ans que je le "piste" sur Internet...? Hmm... On va commencer par le juge, hein? Que c'est pas ma faute. Enfin d'un autre côté, lui avouer de suite que j'avais failli être sous sa tutelle... Pas mieux. Du coup j'hésitais, je tergiversais... Et le silence s’amplifiait à mesure de nos pas, et mes bras se crispaient un peu plus...

"J'ai découvert ton nom il y a 2 ans. J'ai... Disons écouté aux portes. Avant, j'ai essayé pas mal de trucs, hein, pour te trouver. Entre autre de pirater la boite mail de Meyer. Enfin, Nicolaus."

J'ai toujours un vague sourire mais le sourire un peu torve. Un peu nan mais je suis pas du tout en train de t'avouer avoir franchi les limites de la légalité pour te trouver. Pis alors ça avait pas été couronné de succès.

"J'ai du réinitialiser mon PC deux fois, à cause de ça. Je savais que du haut de mes 17 ans, sans informations, j'allais pas te trouver seule. Alors j'ai laissé les "adultes" faire le travail. Le juge a mis moins de deux semaines pour trouver ta trace. Et il avait ton dossier sur le bureau. Tourné vers lui, hein, mais je lis très bien à l'envers."


Ce que j'avais été fière de savoir le nom de ce grand frère... Et déçue d'apprendre que non, il était inenvisageable de lui demander d'être mon tuteur. Presque sous le choc, même.  Et, quelques jours plus tard, mortifiée de me rendre compte que si le juge avait rien remarqué, j'avais été limpide aux yeux du psy... Pas sure qu'il comprenne tout mais bon. C'est un peu le but là, aussi.

"Je dois avouer que j'aurais été bien embêtée si tu étais parti avant que je n'arrive... Je savais où tu travaillais. J'étais pas supposée l'entendre non plus, je suppose, mais bon. Les adultes ont tendance à occulter le fait qu'on puisse être ado ET intelligent... Du coup, avant de partir, j'ai vérifié sur le site du centre. Tu n'apparais pas directement dessus, si on te googlisait sans savoir où tu es, on te verrait pas. Je savais juste où chercher."


Je sais pas trop pourquoi j'ai rajouté cette phrase. Une tentative de le rassurer que non, n'importe qui ne pouvait le débusquer comme ça?

Mon tour, hein? on change de sujet ou pas? Hmm. Non, flute.

"C'est ça qui te met sur des oeufs? Que tu sache pas comment j'ai fait pour te trouver? J'suis pas non plus une stalkeuse! Enfin, je crois..."


Dans les mangas les stalkers ils ont des photos volées, comme le prof de maths dans GTO! J'suis pas comme ça moi! Si?


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Constantine Meyer
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Première rencontre officielle. [Meyer] EmptyJeu 25 Oct - 22:11
Constantine Meyer
Elle parut gênée mais répondit quand même.

- Tu n'as dit à personne, mais tu n'as pas pour autant changé de nom, ou quoi. Tu as toujours le même numéro de sécu, le même triptyque d'identifiant : nom, prénom, date de naissance. Tu paies toujours des impôts, tu reçois des bulletins de salaires, des factures officielles... C'est pas si difficile de trouver quelqu'un comme ça. Même à l'étranger.

Ah. Je l’ignorais, ne connaissant pas les moyens de tracer quelqu’un.

« Elle est bien informée, » dit Meyer impressionné.

Les mains levées derrière la tête, le regard levé vers le ciel, elle avait l’air de vouloir paraître décontractée, comme si ce qu’elle allait me dire risquait de me déplaire. J’attendis la suite, un peu tendu.


- J'ai découvert ton nom il y a deux ans. J'ai... disons... écouté aux portes. Avant, j'ai essayé pas mal de trucs, hein, pour te trouver. Entre autres de pirater la boîte mail de Meyer. Enfin, Nikolaus.

Elle ajouta qu’elle avait dû réinitialiser son ordinateur deux fois à cause de ça. Que, sans informations et de par son jeune âge, elle n’allait pas me trouver seule. Alors elle avait laissé les « adultes » faire le travail. Le juge mit moins de deux semaines pour trouver ma trace.

- Et il avait ton dossier sur le bureau. Tourné vers lui, hein, mais je lis très bien à l'envers.

Elle avoua qu’elle aurait été embêtée que je parte avant qu’elle n’arrive ici. Je ne comptais pas m’en aller mais ça, elle ne pouvait pas savoir.

- Je savais où tu travaillais. J'étais pas supposée l'entendre non plus, je suppose, mais bon. Les adultes ont tendance à occulter le fait qu'on puisse être ado et intelligent... Du coup, avant de partir, j'ai vérifié sur le site du Centre. Tu n’apparais pas directement dessus.

Et c’était normal, ledit site n’était pas super bien géré. Seuls les employés ayant un haut statut figuraient dans la liste.

- Si on te googlisait sans savoir où tu es, on te verrait pas. Je savais juste où chercher.

Je hochai simplement la tête. Mon père s’y était sûrement pris de la même manière. Donc si je comprenais bien, si j’avais voulu disparaître complètement, il aurait fallu changer d’identité.

« Trop chiant à faire... »

Mais ça m’aurait évité pas mal de problèmes.

- C'est ça qui te met sur des œufs ? Que tu saches pas comment j'ai fait pour te trouver ? J'suis pas non plus une stalkeuse ! Enfin, je crois…
- Non non,
répondis-je immédiatement. J’voulais juste savoir.

« Pas très crédible, t'as l'air vraiment mal à l'aise là. »


Nous contournâmes un gros buisson et nous engageâmes sur la suite du sentier qui longeait la grille.

- Et euh…

Je tergiversai un moment, le regard un peu fuyant. Mais ça me démangeait de savoir ce qu’Aumérine avait appris à mon sujet.

- Si t’as pu voir un peu le dossier… ça disait quoi sur moi ?

Mais attends...

- Et pourquoi y avait un juge ? enchaînai-je soudain soucieux.
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Aumérine Lefèvre
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Première rencontre officielle. [Meyer] EmptyJeu 25 Oct - 23:44
Aumérine Lefèvre
Il ment mal, mais MAL! Et moi je me sens encore plus nulle, et je ralentis le pas, tordant mes doigts et baissant le regard. Encore un silence. C'est pas franchement cool tous ces silences. Je sais que ça aurait pu être pire, mais là... On est pas vraiment dans les supers scénarios de retrouvaille. Quoi sur le dossier? Euh...

"Ton nom. Des chiffres. Ton travail. Et des chiffres. Le genre bulletin de salaire, avec des colonnes et des nombres en tout genre..."


Attends une seconde, je m'arrête, c'est une question con, ça! Le genre de question con que tu pose pas si t'as pas justement un dossier, comme moi, avec des casseroles... J'ai l'impression de mettre les pièces en place. C'est ça qui l'inquiète? Les infos que j'ai sur lui? Pas le temps de réfléchir plus, lui aussi il a tiqué. Oui, un juge. 2, si on va par là. Celui qui a ordonné le bracelet, puis celui qui a repris mon dossier avec la demande de tutelle.

"Ah, c'est vrai j'avais oublié de te dire que je suis parrain de la mafia..."

Oui, je plaisante, en revenant à sa hauteur. Ça permet d'une part de détendre l’atmosphère, et j'espère que si les mots ne suffisent pas, mon imitation merdique d'accent du parrain suffira. Et d'un autre côté... Si je plaisante là dessus, ça brouille un peu les pistes. On peut voir un juge pour tellement d'autres choses...

"Juge des tutelles. Vu mon âge quand on a découvert mon handicap, le juge a décidé qu'il était dangereux de me laisser devenir "adulte" tant que je n'ai pas appris à vivre avec. Je suis donc considérée comme majeure protégée pour 5 ans. D'habitude c'est laissé aux parents, mais..."


