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C'est pas comme ça que je voyais notre rencontre [PV Constantine Sofia]



C'est pas comme ça que je voyais notre rencontre [PV Constantine Sofia]

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(#) Sam 22 Sep - 14:56
J'étais sur Togi depuis 3, 4 mois, et je n'avais toujours pas réussi à me présenter à mon frère. C'était pas faute d'avoir tenté. Les 3 premières fois j'avais même pas osé entrer dans le funérarium pour me renseigner. Ensuite, j'avais été débordée par les cours et le travail, et j'avais eu du mal à prendre le rythme. Pendant près de 2 mois je rentrais chaque soir épuisée, et m'endormais quasi aussitôt la tête sur l'oreiller. Le mois dernier, j'avais refait une tentative, j'avais même eu le courage de demander à l'employé si "Constantine Meyer travaille bien ici s'il vous plait". Manque de bol il était en voyage à l'étranger. L'agent d'accueil m'avait proposé de lui laisser un message, et j'avais bredouillé que je repasserai avant de filer. J'aurais laissé quoi comme message? "Eh salut dis moi t'as jamais rêvé de ne pas être enfant unique?" Merdique non, comme idée...

Voilà pourquoi je me retrouvais à nouveau dans le parc du cimetière, déambulant en rassemblant mon courage pour retourner voir l'employé (j'espérais au passage que c'était pas le même que la dernière fois) lui demander, encore, pour mon frère. La ballade était agréable, avec cette luminosité particulière d'après orage, qui laissait le ciel "propre", et la température était agréable après la chaleur étouffante de la veille. Bon, le sol était encore détrempé, et le cimetière peu peuplé (déjà un cimetière y a pas forcément grand monde qui y va, hein) mais c'était plus sympa. Enfin, jusqu'à ce que le thème de "last of the mohican" se fasse entendre.

Je n'ai pas tellement l'habitude qu'on m'appelle. Je suis sur liste rouge, alors il n'y a que très peu de personnes à posséder mon numéro, principalement mon tuteur, mon travail, mon psy. Et les copains, parce que oui, j'en ai quand même quelques uns, surtout des copains de l’hôpital, mais eux ils appellent pas. Ils textotent. Tout ça pour dire que je me suis pas méfiée, et que j'ai pas regardé avant de répondre.

"Ah quand même tu daigne répondre à ta mère!"

Oh, merde. Depuis qu'elle a renoncé à ma tutelle, ma mère a empiré. Elle est hyper agressive et mauvaise. Et moi, tellement "conditionnée" à l'écouter, je ne sais pas me défendre contre ses accusations souvent à peine voilées (sans compter celles que mon hypersensibilité, biaisée par mon manque de confiance en moi me fait entendre dans ses propos). Elle m'a appelé deux fois depuis que je suis à Togi, pour me reprocher de pas l'avoir tenue au courant de mes projets, et me laisser entendre (ou alors c'est ce que j'ai entendu) qu'elle ne s'attendait pas à ce que je sois capable de me débrouiller seule. Et me dire (ça elle l'a dit) qu'elle ne m'aiderait pas financièrement si j'étais en difficultés. Et la deuxième pour me dire qu'elle avait déclaré, sur sa déclaration d’impôts qu'elle me versait 5000 euros/an, et que je devais faire de même pour qu'elle aie une réduction... Ce à quoi mon tuteur avait répondu "non mais ça va pas là dedans, de toutes façon, ta déclaration d’impôts c'est moi qui la remplit, et c'est hors de question de tricher!", et ma mère avait gueulé un moment. Mais pas sur moi, ce qui m'avait lâchement soulagé. Bon, du coup retour au présent, j'étais tellement en "bug" de me faire appeler comme ça, que je répondais pas plus élaboré que "mais. Quoi?" sans que ça ne gêne la daronne, d'ailleurs.

"Bon, passe moi ton père."

Alors là je suis pas sure de saisir. Qu'est-ce que mon géniteur vient faire dans cette histoire?! La dernière fois que j'en ai entendu parler, c'était par le biais de son refus de tutelle, et la dernière fois que je l'ai vu, j'avais encore couettes et dents de lait, alors pourquoi est-ce qu'elle me parlait comme s'il était à côté de moi?

"Mais de quoi tu parle?"

"Tu crois que je suis idiote?! Pourquoi il serait venu à Togi, sinon? Je sais pas comment tu as fait pour remettre le grappin dessus, mais tu pourrais au moins partager avec ta mère!"


Ok. Attends. Mon père est venu à Togi. C'est cool, j'étais pas au courant, mais en même temps, je cherche pas à lui "remettre le grappin dessus", et encore moins à lui soutirer des sous, contrairement à ma mère. Et puis j'aime pas ce que j'entends dans ses propos, elle a la même voix que quand on parle de ma manière de m'habiller, et j'ai l'impression d'un sous titre qui me dégoute. On parle quand même de mon géniteur là, oh! Pis c'est pas comme s'il avait une bien meilleure raison que moi de venir à Togi, genre son fils. Mais maman ne s’intéresse pas à Constantine. Pour elle et sa logique tordue (oui, j'ai fini par admettre que ma mère était tordue, et qu'elle avait du mal à concevoir que la réalité puisse être différente de ce qu'elle imagine) j'ai... si j'ai bien compris renoué avec mon père, pour lui soutirer des sous. Pas que j'en aurais pas besoin, mais je suis assez fière pour vouloir me les gagner moi même!

"Maman! C'est..."

Je poursuis même pas ma phrase. Pas seulement parce que ça me dégoute, mais parce qu'elle me coupe aussitôt.

"S'il a décidé de se souvenir qu'il a une fille, tant mieux pour lui, mais tu serais pas là si j'avais pas passé 15 heures à souffrir pour te mettre au monde!"


Bon, je suis soulagée que le mot en P... Que je craignais est pas été prononcé. Par contre les 15h de souffrance... La petite partie de mon cerveau qui réfléchit me signale un peu moqueuse que la dernière fois qu'elle m'a fait ce reproche, c'était 18h, et qu'au passage, elle était capable de la demander la péridurale non? C'est une tentative de reprendre pied, mais elle échoue lamentablement. Le reste de mon cerveau est trop occupé à s'affoler du ton accusateur. J'ai jamais été frappée (enfin, si, comme tout le monde, la claque sur le cul quand j'étais pas sage) mais j'ai quand même cette panique de décevoir ma maman. Mignon, non? Sauf que ça me démolit chaque fois un peu plus.

"Mais maman..."


Je crois que je pleure, debout dans l'allée du cimetière. En tout cas j'ai le même ton de voix que quand j'étais gosse.

"Oh, ne commence pas à geindre! Et si ton père veut faire l'autruche, rappelle lui qu'il pourrait être plus discret! Je fais quoi moi si les tabloïds viennent me traiter de mère d'une trainée?!"


Ah c'est pas le mot en P, mais c'est pas mieux... Je sais pas trop comment, je me retrouve téléphone éteint, à genoux par terre, les mains crispées sur le téléphone. Et j'essaie désespérément de reprendre ma respiration, avec une boule qui obstrue ma gorge, des pleurs qui veulent sortir et n'y arrivent pas. Oui, je sais, c'est une crise d'angoisse. J'ai des étoiles et des points noirs devant mes yeux, des larmes qui coulent, et je suis recroquevillée. Une petite partie de mon cerveau me souffle que ça pourrait être pire: aux yeux des gens, au pire j'aurais l'air d'être en deuil, vu que par coïncidence, je suis arrêtée devant une tombe... Et une autre me dit que c'est tant mieux que j'ai mis une jupe kaki qui s'arrête aux genoux, en théorie elle sera pas trop abimée par le gravier du chemin. Pas hyper confortable d'ailleurs...

Quelqu'un à côté. J'ai aucune idée de depuis quand iel est là. Ni depuis combien de temps JE suis là, d'ailleurs. Je crois qu'il me parle. Vu la circonstance, j'imagine que ça ressemble plus à un "ça va?" qu'à un "je voudrais un café crème"... Inspire... Non, décidément ça va pas... Par contre c'est comme si les vannes avaient cédés, et je me retrouve à pleurer pour de bon, à gros sanglots en secouant la tête pour répondre à la question posée.  Au moins maintenant que la boule s'est dissoute, je peux à nouveau respirer et les points noirs se sont dispersés. Assez pour que je reconnaissent la personne devant moi.

"Sofia?"

Oui, bon, ça ressemble plus à "Zovia" qu'autre chose, et la voix est un peu étranglée, mais bon, j'voudrais vous y voir, moi... Pis en plus j'suis pas belle quand je pleure... J'aurais besoin d'un mouchoir.
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(#) Dim 23 Sep - 9:26
ft. Sofia & Aumérine & Meyer
"Bah qu'est-ce qu'elle fiche là, elle ?"

C'est pas comme ça que je voyais notre rencontre

Au début de ma relation avec Meyer, quand je l'appelais encore "Master", quand, à mes yeux, j'étais sa chienne, quand je ne travaillais pas encore, j'allais très souvent au cimetière avec lui. Je l'accompagnai à son travail, je faisais juste des tours dans les allées, pour surveiller. J'aimais beaucoup, j'étais proche de Roy et puis je me sentais utile pour mon maître. Le cimetière était un endroit toujours calme, toujours paisible et reposant. C'était un endroit que j'adorais. En plus, je ne souvenais encore de ma rencontre avec un drôle de loup ici, il disait que j'étais la gardienne des morts. Trop la classe. Ca pouvait paraître un peu bizarre, mais quand j'y allais, j'imaginais toujours Meyer et du coup... Pour moi, cet endroit qui était censé être triste me rendait plus légère. Car, à l'intérieur, je savais qu'il y avait cet homme. Il m'aidait à rester forte quand j'allais voir Roy car, dans mon cœur, je savais qu'il y avait cet homme. Depuis que je travaillais chez Yoshi, je n'avais plus trop le temps d'y aller. Là, justement, en rentrant du travail, à la maison, je m’aperçus que Meyer, lui, n'étais toujours pas de retour. Il devait avoir des horaires bizarre, aujourd'hui, genre l'après midi. C'était comme l'autre jour où il était rentré très tard, enfin pas trop tard. Les aiguilles étaient en bas à gauche, quand il fallait manger. Bref, du coup j'allais me changer, j'allais enfiler la robe noire qu'il m'avait offerte, il allait être content si'l me voyait la porter. Comme il venait de pleuvoir et que dehors il faisait un peu plus frais, je pouvais mettre ma longue cape noire, comme ça je pouvais aussi dissimuler mon Katana en dessous.

Je sortis de l'appartement en prenant soin de bien refermer derrière et je me mis en route. Forcément, je croisai le voisin. Il m'espionnait encore pour savoir si j'étais seule à la maison pour venir me voir ? Ce gros dégueulasse, il était tout moche en plus et il avait un corps tout bizarre. Il me faisait penser à une machine à laver. Il était tout carré comme un cube et un gros ventre tout rond comme la vitre de la machine. Je le fixai un instant, pour voir ce qu'il me voulait. Mais comme il restait juste planté là, je lui offris donc mon plus carnassier des sourires, faisant doucement tinter mes griffes entre elles. C'était trop rigolo de lui faire peur, je pouvais lire sur son visage grossier qu'il ne se sentait plus trop à l'aise, du coup. Il recula pour me laisser passer. Les talons bas de mes cuissardes claquaient sur les marches. Le son résonnait dans le couloir tandis que mes griffes glissaient sur la rampe en métal. Il devait bien se chier dessus, le gros ! Je pinçai mes lèvres pour retenir un rire en voyant sa tête. Mais d'un coté, j'étais un peu triste pour lui. Peut être qu'il se sentait juste très seul et qu'il voulait un peu de compagnie. Une fois dehors, je regardai le ciel. J'aimais beaucoup voir le monde comme ça, juste après la pluie, ça donnait une ambiance particulière. C'était lumineux, mais un peu gris aussi et ça sentait bon la pluie sur le bitume. Je me mis en retour vers le cimetière.

Il ne me fallut que vingt minutes de marche, nous ne vivions pas très loin. Mais Comme Meyer était un gros flemmard, il prenait toujours sa voiture pour y aller. Je passai le portail métallique, le sol était tout mouillé et je pouvais encore entendre les gouttes tomber des feuilles dans les arbres. Un peu de vent qui sifflait dans la végétation, qui s'infiltrait entre les briques du mur et des fenêtres d'une chapelle funéraire. Le chant des corbeaux. Et, surtout, pas d'humain. Je ne vis pas Meyer, du coup j'en profitai, avant d'aller le chercher, pour aller voir Roy. Je voulais aller lui dire bonjour et lui dire aussi que j'étais heureuse maintenant. Même s'il devait le savoir, je lui disais tout le temps quand je venais ici. Je savais où était sa tombe, à force, je connaissais le chemin par cœur. Parce que bon, c'était le bordel dans un cimetière pour se repérer, hein... En m'approchant, au loin, je vis la silhouette d'une femme à genoux, devant sa tombe justement. Bizarre c'était la première fois que je voyais quelqu'un d'autre que moi venir le voir. Curieuse, je m'approchai plus rapidement pour voir qui c'était. M'arrêtant à quelques pas, je reconnus la Française. Ah... son nom, c'était quoi encore... ? ... Aubergine ?  


"Sofia?" demanda-t-elle, comme pour savoir ce que je faisais là.

Hé...oui, c'était moi. Et d'ailleurs, c'était surtout à moi de demander ce qu'elle fichait là, à pleurer devant la tombe de Roy.


"Tu connais Roy toi ?"

Comme je le faisais toujours, je grimpai sur la tombe pour m'asseoir à califourchon avant de m'approcher de la photo. C'était une très belle photo de lui, très grande, accrochée au milieu de la pierre tombale. Je déposai un doux baisé sur les lèvres de celle-cil avant de susurrer un "bonjour". Aujourd’hui encore, après un an... Je lui restai fidèle. Après un an, même sous la terre, il était mon maître et ça, rien n'allait pouvoir le changer. C'était notre relation à lui et à moi, rien à nous deux. Je me tournai doucement vers la jeune fille derrière moi, la pauvre, elle pleurait beaucoup. Je ne voulais pas la voir triste parce qu'elle était toute gentille et puis c'était pas très joli de voir quelqu'un pleurer. Sauf quand c'était pour montrer qu'il était très heureux, là c'était différent.

"Viens, tu peux grimper aussi, si tu veux. Roy il aimait beaucoup les jolies filles et toi t'es trop belle. Il sera content si tu viens."

Je glissai mon cul sur la pierre pour m'approcher d'elle et lui saisir la manche pour la tirer doucement vers moi. Au moins elle n'était plus à genou sur les graviers, ça devait faire mal. Je m'installai en tailleur en regardant Aubergine. Je ne savais jamais quoi faire, moi, quand quelqu’un pleurait. Mais son nez coulait, c'était pas très propre. Je fouillai dans mes poches de ma cape pour voir si j'avais pas un truc pour l'aider. Il me restait des serviettes en papier qui venaient du restaurant. Bon, c'était mieux que rien. Je posai donc une serviette sur ses cuisses. Voilà.

"Pourquoi tu pleures madame ? Faut pas. Tu connais Roy alors ? Non ? Oui ? C'était mon maître avant. Maint'nant, comme j'sais qui'l est là, j'viens presque tout l'temps pour lui dire bonjour et lui raconter c'que j'fais dans ma vie."