Mais ils avaient pas voulu. Et je m'étendrais pas dessus. S'il avait pu tiquer sur le juge, se souvenir que j'étais handicapée, il se souvenait surement que mes rapports parentaux étaient merdiques.

"A la place, j'ai un assistant social quarantenaire, et comme je suis la seule de ses protégés à... ben à vivre seule, j'ai la joie d'avoir des appels réguliers, et de me voir traiter comme si j'avais l'âge de sa fille dès que j'oublie mon couvre feu. Et sa femme m'envoie des supers recettes."

J'ai repris un ton léger, vaguement exaspéré, ce ton qu'avaient les filles au lycée quand elles parlaient de leurs parents. Moi j'aurais jamais cette relation avec Patrick, mais il a su se faire accepter comme... un peu un oncle ou... J'sais pas en fait, j'ai pas d'idée. Encore quelques pas avec le sourire, parce que j'ai quelques souvenirs chouettes. Avant que je parte, il m'a invité 3 jours chez lui, pour que sa femme et lui m'apprennent à cuisiner... Et puis, parce qu'il faut je reprends mon sérieux.

"En bref, non, je ne sais rien de toi. Et je crois que tu n'avais jamais entendu parler de moi, n'est-ce pas?"

C'est pas vraiment une question, j'ai déjà la réponse. Mais... je ne sais pas, je voudrais juste une confirmation que non, il savait pas que j’existais et que c'est pas lui, deux ans plus tôt qui a refusé de me connaitre.

"Alors qu'est-ce qui te met si mal?"

Parce que oui, il marche même plus sur des œufs là, il essaie de traverser un stade de foot de sensitives sans les faire se recroqueviller!

"C'est de savoir pour ma neuroatypie? Je ne suis pas dangereuse, et tu ne risque rien. Ça s’attrape pas comme un rhume."

J'ai vaguement l'habitude de ces réactions. Je l'ai vécu une ou deux fois seulement, mais bon, quand vous êtes à l'hopital psy, et que vous vous rendez au relai H les gens sont bizarres. Autant dire que je garde la voix douce et que même si c'est vaguement blessant, je ne m'y attarde pas plus qu'aux blagues de cul des collègues. C'est nul, mais "normal" dans ce monde inégal.


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Constantine Meyer
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Première rencontre officielle. [Meyer] EmptyDim 28 Oct - 16:32
Constantine Meyer
Elle mit du temps à répondre, ralentissant le pas comme si ça allait l’aider à réfléchir.

- Ton nom. Des chiffres. Ton travail. Et des chiffres. Le genre bulletin de salaire, avec des colonnes et des nombres en tout genre…

Rien d’exceptionnel en somme. Pourtant, elle s’arrêta soudain, je stoppai la marche également, surpris.

- Ah, c'est vrai, j'avais oublié de te dire que je suis parrain de la mafia…

Je levai les yeux au ciel avec un demi sourire. Si je ne connaissais pas Sofia, j’aurais ri ouvertement de la blague d’Aumérine. Comme ma compagne, elle avait l’air si fragile et si innocente que je la voyais très mal diriger tout un gang de mafieux à la manière de Kenichi. Mais maintenant, je connaissais un peu le milieu et Sofia était loin d’être une jeune femme sans défense. Alors pourquoi ne pas me méfier un peu d’Aumérine ? Mon raisonnement était compréhensible, non ?

« Ouais enfin si tu veux mon avis, t’as vraiment rien à craindre de ta demi-sœur. »

L’avenir nous le dira.

- Juge des tutelles, poursuivit Aumérine. Vu mon âge, quand on a découvert mon handicap, le juge a décidé qu'il était dangereux de me laisser devenir « adulte » tant que je n'ai pas appris à vivre avec. Je suis donc considérée comme majeure protégée pour cinq ans. D'habitude c'est laissé aux parents, mais…

Elle ne termina pas sa phrase. Plus elle parlait de ce handicap, plus je voulais savoir de quoi il s’agissait exactement. Cependant, je n’osais pas lui poser directement la question de peur d’être trop envahissant. Il nous faudrait être plus proches avant de pouvoir aborder ce genre de sujet. Enfin… à mon avis.

« J’te rappelle que t’as tout raconté sur ton compte à Roy dès le premier jour. »

Il avait raison. Mais ce n’était pas… pareil.

- A la place, j'ai un assistant social quarantenaire, expliqua la demoiselle. Et comme je suis la seule de ses protégés à... ben à vivre seule, j'ai la joie d'avoir des appels réguliers, et de me voir traiter comme si j'avais l'âge de sa fille dès que j'oublie mon couvre-feu. Et sa femme m'envoie des supers recettes.

Elle avait retrouvé le sourire et parlait plus légèrement. Elle fit quelques pas, je la suivis machinalement. Si je comprenais bien, ce type était sûrement l’auteur de l’appel reçu au Centre Funéraire quand elle avait dû nous quitter.

- En bref, non, je ne sais rien de toi, conclut Aumérine. Et je crois que tu n'avais jamais entendu parler de moi, n'est-ce pas ?

Je confirmai sans un mot. Vu la tête que j’avais dû faire l’autre jour au Centre en apprenant la grande nouvelle, il aurait été surprenant que je sache quoi que ce soit en amont concernant Aumérine.

- Alors qu'est-ce qui te met si mal ?

Mon cœur fit un petit bond. Évidemment, je ne devais pas être très discret en posant mes questions. Je devais avoir l’air tellement stressé qu’elle se doutait sûrement de quelque chose.

- C'est de savoir pour ma neuroatypie ? supposa-t-elle. Je ne suis pas dangereuse, et tu ne risques rien. Ça s’attrape pas comme un rhume.

Au fond de ma tête, j’entendis Meyer ricaner doucement. Je savais pourquoi il se moquait. Parce que, de nous deux, le plus dangereux c’était moi, pas elle. Bref, je profitai du fait qu’elle ait abordé le sujet en premier pour en savoir plus.

- Non, ça m’inquiète pas, répondis-je sincèrement. T’as l’air d’avoir pas mal de soutien et de savoir gérer, même si j’sais pas exactement de quoi il en retourne.

Quelque part dans le ciel, le grondement de l’orage se fit entendre. Je pensais qu’il était plus loin que ça. Mais à en juger par le bruit, il n’allait pas tarder à arriver au-dessus de nos têtes, peut-être accompagné de pluie. Le ciel s’était assombri, les quelques personnes présentes dans le parc s’en allaient.

- On ferait mieux de se mettre à l’abri, dis-je en contemplant les nuages gris foncé qui se resserraient entre eux.

Elle acquiesça et me suivit vers la sortie du parc. Il y avait un café pas loin, nous pourrions nous y installer pour discuter tranquillement et au sec. Nous y arrivâmes en à peine deux minutes. Il était visible depuis l’entrée du parc, au milieu d’une rue qui remontait vers le centre ville. Nous nous assîmes l’un en face de l’autre à une table près de la baie vitrée, dans un coin au calme à côté d’un arbre en pot.


- J’t’avoue que j’suis curieux par rapport à… ton handicap, déclarai-je comme si nous n’avions pas stoppé la conversation. Mais j’veux pas te forcer à en parler. On est pas obligés de tout se dire aujourd’hui.
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Première rencontre officielle. [Meyer] EmptyJeu 1 Nov - 17:40
Aumérine Lefèvre
Bien, au moins je réussis à le faire sourire. Je sais que c'est une manière d'être "idiote", et qu'elle agace pas mal de monde. Le fait que ça l'amuse un peu (j'ai l'impression qu'il réagit comme Danny: Elle lève les yeux au ciel, elle sourit, mais quand je vais trop loin elle me rappelle qu'elle a déjà trois ados à la maison, et pas besoin d'une quatrième au travail. Donc le amusé mais qui peut vite en avoir marre...), c'est rassurant, non? Pas besoin de changer mon masque, en tout cas pour le moment. Tant mieux, parce que celui ci, il tient bien, et que j'ai déjà assez souffert hier de la baisse de mes barrières face à Sofia.