Je détachai mon Katana de ma ceinture pour le poser à coté de moi. C'était plus confortable comme ça. Silencieuse, je regardai la blonde se moucher le nez. Honnêtement je ne pensais pas qu'elle connaissait Roy, du coup je me demandais bien ce qui la rendait aussi malheureuse. Elle avait son téléphone dans les mains, peut être que quelqu'un l'avait appelé pour la rendre triste. Je ne savais pas quoi faire d'autre pour essayer de la réconforter. Et puis de toute façon ça ne me regardait probablement pas. Je la connaissais à peine, elle venait parfois au restaurant, mais pas souvent, peux-être deux ou trois fois seulement depuis qu'elle était à Togi. On ne pouvait donc pas dire que j'étais proche d'elle. Je n'étais que sa serveuse et elle ma cliente. Sinon, là, c'était seulement une connaissance. Je gardai donc mes distances, même si en réalité j'étais tout proche d'elle. Mais je ne la touchai pas.  
 
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(#) Dim 23 Sep - 15:02
Premier jour d’automne. La météo avait déjà commencé à changer et l’air d’aujourd’hui demeurait plus frais. C’était beaucoup mieux pour travailler. J’en avais un peu marre de cette chaleur écrasante, même si je la préférais largement au froid de l’hiver. Comme il avait plu la veille, le cimetière était encore un peu humide. Une fine couche d’eau stagnait sur les tombes et les feuilles des arbres, et le dessous des graviers sentait le sable mouillé. Le ciel était encore nuageux. Vu que les journées raccourcissaient, il faisait déjà un peu sombre à seize heures quand je terminai mon travail. D’un pas traînant, je me rendis aux vestiaires pour prendre une bonne douche. En passant dans la salle de repos, je croisai la secrétaire qui me gratifia d’un petit sourire avenant. A mon retour, propre et changé, elle était toujours là, assise devant une tasse de thé.

- Tu en veux ? proposa-t-elle en désignant la boîte de sachets posée au milieu de la table.

Je haussai les épaules. Puisqu’elle proposait gentiment, je n’allais pas refuser. Je pris donc une tasse propre, un sachet au hasard et versai l’eau encore chaude qui se trouvait dans la bouilloire. Je fronçai les sourcils en observant cette dernière.


- C’est pas la même, remarquai-je.
- J’en ai acheté une nouvelle, l’autre ne fonctionnait plus très bien, répondit-elle. Et impossible de nettoyer le calcaire à l’intérieur.
- Même avec du vinaigre blanc ?


Elle fit non de la tête.

- Elle a fait son temps.

Sûrement. Ça avait peut-être l’air anodin mais le fait de parler ainsi de choses futiles avec d’autres personnes que Sofia me plaisait bien. Ça me faisait prendre conscience qu’au fil du temps, je devenais plus sociable, ne m’embarrassais plus – ou presque – de l’avis de Meyer ou de mon propre comportement envers autrui. En fait, j’apprenais à vivre. A trente ans, il était temps ! Enfin… chacun son rythme.

- Ah, au fait.

Je remuai le sucre que j’avais mis au fond de ma tasse, portai mon attention sur la secrétaire.

- Quand tu étais à Berlin, une jeune demoiselle est venue. Elle te demandait.

Je lui accordai un regard interrogateur et surpris.

- Sofia ?
- Non… C’était une étrangère. Je lui ai proposé de te transmettre un message mais elle a préféré s’en aller.


Une étrangère qui me connaissait… Je ne voyais pas du tout qui ça pouvait être.

- Elle est repassée ? demandai-je avant de boire quelques gorgées de thé.
- Non, ou alors je ne l’ai pas vue.

Ah. Je restai un moment pensif, essayant de me rappeler mes dernières rencontres. Il n’y en avait pas des masses. Abandonnant ma recherche, je préférai discuter d’autre chose avec mon interlocutrice qui, visiblement enthousiaste, voulait en savoir plus sur ma ville natale. Un bon quart d’heure plus tard, je terminai mon thé et lui souhaitai une bonne soirée. Ma sacoche sur l’épaule, je sortis du Centre Funéraire en direction du parking. Un dernier coup d’œil au cimetière et…

- Sofia ? fis-je à voix basse.

Je pensais qu’elle rentrerait directement à la maison après son travail. Je me dirigeai naturellement vers elle, au moment où l’orage se mit à gronder légèrement au loin. Ça sentait la pluie… Elle était assise sur la tombe de Roy, sûrement pour lui dire bonjour. En m’approchant, je vis qu’elle n’était pas seule. Une autre jeune femme se tenait là, assise à même le sol, en train de pleurer.


« C’est la p’tite française de l’autre fois chez Yoshi, dit Meyer étonné. Qu’est-ce qu’elle fout là ? »

Je n’en savais rien. Et tu ne voudrais pas retourner pioncer ? J’étais bien au calme.

« Ça va… J’fais rien de mal. »

Pas faux. Bref. Je les rejoignis, m’arrêtai près de Sofia pour la grattouiller un instant sous le menton. Puis je me tournai vers la blondinette. Comment s’appelait-elle déjà ?

« Euh… Aumérine j’crois. »

C’était ça. Un peu incertain, je m’accroupis devant elle et posai ma main sur son épaule.

- Eh… euh…

Je ne savais pas quoi dire.

- J’peux faire quelque chose ?

Je ne savais pas ce que je pouvais lui apporter comme réconfort mais au moins, j’avais poliment proposé.
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(#) Mar 25 Sep - 21:50
J'ai l'air fine tiens. J'y vois pas grand chose, et entendre, j'en parle pas. J'essaie hein, de mettre des images sur les sons que j'entends, mais mes pensées s'emmêlent, et brouillent tout.

*Est-ce que je connais qui? Elle est méchante! Respire, tu sais bien qu'elle est toujours comme ça. "Aucune mère ne rejetterai son enfant", hein? Si je choppe le scénariste de Tales of Berseria j'lui fout la tête dans l'eau glacée... Hein, quoi, m'asseoir sur la tombe? J'sais qu'elle est méchante et égocentrique, mais ça fait mal quand même! C'est pas hyper poli! Et puis d'abord, pourquoi j'voudrais voir mon père?! En même temps par terre t'es pas confort et t'as l'air con. J'en parlerai au doc ce soir. Faut juste tenir jusque là..."T'es trop belle". C'est quand même plus gentil que t'es une traînée...*

Une autre voix. Par contre lui je le vois pas au travers de mes larmes. Et j'ai pas le temps d'essayer de me raccrocher à sa voix, ni à la main sur mon épaule, je me sens tirée en avant. Je me lève comme une marionnette, et vacille. Panique totale, blocage de la respiration, et chute de tension, du coup quand tu te relève ben tu tiens pas bien debout. Heureusement qu'il y a la main sur mon épaule pour me stabiliser. Honnêtement, je sais pas trop comment je me suis retrouvée sur la tombe, avec une serviette en papier sur les genoux.

Est-ce qu'il peut faire quelque chose? Euh... Mettre une claque à ma mère de ma part,  ce serait cool. Mais bon, on va pas exagérer. Déjà j'vais essayer de me calmer. Un rire étranglé me vient en entendant Sofia qui m'explique qu'il faut pas pleurer, et continue sur sa lancée. Franchement, j'm'en fous de Roy. Mais c'est des propos qui me permettent de me raccrocher un peu à la réalité. Et que j'accompagne d'un magnifique son de clairon digne d'un cartoon.

Il me faut quelques minutes pour reprendre une respiration normale, et des sanglots persistent dans ma voix quand j'essaie de répondre à Sofia.

"J'suis pas sure que ton roi il apprécie les veux tout rouges et le nez qui goule."


Non, c'est pas seulement l'effet de la morve au nez qui me fait confondre les mots... Mais j'ai besoin de plaisanter, même si c'est me tirer une balle dans le pied en me traitant moi même de mocheté, pour reprendre le fil, et me calmer.

"J'suis pardon de vous déranger. Je voulais pas perturber ta visite, Sofia, je sais même pas qui c'est qu'est là."

J'ai pas le temps de continuer de m'excuser et de commencer à repartir (j'vais quand même pas déballer ma vie devant des gens qui ont probablement d'autres chats fouetter), quand la sonnerie SMS de mon téléphone sonne. Sur l'écran, par dessus la photo de la vieille photo de mon frère en fond d'écran (celle que j'ai piqué à mon père, de son entrée au lycée, elle date pas mal mais il est trop classe dessus en plus, il a l'air super sérieux!) s'affichent les deux premères lignes du SMS, dont l'expéditeur n'est autre que "Maman Portable".

"Tu n'es qu'une salope, j'ai hon..."

Je suis contente que le SMS soit en français. Parce que là, les larmes remontent dare dare à mes yeux. Et que je recommence à pleurer sans pouvoir m'arreter.

"J'savais même pas qu'il venait, et elle... Elle est méchante..."

Oui, le mot est enfantin. Et pas seulement parce que j'ai jamais appris à dire "ma mère est une sale égoïste vénale et tellement tordue d'esprit qu'elle en vient à penser que les autres sont aussi salauds qu'elle..." en japonnais. J'arrive pas à en dire plus, et tant pis si je déballe mes problèmes et mes états d'âmes. Enfin, non, j'arrive pas à déballer plus, parce que j'arrive à peine à bredouiller. La crise précédentes date d'à peine 5 minutes j'ai pas vraiment eu le temps de reprendre mes esprits... Est-ce que c'est moi ou j'ai quelqu'un qui me patpat le dos? J'ai vraiment l'air misérable à ce point?!
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(#) Mer 26 Sep - 17:23
ft. Sofia & Aumérine & Meyer
"Mais elle a un problème, cette fille ?"

C'est pas comme ça que je voyais notre rencontre

Je me disais que si je lui parlais, que si je lui disais des trucs, bah elle allait oublier la raison du pourquoi elle était triste et du coup elle ne serait plus triste ! C'était parfaitement logique, non ? Ca me rappelait le jour où j'étais très très fâchée contre Meyer, à cause de ce gros con de Leiche. Il m'avait parlé des taiyaki et du coup je n'étais plus fâchée contre lui. Sauf que là... J'avais pas de taiyaki sur moi, alors je savais pas trop comment faire avec elle. J'aurais bien voulu lui donner un "pour boire" mais j'avais pas de boisson non plus... Elle avait juste son mouchoir là, posé sur les genoux. Pour le coup, c'était une situation drôlement compliqué, surtout qu'elle semblait vraiment bien triste, là. Je me demandais même si elle m'écoutait vraiment... J'entendis ensuite quelqu'un approcher. C'était Meyer qui venait vers nous. Mon cœur s'emballa aussitôt, comme un petit coup électrique mais qui faisait du bien. Ca me faisait ça à chaque fois que je le voyais pour la première fois dans la journée. J'étais tout simplement trop contente de le voir. Je voulus me lever pour aller me jeter dans ses bras et le serrer tout fort contre moi.... Mais là, y'avait Aubergine qui était toute malheureuse du coup ça serait un peu déplacé. Je restai donc assise, le laissant venir à nous. J'eus droit à une petite grattouille sous le menton. Bon... J'aurais au moins voulu un bisou... Peut être qu'il voulait pas car il y avait quelqu'un d'autre. Il s'accroupit devant la blonde et posa sa main sur son épaule.

"Eh… euh…"

...Il ne savait carrément pas quoi dire !

"J’peux faire quelque chose ?" Demanda-t-il ensuite.

Ah bah oui, j'aurais du commencer par là, moi aussi. Ca aurait été plus simple en fait plutôt que lui raconter des trucs dont elle s'en fichait probablement. Maintenant au moins je le savais. En regardant à nouveau la Française, je remarquai qu'elle riait un peu, mais c'était le genre de rire nerveux, j'avais surement dit une connerie encore. Bon, de toute façon j'étais un peu bête du coup ça m'étonnait pas trop, j'en disais souvent des conneries. Puis, après quelques secondes, - ou minutes, je savais pas - elle finit par se calmer un peu.


"J'suis pas sure que ton roi il apprécie les veux tout rouges et le nez qui goule." Annonça-t-elle enfin.

...Quoi ? Mais qu'est-ce qu'elle racontait ? Mon roi ? Elle parlait de Meyer ? Du coup je le regardai, l'air incertaine. Il n'avait rien d'un roi en plus, suffisait de voir sa tête. Enfin, c'était le roi de mon cœur en tout cas et ça, c'était déjà suffisant. Je regardai à nouveau Aubergine, m'approchant un peu d'elle pour poser un autre mouchoir propre sur ses genoux. Bon, fallait qu'elle arrête de pleurer maintenant, j'en avais plus beaucoup, des serviettes du restaurant, moi.


"J'suis pardon de vous déranger. Je voulais pas perturber ta visite, Sofia, je sais même pas qui c'est qu'est là."

Elle avait toujours autant de mal avec le japonais et j'avais du mal à la comprendre alors que c'était ma langue natale. J'imaginais pas comment Meyer devait galérer à mort là pour la comprendre lui aussi. Et en plus, je lui avais dit qui était là, sous la terre. Elle n'avait donc rien écouté. Bon... Son téléphone se mit à vibrer et à sonner. Elle le récupéra rapidement dans ses deux petites mains pour regarder l'écran. Curieuse comme tout, je me penchai "discrètement" au dessus de son épaule pour regarder. Il y avait la photo d'un ado en fond d'écran, il avait vraiment une tête de petit con. Le genre de gamin qui devait foutre la bordel et faire chier le monde entier Cependant, la blondinette se mit à pleurer à nouveau, très fort. Prise d'un sursaut, je me reculai vite pour ne pas qu'elle remarque que j'avais regardé par dessus son épaule. Je coulai ensuite un regard discret vers Meyer, affichant un air totalement perplexe, pour le coup. Même si c'était à travers mon bandeau, il me connaissait assez pour savoir.

"J'savais même pas qu'il venait, et elle... Elle est méchante..." Lança-t-elle de façon hasardeuse.

Qui, quoi ? De parlait-elle ? Meyer ? C'était de Meyer qu'elle parlait ? Comme là, c'était lui qui venait d'arriver. Je le regardai à nouveau, sceptique. Il lui avait fait quelque chose, à cette pauvre fille ? Hé mais.... C'était qui le "elle" alors !? Moi ? Pourquoi ? J'étais même pas méchante ! J'avais rien fait pour une fois ! Je devais probablement me gourer encore, elle devait surement parler de quelqu'un d'autre... Du coup, je m'approchai d'elle un peu, encore, pour lui tapoter dans le dos. Dans mon dessin animé que je regardais, les personnages faisaient ça quand quelqu’un était triste, et après, ils disaient un truc du genre...


"Là. Là. Ca va aller." Dis-je de façon totalement monocorde.

Je regardai à nouveau Meyer pour savoir si lui avait une meilleure idée... Au secours, Schatzi ?

 
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(#) Mer 26 Sep - 19:21
Sanglotante, elle ne dit rien et se mit debout. Elle tituba un instant, je gardai ma main sur son épaule pour m’assurer qu’elle n’allait pas chuter. Elle tint l’équilibre, en profita pour se moucher bruyamment. Elle bredouilla ensuite quelque chose à l’attention de Sofia, mais je ne compris pas un mot à cause de son japonais bancal et sa voix tremblante. Elle s’excusa ensuite d’avoir importuné Sofia, et commença à s’en aller. Cependant, elle fut interrompue par une sonnerie, celle de son téléphone. Elle s’arrêta pour le consulter. J’échangeai un regard perplexe avec ma compagne. Aumérine se remit soudain à pleurer.

- J'savais même pas qu'il venait, et elle… elle est méchante…

J’ignorais totalement de qui elle parlait. Mais ce n’étaient certainement pas mes affaires. Avenante, ou simplement pour ne pas paraître irrespectueuse, Sofia descendit de la tombe de Roy et alla tapoter doucement la blondinette dans le dos.

- Là, là… Ça va aller, dit-elle sans aucune émotion dans la voix.