Quand il confirme que non, il avait jamais entendu parler de moi, c'est un peu comme arracher une croute. Ca fait mal. Et en même temps, la douleur s'efface aussitôt pour laisser la place au soulagement. C'est pas volontaire. Lui, au moins, ne m'a pas rejeté. Il ne se rajoute pas à la liste de mon père, de ma mère, de ma grand mère, qui depuis sa maison de retraite m'a cent fois reproché d'être "infantile" et qu'à son âge patati patata. Bon, faut avouer, ma grand mère, elle serait pas sur la liste en temps normal. Elle est vieille et sénile. Une vraie tatie Danielle.  Yoko-san a le même âge, et elle est plus supportable. Beaucoup plus.

Bon, au final je ne sais toujours pas ce qui l'ennuie. Parce que autant le "non non ça me met pas du tout mal à l'aise que tu m'aie retrouvé alors que j'étais peinard", c'est un mensonge qui se sent encore plus fort qu'un fromage qui marcherait tout seul, autant là il est sincère. Il y connait rien, mais il me fait confiance, sans même me connaitre, pour me gérer. Certes, je suis pas schizophrène, je ne dépends plus de médicaments, et surtout surtout, je n'ai jamais été un danger que pour moi même. Mais quand même ça fait plaisir.

Hein, quoi? Ah oui, la pluie. Bonne idée. Pas que je craigne l'eau, mais les sandalettes trempées, ça glisse, c'est affreux. Je le laisse me guider vers un café, ne pouvant m'empêcher de remarquer que j'avais beau passer régulièrement par là, j'avais jamais tiqué qu'il y avait un café là... Bon, en même temps, mais ça je le dit pas, j'suis trop "radine" pour aller dans des cafés. Il nous montre une table un peu isolée. D'un autre côté, à part nous et un couple avec une petite fille qui chouine pour avoir une glace, le café est un peu désert. Peut-être que ça se remplira d'autres gens comme nous qui fuient les colères de Zeus. Ah non, ici, ce serait plutôt Susanoo. Bref.

Sitôt assis, la conversation reprend. Non, en effet je ne raconterai pas tout aujourd'hui, et j'en ai déjà éclipsé pas mal. Je commence même à en avoir mal à la tête... Je hausse les épaules à la remarque, en fouillant dans mon sac pour en sortir le Roll-on, que je me passe sur les tempes, avant de l'essuyer sur une serviette et de le tendre à Meyer, s'il veut s'en servir.

"J'me suis dit qu'on risquait d'avoir mal au crane avant la fin de la journée..."

Et s'il veut pas, j'le remettrai dans mon sac. Est-ce que je développe au sujet des neuro-atypies? Il dit qu'il s'en inquiète pas, mais se montre curieux, et j'ai bien envie de lui répondre, mais en même temps, il y a d'autres sujets... Dont un en particulier, qui m'ennuie plus qu'un autre... Mais que je ne sais trop comment aborder sans "dénoncer" Sofia. Roh, et pis flute. Déjà les autres sujets. La situation plus "familiale", essayer d'en savoir plus sur lui parce que finalement j'ai pas l'impression d'en savoir tellement plus sur lui, et ensuite, le futur... Et puis d'abord, j'lui réponds vaguement.

"En soit, "neuroatypie" est juste un fourre tout. C'est toutes les constructions neuronales un peu différentes de la normale, allant des troubles de l'attention aux personnes qui voient des odeurs, par exemple. Enfin, c'est mieux expliqué sur Internet, hein. Tu nait comme ça, après, soit tu gère soit tu gère pas. C'est souvent héréditaire, mais si t'as jamais entendu parler du tout... C'est que Maman est une menteuse et que si, je tiens bien "ça" d'elle."

Je devrais ptet lui dire, ça lui ferait les pieds après le "non mais moi j'suis normale" de l'autre fois. Et lui cracher une bonne fois pour toute à la gueule que oui, c'était une mauvaise mère... En soit c'est même pas vrai, quand j'étais gosse elle était cool en plus... Bon, eh, te laisse pas assombrir! Et puis en soit, moi non plus j'en avais jamais entendu parler avant d'arriver au bureau des secrets. Ce qui était d'ailleurs "étrange", dixit la psy, parce que normalement ça se repérait assez tôt. Tiens, la serveuse qui arrive. Café, pour mon frère hein? Merde, j'suis plutôt team thé, moi. Ce que j'affiche en commandant d'ailleurs... du chocolat. Quoi?! C'est bien, c'est bourré de sucre, et ça rend heureux! Et puis de temps en temps je peux faire une folie non?

"Dis donc, grand frère?"


Sitôt la serveuse repartie, je reprends la conversation sur un autre sujet.

"Tu vas trouver ça idiot, mais... Il a encore ses parents? Nikolaus?"


En fait la vrai question c'est est-ce que j'ai d'autres grands parents que mon éternelle insatisfaite de grand mère? Non, je compte pas aller les voir, hein, si je me souviens mon père était déjà pas tout tout jeune quand il m'a eu, donc ses parents, s'ils sont toujours en vie, risqueraient de mal encaisser le choc. Même si ça pourrait être très drôle d'essayer de lui mettre le nez dans la m... Histoire de me venger un peu. Mais ça impliqueraient d'autres gens qui ont rien demandé ce serait méchant. D'ailleurs, je ferais bien de le rassurer là dessus.

"Non, j'compte pas m'y présenter, je suis pas folle à ce point. Juste pour savoir..."


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Constantine Meyer
Elle haussa les épaules, fouilla dans son sac et en sortit un petit tube. Elle enleva le capuchon et se massa les tempes avec l’extrémité du tube. Puis elle me le tendit.

- J'me suis dit qu'on risquait d'avoir mal au crâne avant la fin de la journée…

Ce truc soulageait-il vraiment les maux de tête ? Je ne connaissais pas du tout. Mais je refusai poliment, n’en ayant pas besoin. Elle le rangea et dit :

- En soit, « neuroatypie » est juste un fourre tout. C'est toutes les constructions neuronales un peu différentes de la normale, allant des troubles de l'attention aux personnes qui voient des odeurs, par exemple.

Voir des odeurs ?

« Elle a fumé ou quoi ? »

- Enfin, c'est mieux expliqué sur Internet, hein. Tu nais comme ça. Après, soit tu gères soit tu gères pas. C'est souvent héréditaire mais si t'en as jamais entendu parler du tout... C'est que Maman est une menteuse et que je tiens bien ça d'elle.


Je voulus répondre mais une serveuse arriva à ce moment-là. Je commandai un café, Aumérine opta pour un chocolat chaud.

- Dis donc, grand frère ? fit la demoiselle quand la serveuse s’éloigna.

Grand frère… C’était vraiment trop bizarre.


- Tu vas trouver ça idiot, mais... Il a encore ses parents ? Nikolaus ? Non, j'compte pas m'y présenter, ajouta-t-elle aussitôt pour me rassurer. Je suis pas folle à ce point. Juste pour savoir…

Chaque question de sa part me paraissait curieuse parce que jamais personne ne me les avait posé. Sofia se contentait de vivre dans le présent, elle ne demandait jamais rien à propos de mon passé. C’était pourtant normal de la part d’Aumérine de vouloir savoir. Mais ça restait surprenant pour moi.

- J’les ai connus quand j’étais gamin, répondis-je. J’m’en rappelle plus trop. J’sais pas s’ils sont toujours vivants aujourd’hui.