Si je ne la connaissais pas, j’aurais pensé que Sofia n’avait aucun cœur, vu sa façon de faire. Mais elle était comme ça avec les autres. Avec Yoshikazu ou moi-même, elle était plus vivante, plus expressive. Enfin… ça dépendant des moments. A tout cas, là, je ne savais pas vraiment quoi faire. Un peu perdue, Sofia se tourna vers moi, l’air de chercher un quelconque secours de ma part. J'observai les alentours. Les employés de bureau du Centre Funéraire s’en allaient uns par uns. Il ne devait plus y avoir personne. Sans grande certitude, je m’approchai à nouveau d’Aumérine et la pris doucement par le bras.


- J’crois que t’as besoin de te poser cinq minutes, dis-je en l’entraînant en direction du bâtiment.

Elle se laissa faire. Sofia murmura « au revoir » à Roy et nous suivit en silence. Quand nous atteignîmes la porte d’entrée, nous croisâmes la secrétaire qui s’apprêtait à fermer.


- Oh, je pensais que tu étais déjà parti, fit-elle surprise.

Elle regarda Sofia et Aumérine, me désigna cette dernière d’un discret signe de tête. Je lui accordai un regard interrogateur, avant de comprendre. C’était elle qui m’avait demandé lors de mon dernier voyage à Berlin. Attends mais… Comment savait-elle que je travaillais ici ? Je ne lui en avais pas parlé, et je ne m’étais même pas présenté…


- J’vais fermer, j’ai une clé, indiquai-je à la secrétaire.

Elle hocha la tête et s’en alla. Je fis entrer Sofia et Aumérine dans le hall, les emmenai en direction de la salle de repos. Je fis asseoir la blondinette sur le canapé, posai une boîte de mouchoir sur la table basse devant elle. J’étais curieux de savoir comment elle me connaissait si bien. Mais la décence me fit plutôt opter pour la patience. Elle était toujours en train de pleurer pour une raison inconnue. Elle tremblait et son visage avait perdu des couleurs. On aurait dit moi en pleine crise d’angoisse. Elle serrait son téléphone si fort dans sa main qu’elle allait finir par le casser. Je lui fis lâcher prise dessus et le déposai à côté de la boîte de mouchoirs.


- Essaye de te calmer, conseillai-je en français, pour être certain qu’elle comprendrait.

D’un regard, j’incitai Sofia à s’asseoir à côté d’elle. Je ne savais pas trop comment l’aider, sachant que personne ne m’avait jamais soutenu dans ces moments-là. J’allumai la machine à café, fis couler un chocolat chaud dans un gobelet et allai le poser devant Aumérine.
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(#) Jeu 27 Sep - 21:26
Je rêve pas, on me patpatpat le dos. J'ai jamais vu la série "The big bang Theory", mais j'ai l'impression d'être face à sheldon. C'est sur que par rapport à moi qui "parle" en calins, ça fait différent. Réflexe, du coup je la serre contre moi une seconde. Pas plus, parce que j'suis pas con au point de pas comprendre que si elle me traite comme ça, c'est qu'elle aime pas trop se faire enlacer par une nana en larmes. Mais en même temps, j'ai "besoin" de ce geste, de prendre où je peux un peu de force. Je la relache aussitôt, parce que je suis pas complètement idiote et que je la connais pas assez pour savoir si elle appréciera (et je crois pouvoir dire que non. Une intuiton, comme ça.)

A nouveau, on me prend par le bras, et on me guide quelque part. En soit, ces deux là ils seraient partis pour me kidnapper, ils y auraient pas de mal. Se poser cinq minutes... Franchement, j'aurais besoin de plein de trucs, 5 minutes, j'suis pas sure que ça suffise. J'ai une appli de méditation, avec un enregistrement "en cas de crise", mais ça me suffit rarement à m'apaiser dans les temps. D'un autre côté, j'ai deux personnes qui ont surement autre chose à faire que d'attendre que je sois assez remise, et qui n'avaient pas prévu de passer leur soirée à jouer les psys et les assistances sociales. Pendant qu'ils m'entrainent (enfin, entrainer, c'est un peu violent, comme mot) vers le centre funéraire, j'ai la petite partie analytique de mon cerveau qui se demande si ça arrive souvent ce genre de scène et si les éventuels témoins penseront que je suis sous le choc de la perte d'un être cher... Avant de conclure que des témoins, j'ai un peu choisit mon jour et mon heure pour éviter qu'l y en aie trop (pas envie d'être vue quand j'essaie de me présenter à mon frangin), et que de toutes façons, dans notre société "civilisée", ils se contenteront de tourner la tête et de fare genre qu'ils ont ren vu, puisqu'il y a déjà "quelqu'un" qui gère la situation...

Bon point, c'est que le trajet m'a permis de me reprendre un peu. Pas trop le choix: marcher et pleurer à gros sanglots, donc sans respirer, c'est pas jouable. Résultat, quand on arrive au bâtiment, j'ai essuyé le gros de mes larmes assez pour y voir à peu près où je met les pieds, du cligner des yeux comme une cinglée pour remettre au passage ma lentille qui s'est barrée dans le coin de l'oeil, et repris une respiration un peu plus calme, quoiqu'avec un ou deux sanglots qui restent. Pour autant, j'suis pâlichonne et pas assurée sur mes jambes. La serveuse est à coté, et je m'en veux de lui gacher sa visite à quelqu'un qu'elle aime assez pour s'asseoir sur sa tombe. Sa tombe, quoi! Mais je suis pas sure qu'elle aie compris le "je suis désolée" piteux et bas que je lui ai murmuré. Par contre, mince, le gars il a une clef... Il bosse au centre? Moi qui croyais qu'il accompagnait juste Sofia... Mince si ça se trouve il connait mon frère, et ce serait gênant que ce dernier l'apprenne par un collègue. Enfin, autant le dire, mon cerveau il fait pas vraiment ce raisonnement. C'est plutôt du "ah, il a la clef. J'vais pas lui parler de Constantine alors." Il a sauté du problème à la conclusion sans formuler le raisonnement.

D'autorité, je me retrouve assise dans un divan de salle de repos. Confortable, mais usé par les cenaines de culs qui s'y sont posés, et que la direction veut pas remplacer parce que "pas les sous pour ça, pas la peine." Je me laisse vaguement pas faire quand on me prend mon portable, parce que je veux pas qu'on voit le SMS insultant. Surtout lui, surtout elle, parce que je sais qu'ils parlent français. Et que ça fait plus que honte. Mais ilpose juste le téléphone à côté, et laisse Sofia s'asseoir à côté de moi. La pauvre, elle espérait surement autre chose, surtout qu'elle a pas l'air plus habituée à calmer des gens en état de choc. Tant mieux, hein. Encore que. J'me souvenais qu'elle avait eu un truc qui l'embettait. Et qu'on vient la chercher au travail. Combien de fois on m'a dit "fais attention en rentrant tard tu risque de te faire agresser!" Mais quelle connerie. C'est pas les inconnus le problème. Ca a jamais été les inconnus. Seulement ceux qui te connaissent. Parce que frapper est plus facile quand on connait les faiblesses de l'autre.

"Comment elle peut dire quelque chose d'aussi méchant...?"

C'est un peu à Sofia que je pose la question, même si je sais surement qu'elle a pas la réponse. Surtout que je ne formule pas vraiment la question en entier. Comment une FEMME peut-elle en traiter une autre, quelle qu'elle soit, de ce mot là? Que ce soit ma mère, qu'elle sache que je ne conceptualise même pas l'utilisation de mon corps comme un outil de charme, ou que je déteste mon père, c'est juste des... Comment il disait le juge? Des circonstances aggravantes. Surtout qu'en même temps que ce SMS, que ces propos au téléphone tout à l'heure, j'en entends d'autres. Les voix des filles de ma classe. Nan mais toi t'es une lèche botte. Tu l'as sucé pour qu'il te donne une bonne note! De ma mère. Non, mais t'as vu comment tu t'habille? Un sac de patates aurait plus de grâce! De mon père. Elle est pas finie, ta gosse, tu sais pas l'élever correctement? Autant de souvenirs qui s'élèvent autour de moi, m'empêchant de remonter comme un sims qu'on aurait enfermé dans une piscine après avoir mis des murs autour.