Et pour être honnête, je m’en fichais un peu. Je n’y étais pas attaché et eux-mêmes avaient certainement oublié mon existence.

« Tu voulais lui dire quoi juste avant ? »

Tu perds pas le Nord toi…

« J’ai surtout eu l’impression que tu voulais lui dire que... »

Non. Non, pas maintenant.

« Pourquoi ? Toi tu sais à propos de sa maladie. Elle a le droit de savoir pour toi. »

… Il avait raison. Mais… et si je la faisais fuir ?

« Au pire… tu la connais pas. Tu perds pas grand-chose. »

Peut-être mais ce n’était pas une raison pour dire n’importe quoi.

« Bon ben… démerde-toi. J’sais plus quoi te dire. »

J’inspirai profondément, expirai discrètement. La serveuse revint avec nos boissons chaudes. Chacun la remercia, elle nous souhaita une bonne dégustation et repartit vaquer à ses occupations. Le regard rivé sur ma tasse de café, je pris d’abord le temps de mélanger le sucre à l’intérieur. La salle était calme. A part un couple avec un gamin, nous étions seuls. Un peu stressé, je me raclai ensuite la gorge.

- J’pense pas que ça vienne de ta mère. J’veux dire… par rapport à ces troubles dont tu souffres.

Comme elle me lançait un regard interrogateur, je fis l’effort de ne pas détourner les yeux, et de prendre mon courage à deux mains.

- C’est qu’une supposition mais… ça doit venir de Nikolaus. Parce que… j… j’ai quelques soucis… moi aussi. Mais j’crois que… je gère pas aussi bien que toi.

« Tu vois quand tu veux. »
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Aumérine Lefèvre
Oh. Eh ben ça simplifiait les choses. Ca me rappelait l'arbre généalogique qu'on avait du remplir en allemand, en... 5ème, 4ème? J'avais eu un avertissement dans mon cahier parce que j'avais pas marqué les noms et prénoms de mon père et mes grands parents. En soit, il me suffisait de voir la manière laconique dont en parlait Constantine pour comprendre qu'ils n'étaient pas pour lui des personnes de ressources. Et que j'avais probablement plus de grands parents. Youpi, je pourrais mentionner dans mon vieux devoir... C'était Tot ou Tut, déjà? En soit on s'en foutait comme de l'an 40...

Encore un silence. C'est son tour, est-ce qu'il réfléchit à une question? En tout cas, il a l'air encore nerveux. Voyons, il sait comment je l'ai retrouvé, il sait que je suis handicapée ET surtout il en est pas inquiet, qu'est-ce qu'il y a encore qui pourrait le rendre nerveux comme question? Il sait qu'on a eu des mots avec Sofia? Enfin, des mots... Cette façon de dire sous entendrais que moi aussi j'ai haussé le ton. En tout cas, quoiqu'il aie eu l'intention de dire, j'ai le sentiment qu'il ne veut pas le diredevant la serveuse. Bon on parle en français depuis tout à l'heure (au passage ça me fait presque étrange de parler français ici), mais c'est vrai que c'est un truc privé... Quand il commence à remuer le sucre dans son café... J'ai l'impression que non, il cherche ses mots. Certes, il peut tout à fait être un peu maniéré, et avoir tendance à remuer précautionneusement son sucre dans son café tous les jours, de la même manière qu'il jette ses mégots dans la poubelle et pas par terre. Mais je sais pas j'ai comme un léger doute.

Nan, définitivement il a un truc à dire. Euh? Ca vient pas de maman? Ah mince, je pourrais pas le lui envoyer à la figure. Attends quoi?! Bon. Je comprends plusieurs choses. Entre autre que là, vu la manière dont il est crispé est tendu, que c'est pas un truc dont il est fier. Oui, c'est un euphémisme. Et puis... le rire. Le rire qui m'échappe, un peu sarcastique.

"Remet les choses dans le bon contexte, tu veux? Je ne gère aujourd'hui que parce que j'ai tellement mis le bordel il y a deux ans qu'il m'a fallu l'aide d'adultes compétents pour réparer 15 ans de mauvais coups, de mauvaises habitudes, de quiproquo et tout ce qui va avec. J'suis pas psy, j'te connais pas assez pour évaluer comment tu t'en sors, mais si t'as réussit à atteindre 30 ans sans en arriver au même point, tu t'en sors surement pas si mal que ça."


Ca, c'est dit. Parce que face à cette révélation, et à ce grand frère dont je comprends encore un peu mieux la fragilité dont me parlait Sofia, le plus important, c'est... ben comme pour tous les soins. Sécuriser. Rassurer. Et ensuite avancer. Bon, sécuriser, je vois pas ce que je peux faire, avec aussi peu d'informations. Rassurer, c'est ce que je fais. Je ne prends pas le risque de lui faie descendre son estime de lui. Parce que moi j'en ai pas beaucoup et que j'aimerai pas qu'on m'abime le peu que j'ai. C'est pas la Mérine gamine qui parle cette fois. Pas la soignante non plus, qui sourit, qui rassure, mais garde ses distances. C'est la Mérine guerrière, celle qui a serré les dents plusieurs années, qui a trainé ce boulet avant d'apprendre à le fondre en une béquille.

Enfin, traiter. Essayer. Je sais quoi, exactement? Qu'il est très sensible, qu'il le cache, qu'il est pas doué pour parler aux gens, qu'il s'entend pas bien avec son père... Que pourtant il a pris Sofia avec lui, et qu'il a souffert. Et si j'ai bien compris certains sous entendu, elle le protège. En clair, sans elle, pas sure qu'il serait là. Enfin, là, je m'avance peut-être un peu. Je suis un peu sur un fil, parce que je me doute que là, en m'expliquant ça, il se met émotionnellement en danger. Et que si je lui dit n'importe quoi, je risque de l'abimer un peu plus. Et je veux pas, et pas parce que Sofia m'a menacé de manière très détaillée. Là, de suite, Sofia je m'en fous comme de mon premier biberon. C'est juste que j'ai pas envie de faire du mal à quelqu'un qui m'est important, qui est juste devant moi, et avec qui je voudrais construire une relation. Même si je sais pas du tout à quoi ressemblera cette relation.

"Si tu ne veux pas m'en dire plus tu peux, hein? C'pas moi qui t'en voudrait. Après tout il faut bien que mon grand-frère-parfait-génial aie un défaut. Et survivre en étant différent, c'est un défaut acceptable, non? Et t'as l'air de faire plus que survivre."

Je suis encore en phase deux, en fait. A part que la petite Aumérine gentille toute douce et blagueuse revient un peu. Même si la Mérine sérieuse, la "survivante" reste visible.

"Ou si tu préfère me raconter, tu peux aussi. Comme tu le décide."

Inconsciemment, je m'apperçois que j'ai glissé doucement sur le ton de l'hypnose. Laisser le choix, avec des mots neutres et simples. Pas sure que ce soit un ton adapté, mais je sais qu'il a tendance à "apaiser" les gens, ce ton. Parce que je contrains personne. Oh, non, je risque pas de l'obliger d'une quelconque manière que ce soit, mais si il peut entendre dans mon ton que je le laisse gérer... Même si en même temps, ça me fait plaisir qu'il me dise parce que je sens que oui, c'est un truc hyper important...


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Première rencontre officielle. [Meyer] EmptyMar 6 Nov - 19:08
Constantine Meyer
Je ne pensais pas que cette révélation ferait rire Aumérine.

- Remets les choses dans le bon contexte, tu veux ? Je ne gère aujourd'hui que parce que j'ai tellement mis le bordel il y a deux ans qu'il m'a fallu l'aide d'adultes compétents pour réparer quinze ans de mauvais coups, de mauvaises habitudes, de quiproquo et tout ce qui va avec.

Oui, elle avait eu de l’aide et j’en était conscient. Et tant mieux pour elle. J’aurais bien aimé pouvoir dire pareil.

- J'suis pas psy, j'te connais pas assez pour évaluer comment tu t'en sors, mais si t'as réussi à atteindre trente ans sans en arriver au même point, tu t'en sors sûrement pas si mal que ça.

Je soufflai par le nez. J’aurais pu en rester à mes vingt-neuf ans si Sofia ne m’avait pas trouvé dans cette ruelle pourrie, en train de me vider de mon sang à cause de mes conneries. Si Aumérine savait… si elle savait que Severina s’était suicidée par ma faute, que j’avais assassiné Ikko et failli tuer ma compagne, si elle savait que j’avais organisé le meurtre de notre père, elle aurait une toute autre opinion. Mais je ne pouvais pas lui révéler tout ça, alors je me contentai de hausser les épaules.

- Si tu ne veux pas m'en dire plus tu peux, hein ? assura-t-elle confiante. C'pas moi qui t'en voudrais. Après tout, il faut bien que mon grand-frère-parfait-génial ait un défaut.

Meyer éclata de rire.

- Et survivre en étant différent, c'est un défaut acceptable, non ? Et t'as l'air de faire plus que survivre.

Je ne savais pas vraiment quoi répondre à ça.

- Ou si tu préfères me raconter, tu peux aussi. Comme tu le décides.

Je pris d’abord le temps de boire un peu de café. Non, je n’avais pas envie d’en parler. Ce serait compliqué d’évoquer mes problèmes sans lui dire toute la vérité. Et puis, comme elle le disait si bien, elle n’était pas psy. A part m’écouter, elle ne pouvait pas faire grand-chose.

« T’es pas marrant, bougonna Meyer. Au moins vous auriez pu partager vos expériences. »

Expériences ? Sérieusement ? Parle plutôt de vécu.

« Ouais t’as raison. J’me suis trompé de terme. »

N’empêche que je n’avais quand même pas envie de discuter de ça. Même si j’avais tout déballé à Roy, je ne me sentais pas capable de faire la même chose face à Aumérine. Pas tout de suite…

« Comme tu veux. »

Elle en savait un minimum, c’était déjà pas mal.

- Peut-être plus tard, dis-je histoire de ne pas ignorer sa proposition.

Je remuai machinalement le bout de la cuillère dans ma tasse, même si le sucre avait fondu depuis longtemps.


- Si j’ai bien compris, ça va pas fort avec ta mère, déclarai-je pour continuer dans les sujets sensibles.

J’aurais pu parler de quelque chose de plus joyeux mais je n’avais absolument aucune autre idée.


Dernière édition par Constantine Meyer le Lun 19 Nov - 11:16, édité 1 fois
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Première rencontre officielle. [Meyer] EmptyMar 6 Nov - 22:20
Aumérine Lefèvre
J'ai pas vraiment besoin qu'il parle pour deviner ce qu'il fera. Je suis assez réaliste pour deviner qu'une "gamine" de même pas 20 ans, y a plus efficace pour soigner les traumatismes d'une vie. Non, je ne sais pas ce que c'est. Mais je sais que c'est assez grave pour lui, pour que lui s'en sente blessé. Et qu'il est difficile de comparer des souffrances. Alors je hoche la tête avec un sourire. Évidemment que tu n'en parlera pas aujourd'hui, peut être même jamais. Ces trucs là, ça se dit petit à petit, bout par bout. Voire ça se dit jamais et c'est juste un truc deviné comme un fantôme et j'ai bien compris que c'était une limite.

Ça va pas avec ma mère? J'ai encore le même rire rauque, pas mignon du tout, amer et ironique. Nan, qu'est-ce qui te fait dire ça? La TS juste après qu'elle m'aie laissé dans ma chambre, avec le bracelet encore temporaire à la cheville, son refus de venir me voir à l’hôpital malgré les demandes des médecins pour ma thérapie, les cartons qu'elle m'y avait envoyés contenant toutes mes affaires jetées en vrac? Et encore elle les avait pas jetées, même si la plupart des objets s'étaient cassés durant l'emballage ou le trajet. Ou alors c'est juste le fait que j'ai répété qu'elle avait traité sa propre fille de...

"C'est de famille les euphémismes..."


Qu'est-ce que je peux lui dire... Est-ce que j'ai même envie d'en parler? En soit je m'en fiche un peu. Contrairement à lui, j'ai l'habitude de m'être fait tirer les vers du nez, de raconter. Je sais même à force, choisir les "meilleurs mots", les bonnes intonations. Maman voulait un enfant parfait. Hmm, non. Pas le bon mot. Maman voulait un enfant "à elle". Non plus. Comment je peux lui faire comprendre que je ne correspondait tout simplement pas à ses attentes idéalisées? Maman voulait un enfant poupée. Ouais, bien ça. Une poupée, un truc sans âme pour qui tu décide tout et qui fait tout comme tu veux.

"Maman voulait un enfant poupée. Pas une fille trop intelligente et sensible pour son propre bien. Le fait que Meyer, en se cassant lui dise que j'étais "bizarre", ça a pas du aider. Dur, d'être mère seule."

Pour ça que j'hésite. J'estime qu'il y a pas besoin de raconter plus. A lui de voir s'il veut entendre l'excuse dans ma voix, ou juste l'explication des faits. Pour autant elle m'a jamais mis plus de 2 claques hein? Simplement moi je faisais tout ce que je pouvais pour la rendre fière, me brisant un peu plus à chaque mot méchant. Et ceux de maman n'étaient pas les plus nombreux, juste les plus dur à entendre, parce que malgré tout, je ne pouvais me résoudre à l'appeler autrement que par ce nom enfantin: Maman.

" Du coup, elle a voulu que je sois "parfaite". Que je fasse des grandes études, puisque toi tu galérais au lycée, histoire de rendre notre père jaloux. Grande réussite, hmm?"


J'ai un ton, mélange d'imitation de son ton à elle, d'ironie et de levage d'yeux au ciel. Ouais parce que soyons franc, assistant véto, c'est pas le must niveau financier, et c'est pas hyper réputé comme taf non plus. Bon, ok, je veux passer vétérinaire, surtout que j'aime vraiment ce que je découvre en stage, et je veux faire plus. Mais j'y rentrerai par la petite porte, la où ma mère me voyais chirurgienne et chef de service. Au passage, je sais pas comment elle y croyait, parce que femme et chef de service... Disons que je suis réaliste sur les embûches qui m'attendaient. Et je ne parle pas de celles pour devenir vétérinaire...

"D'un autre côté, je ne suis pas sure que j'aurais été mieux avec Meyer... Enfin, Nicolaus. Le seul type que je connaisse qui offre une poupée... Avec laquelle on ne peut pas jouer parce que " la porcelaine c'est fragile c'est pas pour les enfants"..."

Mon cadeau d'anniversaire de mes 5 ans. J'ai les yeux dans le vague, et un sourire amusé avec le recul. Preuve s'il en est qu'il était pas doué avec les gosses... Et je refais une belle imitation du ton paternaliste limite méprisant...

"Rassure moi, Constantine, c'était juste parce que c'est un mec? Il avait compris, pour les petites voitures?"

Eh, tu veux savoir pour maman? Moi je veux savoir ce que c'était de grandir avec notre père. Pour autant, je préfère rester prudente. J'accompagne la question d'un sourire et d'un léger clin d’œil, comme une plaisanterie. A lui de voir, encore, s'il préfère rester sur le ton de la rigolade et botter en touche à l'aide de la perche tendue (ben oui, les mecs ça comprends rien aux filles bouh!) ou s'il veut rester sérieux. Et puis je sirote mon chocolat, aussi, qui refroidit, mine de rien.