Alors quand j'entends sonner le téléphone, je le jette au loin.

"Laisse moi tranquille!"

Je capte qu'après avoir jeté le telephone à travers la pièce que c'est pas un nouveau SMS. Juste mon téléphone qui resonne pour me dire "eh, t'as eu un SMS il y a 5 minutes mais tu l'as pas ouvert, tu roupille?" Bon alors le téléphone il risque rien. C'est un vieux truc, protégé par une coque en silicone et un verre de protection. Au pire, je changerai le verre en question. Par contre du coup le téléphone il reste allumé écran vers le ciel, par terre à côté du gars (que j'ai loupé d'un poil) avec le SMS incriminant en bas de mon écran de veille. Et moi j'suis horrifiée à l'idée un que mon geste réflexe aurait pu le blesser. Ou pire, qu'il lise.

"Regardez pas!"

Mais quelle cruche... Quand on vous dit "ne pensez surtout pas à un crocodile", quelle est la première chose que vous faite, avant de réagir qu'on vous a dit de surtout pas faire ça? Ben oui, vous pensez à un crocodile...
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(#) Jeu 27 Sep - 22:55
ft. Sofia & Aumérine & Meyer
"Mais elle a un problème, cette fille ?"

C'est pas comme ça que je voyais notre rencontre

Heureusement, Meyer trouva rapidement une solution. Heureusement, oui ! Cette nana venait de me faire un câlin, ça devenait critique comme situation. Un câlin ! à moi !? Mais j'étais pas du tout la bonne personne pour faire un câlin ! Du coup, je restai parfaitement stoïque, droite comme un putain de piquet. Bah quoi ? Je n'allais certainement pas répondre à ce geste. Pire : Je voulais qu'elle me lâche, tout de suite. Ce qu'elle fit. C'était un micro-câlin, en gros. Bon, tant mieux. Mon compagnon s'approcha de nous pour prendre Aubergine par le bras.

"J’crois que t’as besoin de te poser cinq minutes"

Doucement, il entraîna la Française avec lui. Je me contentai de les suivre, du coup. Mais avant, je me tournai vers la tombe de Roy, allai embrasser sa photo puis je lui dis au revoir. Dommage, j'aurais bien voulu rester un peu plus pour lui parler un peu, mais j'étais certaine qu'il comprenait que je ne pouvais pas rester, cette fois. Avant de partir, je récupérai mon Katana que j'accrochai à ma ceinture. Quand nous arrivâmes à la porte d'entrée du hall, il y avait la secrétaire. Je la connaissais, un peu. Je l'avais déjà croisé quand je venais ici.

"Oh, je pensais que tu étais déjà parti" Demanda-t-elle, légèrement surprise.

Elle désigna ensuite la blonde à coté, discrètement. Bah quoi ? Elle n'avait jamais vu une femme pleurer ?


"J’vais fermer, j’ai une clé" Précisa Meyer.

La secrétaire hocha la tête puis s'en alla. Nous entrâmes dans le hall puis nous nous dirigeâmes vers la sale de repos. Il fit s'asseoir la Française sur le canapé avant de déposer une boite de mouchoirs devant elle. Cette dernière pleurait encore un peu, elle tremblait toujours... Elle allait crever ou quoi ? Bah, si c'était le cas, Meyer était là pour l'enterrer, nous étions au bon endroit en plus. Aubergine serra son téléphone très fort dans ses mains, du coup Meyer essaya de le lui prendre, mais elle résista mollement. Ah, elle voulait le garder, donc.

Essaye de te calmer Conseilla-t-il.

C'était en Français, mais j'arrivais très bien à comprendre. Puis il me regarda, comme pour m'inciter à m'asseoir à coté d'elle. Je m'installai à mon tour, donc, pendant que mon homme se dirigeait vers la machine à café. Bonne idée ça, j'avais drôlement envie de boire un chocolat chaud, en plus ça sentait trop bon. Mes yeux se mirent à briller quand il se tourna pour nous servir. Mais il y avait un léger souci. Il n'avait qu'un gobelet en main et il le posa face à la blondinette. Bon, pas grave, il allait probablement se tourner pour aller en chercher un pour moi, pas vrai ? ... J'attendis. J'attendis encore... Bon, pas de chocolat chaud de prévu pour moi, donc.


"Bah, et moi ? Et moiiii ?" Suppliai-je

"Comment elle peut dire quelque chose d'aussi méchant...?" Lança Aubergine.

...Bon, déjà j'en savais rien et puis je voulais aussi un chocolat chaud. Je devais répondre quoi, moi ? Je ne savais même pas de qui elle parlait. Du coup je pouvais pas répondre sinon j'allais encore dire une connerie. Je réfléchis un peu, pour savoir ce que je devais faire. Non, mais franchement... On était vraiment, Meyer et moi, deux grosses quiches, dans ce genre de situations... On était pas du tout les bonnes personnes pour tenter de rassurer quelqu'un. Ceci-dit, je notai qu'elle n'avait visiblement pas envie de boire son chocolat chaud puisqu'elle n'y prêtait même pas attention. J'allais attendre encore un peu pour voir si je pouvais le prendre à sa place. Quelques secondes plus tard, le téléphone se mit à sonner à nouveau.


"Laisse moi tranquille!" cria-t-elle.

Encore du Français, ça aussi je pouvais le comprendre. Je vis ensuite le téléphone voler à travers la pièce pour tomber aux pieds de Meyer. Bon, là, c'était sûr et certain : Je pouvais prendre le chocolat chaud. Du coup, je me penchai légèrement en avant, tendis la main, prête à récupérer le gobelet, jetant un coup d’œil discret vers la jeune femme à coté de moi, pour la regarder.


"Regardez pas!"

Ok ! Ok ! Je regardais pas. Je tournai vite la tête pour ne plus la regarder. Mais elle ne m'avait pas interdit de prendre le gobelet. Du coup, victoire : Le chocolat chaud était enfin à moi. J'en bus quelques gorgées.... C'était vraiment trop bon, j'adorais cette boisson. Plus loin, par terre, le téléphone semblait allumé et Meyer, lui, prêt à le récupérer.
 
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(#) Ven 28 Sep - 10:28
Elle n’était vraiment pas dans son assiette. Elle ne cessait de se demander à voix basse comment « Elle » pouvait dire quelque chose d’aussi méchant. Je regardai Sofia qui trépignait sur le canapé. Qu’est-ce qui lui arrivait ?

- Et moiiii ? fit-elle en désignant le chocolat chaud.

Ah… Je pensais qu’elle voudrait attendre d’être rentrée à la maison. Je retournai donc à la machine. Là, le téléphone d’Aumérine se remit à sonner.


- Laisse-moi tranquille ! hurla-t-elle en français.

Je me retournai, eus tout juste le temps de me décaler pour ne pas recevoir le téléphone dans la tronche.


« Bordel de merde ! Elle est cinglée ma parole ! » s’écria Meyer choqué.

Parce que toi non, peut-être ?


« C’est pas pareil. »

Heureusement que tout le monde était parti, sinon les employés se demanderaient ce qu’il se passait ici. Le cellulaire tomba à mes pieds. La coque en silicone l’avait bien protégé, il n’était même pas abîmé. Il fallait peut-être en mettre une sur le mien aussi, moi qui passais mon temps à le faire tomber par terre, surtout quand je travaillais… Je me penchai, le ramassai.

- Regardez pas ! supplia Aumérine.

Mais quelque chose sur l’écran avait attiré mon attention. Pas le message, je m’en fichais de ce qu’il disait. Non, c’était plutôt la photo de l’écran de veille. Elle représentait un adolescent aux cheveux châtain clair et aux yeux verts, l’air sérieux mais visiblement agacé de poser pour… une photo de classe.


« Une photo de classe ? »

Une photo de classe oui.

« Non mais j’ai entendu, crétin ! Qu’est-ce que t’en sais que c’est une photo de classe ? »

C’était moi.

« WAS ? »

Je regardai la photo, complètement abasourdi. Me trompais-je ? Non… je n’avais pas tant changé que ça depuis le lycée, à part la teinture des cheveux. Et peut-être ce regard complètement perdu et incertain. Et cette chemise blanche, je l’avais jetée à la fin de la journée parce qu’elle appartenait à mon père. Après ça, il s’était vengé en brûlant un de mes livres scolaire. Ma prof principale m’avait passé un sacré savon… Je lui avais pourtant raconté la vérité de A à Z. Mais avec un père influent, c’était peine perdue. En tout cas, si ce n’était pas moi sur ce fond d’écran, cet adolescent me ressemblait beaucoup trop. Perturbé, Je regardai Aumérine puis de nouveau le téléphone. Je devais en avoir le cœur net.

- Où est-ce que t’as eu ça ? demandai-je, toujours en français. J’veux dire… cette photo ?

Je lui tendis le téléphone.
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(#) Ven 28 Sep - 21:40
Je le vois qui regarde bien évidemment le téléphone... Et je baisse la tête, rouge de honte. Evidemment qu'il allait regarder, je lui ai dit de pas le faire. Et je sais que moi j'ai besoin que d'un coup d'oeil pour lire le message, sans même vouloir être curieuse. Du coup je me sens honteuse, remontant mes genoux contre ma poitrine (au passage c'est absolument pas confortable, parce que vu que je m'assure de ne pas laisser mes baskets en toile contre le canapé c'est pas propre) et cachant mon visage dedans. Je remarque à peine le manège de Sofia, mais en même temps, j'comprenais pas pourquoi elle disait "et moi?" Et en soit, j'lui aurait volontiers laissé le chocolat si j'avais compris qu'ele le voulait parce que bon, visiblement les deux ils suivent la théorie du big bang. Moi pas, mais Milou aime bien et il me raconte. Et je sais qu'il y a une histoire de chocolat. J'suis plus thé, l'amertume du thé éclaircit les idées. Bref, du coup si elle veut le chocolat, qu'elle se le siffle. Au passage, c'est presque mignon comme ça, assez différente de son rôle de serveuse.

Donc j'ai le nez dans mes genoux, entourés de mes bras (mes genoux hein, pas mon nez) quand il pose une question qui n'a rien à voir. La photo? Mais qu'est-ce qu'il s'en fout? Le regard encore un peu mouillé que je pose sur lui est clairement paumé. En quoi une photo volée à mon père l'intéresserai?

Je ne suis pas physionnomiste. Milou (17 ans, HPI confirmé depuis 5 ans, envoyé par ses parents pour "troubles du genre", et n'attendant que sa majorité pour se casser et entamer officiellemen sa transition) dit que c'est un effet secondaire de mon handicap. Que je vois les gens et les choses comme un "tout", et que je ne sais pas dissocier les détails, parce que mon cerveau va trop vite pour ça aussi. Par exemple, Sofia, alors même qu'elle est à côté de moi, je saurais pas dire plus que elle a les cheveux blancs et un bandeau sur les yeux. Dans ma mémoire, j'ai une photo d'elle étiqueté "Sofia". Et une autre identifiée "maitre de Sofia, quoique plus floue, parce que lui je le connais moins.

Tout ça pour dire que je ne comprends sincèrement pas la question. Parce que bien qu'ayant cette photo sur moi en permanence, je n'ai pas fait le lien entre ces traits adolescents et ceux de sa version adulte. Seulement, avec les deux sous le nez, je peux pas m'empêcher de constater qu'en effet, les yeux sont de la même couleur. Que le nez est semblable. Et peu à peu la compréhension se lit sur mon visage, et je cherche pas à la cacher.

"Constantine..."

C'est plus une affirmation qu'une question. Ou alors on peut dire que c'est une demande de confirmation du nom de ce type, qui ne me l'avait jamais donné avant ça... J'ai plus tellement d'énergie pour encaisser ce nouveau choc. Plus de larmes à pleurer, plus de forces pour m'exclamer. Juste une forme de lassitude. Je savais que ce serait pas facle, mais là... J'ai l'impression que tous mes plans foutent le camps. Et que bien sur, il va me rejeter violemment. Pas préparé à ça, et en même temps je peux pas lui mentir... Je ré-enfouis une seconde la tête dans mes genoux.

"C'est pas juste. Il y a 15 personnes dans ce centre. Pourquoi il faut que ça tombe justement sur toi...? Ca devait pas se passer comme ça..."


Là encore je suis pas très claire. Pourquoi, sur toutes les personnes que j'aurais pu rencontré, la seule qui voyait cette photo est justement celle qui devait pas? J'ai envie de re-pleurer, de me cacher, de crier... J'suis terrifiée. Seulement, je peux pas. Alors j'inspire. J'essaie de reprendre de la force et je remonte la tête.

"J'voulais te rencontrer dans les formes et me présenter un peu mieux mais..."

Je me lève, retient un vertige, et lui tend la main. J'ai un sourire grimace. Celui qu'on a quand on pleure et qu'on essaie de sourire. Celui qu'a Milou quand il assure à sa mère que oui, oui, il suit bien sa thérapie et que bien sur il a bien compris qu'il était une fille et pas un garçon. Celui qu'a Hannah quand elle jure que non, c'est elle qui est maladroite et qu'elle est vraiment tombée dans les escaliers. Celui qu'ont sans doutes certains veufs quand on leur demande s'ils s'en sortiront, et qu'ils disent oui, alors qu'ils sont en pièces, et qu'ils feront surement une TS dans la nuit. Ou une réussite d'ailleurs.

"Je suis Aumérine Lefèvre. Fille de Liliane Lefèvre..."

Une inspiration, et je reprends comme une plongeuse qui saute du grand plongeoir, celui des 20m, dans une eau glaciale.

"Et de Nicolaus Meyer. Ta demi soeur."


En même temps je lui avais pas dit, la première fois, quand je savais pas qui il était que je cherchais de la famille? Hmmm... Nan. J'crois pas. Parce qu'à ce moment, j'pensais avoir à faire à un parfait inconnu et qu'on raconte pas sa vie à un inconnu. J'sais même pas si je l'avais raconté à Sofia, au cours d'un de mes repas aux restaurants. La pauvre Sofia qui doit avoir l'impression de regarder une mauvaise série... Et que j'ai complètement oubliée, dans l'histoire.
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(#) Sam 29 Sep - 16:07
Les genoux ramenés vers elle et le visage enfoui dedans, elle le releva vers moi, l’air confus. Elle regarda longuement le téléphone. Puis elle m’observa, sembla comparer encore avec la photo.

- Constantine… souffla-t-elle.

Mon cœur fit un bond. OK là, c’était de plus en plus bizarre. A côté d’elle, je vis Sofia se tendre. Je la comprenais, personne ne m’appelait par mon prénom. Et là, une totale inconnue débarquait de nulle part avec une photo de moi ado en fond d’écran de téléphone.


- C'est pas juste, se lamenta Aumérine en cachant à nouveau son visage entre ses genoux. Il y a quinze personnes dans ce centre. Pourquoi il faut que ça tombe justement sur toi ? Ça devait pas se passer comme ça…

Hein ? De quoi parlait-elle au juste ? Elle me faisait flipper là.

« J’me rappelle pas de cette fille, dit Meyer qui réfléchissait. Tu l’as rencontrée en soirée ? Tu l’as invitée dans ton lit quand t’étais encore bourré, c’est ça ? »

Je n’en savais rien, bon sang ! Aumérine se redressa à nouveau, ses yeux humides plantés dans les miens.