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Première rencontre officielle. [Meyer] EmptyLun 19 Nov - 12:06
Constantine Meyer
Aumérine répondit par un faux rire. Vu les messages de sa mère la dernière fois, c’était évident que leur relation battait de l’aile. Mais c’était difficile de m’informer de la situation autrement qu’en faisant la remarque à voix haute.

- C'est de famille les euphémismes… ironisa ma jeune sœur.

Elle resta silencieuse un moment. Ce n’était peut-être pas le bon sujet à aborder. Cette conversation était tellement bizarre que je ne savais pas trop quoi en penser, ni vers où la mener.


- Maman voulait un enfant poupée, finit par répondre la demoiselle. Pas une fille trop intelligente et sensible pour son propre bien. Le fait que Meyer, en se cassant, lui dise que j'étais « bizarre », ça a pas dû aider. Dur d'être mère seule.

Certainement. J’ignorais ce qu’était être parent. Je ne pouvais pas évaluer le degré de difficulté à élever un enfant, seul ou même à deux. Mais j’étais conscient que ça ne devait pas être facile tous les jours.

- Du coup, elle a voulu que je sois « parfaite », poursuivit Aumérine. Que je fasse des grandes études, puisque toi, tu galérais au lycée, histoire de rendre notre père jaloux. Grande réussite, hmm ?

Je haussai les épaules. Je ne comprendrais jamais cette manie qu’avaient certains parents à vouloir absolument diriger l’avenir de leurs enfants sans leur demander leur avis.

- D'un autre côté, je ne suis pas sûre que j'aurais été mieux avec Meyer... Enfin, Nikolaus.

Sûrement pas. Cet espèce de salopard lui aurait rendu la vie encore plus difficile parce qu’elle était une femme. Et je savais très bien ce que pensais Nikolaus de la gent féminine.

- Le seul type que je connaisse qui offre une poupée... avec laquelle on ne peut pas jouer parce que « la porcelaine, c'est fragile, c'est pas pour les enfants. »

Quoi ? Il lui avait offert une poupée de porcelaine ?

« Attends mais… c’est cher ces trucs ! »

Justement !

- Rassure moi, Constantine, c'était juste parce que c'est un mec ? demanda-t-elle sur le ton de la plaisanterie. Il avait compris, pour les petites voitures ?

Je levai à demi la main et la laissai retomber à plat sur la table, vraiment surpris.

- Ben franchement, j’m’y attendais pas, avouai-je. Parce que moi... les cadeaux, j’en ai jamais vu la couleur. J’en demandais pas forcément mais…

Je réfléchis quelques secondes.

- Tu dis que la poupée n’était pas un vrai jouet parce que c’est fragile, etc, mais au-delà de ça, j’trouve que ça reste un beau cadeau. Encore plus de la part de quelqu’un comme lui. Ça m’étonne vraiment que t’y aies eu droit. Mais bon, j’imagine qu’il voyait en toi un espoir, l’enfant parfait que j’ai jamais été pour lui, ajoutai-je avec aigreur.

Je bus une gorgée de café.


- Apparemment, tu l’as déçu toi aussi, dis-je compatissant.

Dehors, la pluie commença à tomber doucement. Quelques gouttes vinrent s’écraser sur la baie vitrée.


- J’crois que toi et moi, on est pas faits pour briller aux yeux de nos parents, plaisantai-je. Mais j’t’avoue que j’ai pas vraiment fait d’efforts pour ça. Il me soûlait tellement que j’faisais tout pour l’emmerder. J’voulais faire mieux que lui autrement, j’ai pas réussi. Mais tant pis. Maintenant, il peut dire ce qu’il veut, j’fais ma vie.
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Première rencontre officielle. [Meyer] EmptyMer 21 Nov - 20:57
Aumérine Lefèvre
Sérieusement? J'ai des grands yeux écarquillés. Ben merde. J'avais toujours entendu dire que j'étais "moins considérée" que mon frère parce que j'étais une fille, non désirée par Nicolaus, et batarde (ce qu'en soit j'avais bon gré mal gré appris à accepter). Je n'avais jamais pensé au fait que je tenais ces informations de ma mère. Et que ses sources étaient pas forcément fiables. Après, je sais que non, la poupée en porcelaine ne valait "pas grand chose". Quand Maman l'avait cassé, ainsi que les autres de ma collection, j'avais pu toutes les racheter pour une semaine de salaire. D'aprentie assistante, donc le truc qui volait tellement pas haut que ça frolait les racines de paquerettes... Mais je me souviens aussi des romans bibliothèque rose, et je me dit que je m'étais jamais posé la question de où ça sortait...

L'espoir d'un enfant parfait? J'sais pas. Ca me semble... bancal. Evidement, j'ai toujours le prisme des propos de ma mère. Et j'imagine bien que lui aussi à son prisme à lui. Deux prismes différents qui teintent un même homme. En soit, faudrait lui poser la question, mais à quoi bon? A part remuer le fumier, ça n'amènerait rien. Autant partir du principe que de toutes façon notre père était un pauv con, et rebâtir des nouvelles bases. Un peu comme s'il avait suivi le même chemin, il rajoute que j'ai du le décevoir aussi. Moi je me sens juste mal, parce que j'ai l'impression de l'avoir blessé, et j'aime pas ça. Même si je sais qu'il est probablement plus déçu par notre père que par moi. J'me tortille un peu sur ma chaise. Quelques secondes passent, et je retiens difficilement mon impulsion. Heureusement il reprends la parole. Il me fait sourire un brin, mais...

Oh  et puis MERDE! Je pose ma tasse de chocolat que j'ai pas réussi à boire, et je me lève dans le même mouvement. J'ai l'air déterminé, et je contourne la table en un pas pour serrer mon frère dans mes bras. Une étreinte infantile, un peu forte, maladroite. Bon, je le lache après deux secondes à peine, hein, un peu embarrassée.

"T'as fait mieux. Tu me rejette pas. Tu es important pour Sofia, plus que Meyer l'était pour maman. Et tu es... moins fatigué, je crois. Enfin, de ce que je me souviens."


Je m'enfonce, là... Je retourne à ma place et boit mon chocolat, un peu rouge. Parce que j'crois qu'en fait il aime pas les calins.

"On fait quoi, maintenant?"

Ouais, c'est toujours un peu maladroit. J'explique mes propos. En essayant de toujours pas dire qu'on a discuté Sofia et moi...

"Je suis venue parce que je voulais te retrouver. C'est fait, c'est cool. Sauf que ce que j'avais pas réfléchit plus, c'est... Que t'as ta vie et que je déboule dedans comme un chien dans un jeu de quilles."

Ca c'est presque mot pour mot les propos de Sofia. Je continue, cependant doucement.

"Je veux te connaitre. Parce que... Parce que tu m'as permis de remonter la pente, quand j'ai craqué. Seulement... Seulement je veux pas non plus t'embêter. T'as ta vie, et... Bref, je sais pas comment le dire, mais..."


Comment faire pour demander une place dans la vie d'un type qui vous connaissait pas 15 jours plus tôt?

"Toi, comment tu vois les choses?"


C'était peut-être le plus simple à discuter non?


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Première rencontre officielle. [Meyer] EmptyJeu 22 Nov - 22:07
Constantine Meyer
Je ne disais pas ça pour me plaindre ou pour éveiller sa pitié. Pourtant, elle se leva, fit le tour de la table et me prit dans ses bras. Je ne bougeai pas d’un cheveu, trop étonné par sa réaction.

- T'as fait mieux, dit-elle. Tu me rejettes pas. Tu es important pour Sofia, plus que Meyer l'était pour Maman. Et tu es... moins fatigué, je crois. Enfin, de ce que je me souviens.

Fatigué ? Que voulait-elle dire par là ? Parce que je n’étais pas chef d’entreprise comme Nikolaus, je vivais plus sainement ? C’était sûrement ça, ses mots me donnaient cette impression. Un peu embarrassée, Aumérine retourna s’asseoir face à moi et se réfugia dans sa tasse de chocolat. Je ne lui en voulais pas pour son geste, c’était naturel. Elle sentait bon en plus… Ça m’avait surpris et mon absence de réaction lui avait peut-être fait croire que je n’appréciais pas. En vérité, je n’étais pas très tactile avec les gens.

« A part pour te battre. »

Oui enfin… ce n’était pas pareil.

- On fait quoi, maintenant ?

Je levai les yeux sur ma demi-sœur.

- Je suis venue parce que je voulais te retrouver. C'est fait, c'est cool. Sauf que ce que j'avais pas réfléchi plus, c'est... Que t'as ta vie et que je déboule dedans comme un chien dans un jeu de quilles.

C’était ça qui la dérangeait tant ?

« Ça gêne aussi Sofia vu qu’apparemment elle a juste envie de la buter. »

Ma compagne avait beaucoup de mal à accepter le fait que d’autres personnes entrent dans nos vies. D’un côté, je la comprenais. Je comprenais son désir de nous savoir rien que tous les deux, unis à jamais. Et d’un autre, j’aimais aussi établir de nouveaux liens. Ça prouvait que, malgré notre passé, nos agissements, nos caractères, nous étions sociables, appréciables, et que nous avions le droit d’avoir des amis. Roy avait été le seul ami pour moi, et finalement, je ne l’avais jamais vraiment connu.

« Donc l’intrusion d’Aumérine, ça te dérange pas toi ? »

L’intrusion… il ne fallait pas exagérer. Elle avait juste envie de…

- … te connaître.

Voilà.

« Ça c’est synchro. »

- Parce que… parce que tu m’as permis de remonter la pente quand j'ai craqué,
expliqua la blondinette avec une pointe de tristesse dans la voix.

Comment aurais-je pu faire ? Nous ne nous connaissions pas…


« Bah… elle s’est sûrement raccroché au grand frère parfait qu’elle a toujours imaginé. »

Mais je n’étais pas parfait, très loin de là...

- Seulement... Seulement je veux pas non plus t’embêter. T'as ta vie, et... Bref, je sais pas comment le dire, mais…

Elle hésita, chercha ses mots.

- Toi, comment tu vois les choses ?

Moi ?

« Ben oui, pas le pape ! »

- Euh…


Je baissai les yeux sur ma tasse de café presque vide, relevai la tête pour regarder Aumérine.

- J’sais pas trop, avouai-je. Mais tu m’embêtes pas. T’es là et j’en suis content. Sincèrement, ajoutai-je pour la rassurer.

Je terminai mon café.


- Désolé si j’ai l’air distant ou même froid, c’est pas le cas. J’ai juste encore un peu de mal à m’y faire. J’aurais jamais pensé avoir une petite sœur…

« Demi sœur, »
corrigea Meyer.

Peu importait, elle restait entière.


- Et je sais pas c’que tu t’imagines de moi mais j’pense pas être le super grand-frère que t’espérais, dis-je en riant à demi. En tout cas, c’qui est sûr, c’est que moi aussi j’ai envie de te connaître.

« Eh ben… que de gaieté, j’en pleurerais,
ironisa Meyer. Mais t’as pensé à Sofia qui veut l’étriper ? »

Il faudrait que j’ai une discussion avec elle au sujet d’Aumérine.
Humaine - Anti esclavage
Aumérine Lefèvre
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Première rencontre officielle. [Meyer] EmptyVen 23 Nov - 19:15
Aumérine Lefèvre
Un sourire torve. Je sais. Moi je le connais depuis que je suis gamine. Mais lui... Je sais, il lui faudra du temps pour s'habituer. Et en même temps, j'ai envie de le connaitre, qu'il me connaisse. Je ne sais pas comment avancer en même temps. Je bois une gorgée de ma tasse, un peu honteuse. C'est en partie pour ça que je lui ai laissé l'initiative de choisir s'il voulait me rencontrer. Bon, confessons le, j'ai vérifié une centaine de fois par jour mon téléphone portable et mes mails.

Pas le "parfait grand frère"? Je reprends mon sourire moqueur, celui qui dédramatise.

"Mince le grand frère qui a inspiré la nouvelle émission super bien, là, c'est pas toi?"

J'sais pas si il connait l'émission en question. Il parait que c'est une reprise d'un truc d'avant ma naissance pour calmer les quartiers sensibles, avec un "grand frère" éducateur qui remet les jeunes en galère dans le droit chemin, avec du larmoyant "j'aurais pas cru qu'un grand frère pareil existe", et "Nan mais j'aurais eu un frère comme ça dès le début, j'serai jamais allé en prison pour commencer". Par contre... Ah merde, oui, non, pas dans ce sens là!

"Je SAIS que t'es surement pas parfait, et j'aurais pas été autorisé à venir à Togi si j'avais pas... été logique. Tu m'as permis de remonter la pente parce que savoir où tu étais me donnais un objectif, auquel me raccrocher, et duquel partir. Et ne t'inquiète pas qu'on s'est assuré que je ne rêvais pas n'importe quoi."

Oui, non j'avais pas mal de monde pour me le dire. Sauf que ce qui n'avait pas été prévu, c'est comment lui il réagirait. Et qu'il n'y a pas que lui et moi dans cette histoire. Comment lui expliquer, sans dénoncer Sofia, parce que c'est pas bien de rapporter?

"Seulement, il n'y a pas que toi et moi. je suis..."

Bon, comment expliquer les choses...?

"Je suis empathe, et intuitive. Je vois des choses, je n'ai pas le temps de comprendre ce que j'ai vu que mon cerveau m'a donné sa conclusion. C'est toujours comme ça que je sais que le prof va nous faire une interro avant même qu'on soit entré dans la salle, ou que le patient me ment quand il me dit qu'il est tombé dans les escaliers..."

Sofia elle m'a pas cru la dessus. Mais je suis comme ça quand même.

"Sofia, elle est crevée de trouille de moi pour toi. De... De que je te blesse. Je ne sais pas pourquoi ou comment, je sais juste qu'elle te protège."

Bon, c'est bancal, très sincèrement j'avais pas cette idée là de Sofia avant notre discussion d'hier. Mais les gens c'est comme ça qu'ils fonctionnent, non? Tu leur dit rien et ils s'imaginent tout seul. En soit je fais pareil.

"Tu voudrais bien que je t'envoie des SMS, ou des mails?"

Un compromis, une tentative? Je sais pas plus en fait.


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Constantine Meyer
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Première rencontre officielle. [Meyer] EmptySam 24 Nov - 13:34
Constantine Meyer
- Mince, le grand frère qui a inspiré la nouvelle émission super bien, là, c’est pas toi ? fit-elle amusée.

L’émission ? Ça me rappelait vaguement quelque chose. Un type qu’on appelait « le grand frère » et qui venait exercer son autorité dans une famille dont le gamin était intenable. Je n’avais jamais regardé mais il m’était arrivé d’en voir la publicité.


- Je sais que t'es sûrement pas parfait, ajouta-t-elle en insistant bien sur le « sais ». Et j'aurais pas été autorisée à venir à Togi si j'avais pas... été logique.

Comment ça ?

- Tu m'as permis de remonter la pente parce que savoir où tu étais me donnait un objectif auquel me raccrocher, et duquel partir.

Ah… En même temps, je ne pouvais la blâmer pour ça. D’ailleurs, je me disais que c’était finalement mieux pour elle de ne pas m’avoir connu avant. Elle aurait été extrêmement déçue et n’aurait peut-être pas pu « remonter la pente ».

- Et ne t'inquiète pas qu'on s'est assuré que je ne rêvais pas n'importe quoi.

Je hochai la tête.

- Seulement, il n'y a pas que toi et moi. je suis…

« Oula, qu’est-ce qu’elle va dire ?
s’inquiéta Meyer. Elle non plus, elle est pas seule dans sa tête ? »

- Je suis empathe, et intuitive.

« Ah ouf… m’a fait peur. »

- Je vois des choses, je n'ai pas le temps de comprendre ce que j'ai vu que mon cerveau m'a donné sa conclusion,
expliqua Aumérine. C'est toujours comme ça que je sais que le prof va nous faire une interro avant même qu'on soit entré dans la salle, ou que le patient me ment quand il me dit qu'il est tombé dans les escaliers…

Donc si je comprenais bien, j’aurai du mal à lui mentir. Bonne ou mauvaise chose ? Avec plus de gravité, ma jeune sœur déclara qu’elle effrayait beaucoup Sofia. Ma compagne craignait qu’Aumérine me blesse, quelque soit la façon, et voulait absolument m’en protéger. Je voyais bien que ça ne faisait pas plaisir à la blondinette, et même qu’elle avait peur de Sofia et de ses tendances à menacer toute personne pouvant nous nuire. Pourtant, elle ne faisait rien de mal à part vouloir me connaître. Je ne lui accordais pas encore mon entière confiance mais j’avais envie de pouvoir le faire un jour. D’accord, nous avions le même père mais rien n’empêchait de bien nous entendre. Elle n’était pas lui, je n’étais pas lui.

- Tu voudrais bien que je t'envoie des SMS, ou des mails ?

Je haussai les sourcils, surpris.

- Mais… commençai-je.

Je me tus, pris le temps de bien choisir mes mots pour ne pas paraître trop rude.


- Oui tu peux, repris-je. Comme tu peux demander à ce qu’on se voit si t’en as envie.

Je repoussai doucement ma tasse vide, contemplai la rue dont la route devenait de plus en plus mouillée à cause de la pluie.

- Tu sais… Sofia est un peu… sauvage, elle a du mal à accepter que d’autres personnes puissent s’introduire dans nos vies. Je la comprends, j’étais pareil il n’y a pas si longtemps.

Pas pour les mêmes raisons, cependant.

- Avant de vivre avec moi, elle était considérée comme une esclave, traitée comme telle, et se débarrassait plutôt vite de tout ce qui portait atteinte au bien être de son maître. Même si c’est différent maintenant, elle garde encore certaines habitudes. Alors… j’pense qu’il faut y aller doucement avec elle, jusqu’à ce qu’elle comprenne que t’es pas là pour nous emmerder. Mais j’imagine que tu le sais déjà.
Humaine - Anti esclavage
Aumérine Lefèvre
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Première rencontre officielle. [Meyer] EmptyMar 27 Nov - 17:50
Aumérine Lefèvre
Mais.

Ca part mal.. Je serre un peu plus ma tasse à deux mains, et la porte à mes lèvres pour me donner une contenance. Et j'essaie de ne pas le montrer mais mes épaules se crispent, et tout mon corps cherche à se recroqueviller. Est-ce qu'il l'a perçu, et modifié ses propos en ce sens, ou est-ce qu'il allait de base me donner cette autorisation (et plus que ça) et dire autre chose? J'en sais rien. Et ça m'agace, parce que c'est dans ces moments que je trouverai ça pratique d'avoir un "vrai" pouvoir d'empathie/télépathie et pas ce truc à demi fini qui m'empoisonne plus qu'autre chose.

Sofia est sauvage... Ah bon. Je crois que j'avais quelque peu constaté. Lui aussi? Elle m'a dit hier qu'il en avait bavé. En écoutant ses propos, en les corrélant avec ceux de l'esclave, je commençais à comprendre qu'il s'étaient appariés. Chacun avec leurs blessures et ils s'étaient appuyés l'un sur l'autre pour remonter. Bon le côté "se débarrassait de ce qui pouvait gêner son maitre", c'est pas hyper engageant. Surtout quand on voit l'armurerie qu'elle se trimballe, et j'étais à peu près sure qu'elle ne se résumait pas au katana, au couteau et au "vous avez de grandes dents mère grand". Ah un moment, peut-être que si on me le dit assez souvent je finirai par imprimer que je suis supposée avoir peur d'elle? Mais non. Je ne sais pas pourquoi, mais non.

Je hoche la tête à mon frère. En effet, le "compromis" vise aussi à épargner Sofia. Et non, je suis pas là "pour les emmerder". Je dois l'avouer, c'était mon principal objectif, mais d'autres se sont dégagés depuis. D'un autre côté, si on peut éviter d'avoir une Sofia en mode jalouse qu'il se passe des choses dans son dos, ce serait mieux.

"D'un autre côté, si je te blessais, ou si je la blessais, je me reprendrais tout dans la gueule, parce que, ben désolée de te le dire mais tu es important pour moi, et si Sofia est blessée... Toi aussi pas vrai? Donc Sofia est importante aussi pour moi. Et mon empathie est d'autant plus... importante, ça fait beaucoup d'important là... Avec les personnes que j'aime. Histoire de pas redire encore "important"."

Et elle met déjà en PLS mes "boucliers" d'empathie. Je ne sais absolument pas pourquoi, mais elle titille mes neurones  miroir, et vu que je pressens qu'elle a vécu des trucs que je pourrais à peine envisager, je me sens déjà assez perturbée en sa présence. Certes, la fréquenter un peu plus m'aiderait probablement à comprendre, et peut-être à adapter mes protections, les murs que je me suis construit pour me préserver. Mais là, j'ai pas envie et j'suis pas sure d'y survivre... Mentalement, je parle. Physiquement... potentiellement non plus, mais j'anticipe pas cette éventualité. Euh, par contre, pas sure qu'il aie comprit le raccourci que j'ai pris.

"Oui, je sais. Chelou, dit comme ça, mais je te jure que dans ma tête ça semblait plus logique."

Et que du coup ben nan, nan, nan, nan, nan et re nan, je suis pas là pour les emmerder. Tiens au passage, ma tasse est vide.  Et je crois qu'on est arrivé au bout de la discussion, à moins de vouloir se perdre en considérations oiseuses. Combien qu'il coutait le chocolat déjà? Oui, non, parce qu'il est hors de question qu'on paie pour moi. D'abord parce que je suis fière d'être une grande fille, capable de me payer un chocolat chaud, et ensuite, parce que ça ferait jaser, non, si je laissais un garçon (et aux dernières nouvelles, mon frère est un garçon, de toutes façons) payer pour moi? Bon, ok, je connais personne ici. Mais même. Donc je sors de mon sac les billets et pièces du chocolat, tout en finissant le sujet à l'ordre du jour.

"Après, j'ai pas l'intention de... J'sais pas moi. Forcer les choses? Mais j'ai aucune idée de comment on construit une relation comme ça. J'ai cherché à la bibli, ils ont pas "comment créer une relation avec votre frère qui savait meme pas que vous existiez il y a 5 minutes", et les seuls bouquins où le sujet est vaguement évoqué, c'est les polars, ça donne pas envie..."


Oui, c'est encore et toujours du foutage de gueule et de la dérision. Mais je crois qu'il aura compris que c'est ma marque de fabrique...

"Du coup on essaie comme ça, et si ça va pas ben... t'as le Joker? L'oublie pas celui là."

Parce que y a des trucs que je veux pas qu'il sache, pas de suite, en tout cas. Et d'autres, je suis sure qu'il veut pas que je sache. Sauf que pour peu que je "découvre" des trucs, mieux vaut qu'il puisse me dire quand je m'aventure en eaux profondes...


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