- J'voulais te rencontrer dans les formes et me présenter un peu mieux mais…

Elle ne termina pas sa phrase, se mit debout face à moi. La table basse nous séparait. Elle me tendit une main tremblante, m’accorda un sourire proche de la grimace à cause du chagrin.

- Je suis Aumérine Lefèvre. Fille de Liliane Lefèvre.

Un silence. Oui, d’accord… Mais c’était qui cette Liliane ?

- Et de Nikolaus Meyer.

… PARDON ?

« DE QUOI ? »

Un coup de poing dans la figure m’aurait fait moins d’effet. Je devais avoir pâli car je ne me sentais pas très bien là. Fille de Nikolaus Meyer… Fille de Nikolaus Meyer, putain de merde ! Je savais que ce chien avait trompé ma mère à un moment, mais je ne pensais pas qu’il serait allé jusqu’à avoir un enfant dans son dos ! Ce n’était pas possible, je rêvais. Il y avait une caméra cachée quelque part…

- Ta demi sœur, ajouta Aumérine qui tendait toujours la main.

Au lieu de lui serrer, j’y mis le téléphone portable. J’ouvris la bouche, la refermai, l’ouvris de nouveau.


- E… excuse-moi… parvins-je enfin à dire. C’est… inattendu.

Je regardai Sofia. Elle avait l’air prête à se jeter sur Aumérine pour l’étriper. Je m’approchai d’elle, posai une main incertaine sur son épaule pour l’apaiser. Je reportai mon attention sur la blondinette, réfléchis. J’essayais de me rappeler ce que j’avais vu sur sa carte lorsque je la lui avait ramenée l’autre jour à l’arrêt de bus. Elle devait avoir dix-neuf ou vingt ans, quelque chose comme ça. Nous avions donc une bonne dizaine d’années d’écart. En gros, j’étais en dernière année de primaire, ou en première année de collège, lorsqu’Aumérine vit le jour.

« Y a pas trop de ressemblance, fit remarquer Meyer. A part le prénom pourri. »

En plus, j’y avais pensé le jour de notre rencontre. Qui aurait cru que le même type avait choisi nos prénoms ? En fouillant dans ma mémoire, je ne parvins pas à me rappeler de ce moment où mon père nous quitta, ma mère et moi, pour un voyage d’affaire ou que sais-je encore. Ce devait sûrement être ça : un voyage pour le travail. Enfin… qu’importait la raison, la jeune femme qui se tenait devant moi affirmait être ma demi sœur. Ça, c’était important ! Et ce qui l’était encore plus demeurait le fait qu’elle connaissait mon existence, alors que mon père ne m’avait jamais parlé d’elle.

- Écoute euh… commençai-je pas très sûr de moi.

Je me raclai la gorge, embarrassé.


- C’est plutôt choquant, comme nouvelle... Mais… C’est pas pour autant que j’vais te rejeter.

Je partais du principe qu’elle disait la vérité. Je ne voyais pas comment elle pouvais connaître Nikolaus, à part en étant de la famille. A moins que ce soit une ruse post mortem de sa part, je n’avais aucun différend avec Aumérine alors le mieux était encore de l’accepter. Une question me vint à l’esprit.

- Ta venue à Togi, c’est pour me retrouver ou je dois croire au fruit du hasard ?
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(#) Sam 29 Sep - 17:18
ft. Sofia & Aumérine & Meyer
"C'est quoi ce délire ? J'dois la buter ou pas, celle la ?"

C'est pas comme ça que je voyais notre rencontre

Je n'aimais pas du tout l'expression qui je lisais que le visage de Meyer lorsqu'il regarda le téléphone. Il semblait sous le choc, comme s'il venait de voir quelque chose de pas normal du tout. Buvant encore un peu de mon chocolat chaud, j'observai Aubergine en coin, de plus en plus méfiante. Il y avait trop de zones d'ombres dans cette situation et j'avais horreur de ça. Surtout si ça mettait Meyer dans cette état. Lentement, il s'approcha avec le téléphone en main.

"Où est-ce que t’as eu ça ? J’veux dire… cette photo ?"

Pour le coup, je ne compris pas tout, à par "Où" "eu" et "Ca", puis il parlait de la "photo". Maintenant que j'y pensais, cette tête de petit con, elle ressemblait beaucoup à celle de Meyer. Merde, si c'était lui dessus, j'avais intérêt à ne pas lui dire qu'il avait une tête de sale gosse dessus, il allait se vexer. Non, la question qu'il fallait se poser, maintenant, c'était pourquoi cette nana se trimbalait avec une photo de mon mec sur son téléphone. J'allais la buter, c'était dans son intérêt de pas tourner autour de lui sinon j'allais lui couper les jambes, ça lui fera... Des belles jambes. Bref, La française semblait dans tous ses états, maintenant, comme si elle devait avouer un truc difficile à dire. Je connaissais parfaitement cette expression, sur le visage, c'était comme le soir de noël où j'avais avoué à Meyer être une humaine. Alors quoi, c'était qui cette pute ?  

"Constantine… "souffla-t-elle.

Comment elle pouvait connaître son prénom ? Il en avait horreur et tout le monde devait l'appeler Meyer. Elle avait peut être remarqué la gourmette à mon poignet ? Je regardai rapidement, mais c'était impossible, elle était sous mon brassard. Je posai calmement mon gobelet de chocolat avant d'empoigner la garde de mon Katana. Meyer et moi étions impliqués dans bien trop d'histoire tordues, cette nana pouvait être n'importe qui, notamment une genre de tueuse à gage. Ou alors c'était juste une salope qui voulait se taper mon mec. Je me décalai légèrement, pour me préparer à la trancher, mais elle enfouit à nouveau sa tête dans ses genoux.


"C'est pas juste. Il y a 15 personnes dans ce centre. Pourquoi il faut que ça tombe justement sur toi...? Ca devait pas se passer comme ça..."

Qu'est-ce qu'elle voulait dire par là ? Je comprenais seulement la moitié de sa phrase, je n'aimais pas ça du tout. Ca me rendait de plus en plus nerveuse. "Que ça tombe" ... "Sur toi" .. "passer comme ça". De quoi ? De quoi !?

"J'voulais te rencontrer dans les formes et me présenter un peu mieux mais..."

Putain de bordel de merde ! J'étais là, moi aussi, c'était très agaçant de ne presque rien comprendre à ce qu'ils se disaient, comme si je n'étais pas là ! "Rencontrer" "me présenter" ... Le reste c'était du putain de chinois pour moi. Elle se leva. Je fis de même, toujours en position de combat. Mes yeux scannaient littéralement le moindre de ses faits et gestes. Si on me traitait depuis toujours comme un clébard, c'était aussi pour ça. Une Chienne de garde et là ça me démangeait de plus en plus de lui broyer le bide.  

"Je suis Aumérine Lefèvre. Fille de Liliane Lefèvre..."

Qu'est-ce qu'on en avait à foutre ?

"Et de Nicolaus Meyer. Ta demi soeur."

Qu'est-ce qu'elle voulait ? Elle savait qu'on l'avais assassiné, alors elle venait se venger !? C'était ridicule ! Elle tenait à peine debout cette loque, alors quoi ? Y'avait d'autres types dehors ? On venait de se faire piéger ? Je serrai de plus en plus les crocs, un filet de bave coulant le long de mon menton. Un seul ordre de la part de Meyer et la vie de cette nana allait s'éteindre. C'était vraiment une situation de merde, tellement que je ne pouvais retenir des grognements de menaces, pour faire comprendre à Aumérine, puisque c'était ça son prénom et pas Aubergine, de faire très attention avec Meyer. D'ailleurs, se dernier s'approcha encore et tendit la main vers celle de la française. Il y déposa le téléphone dedans.

"E… excuse-moi. C’est… inattendu."

Il s'approcha ensuite de moi, l'air calme et posa sa main sur son épaule, comme pour me dire de me calmer moi aussi. J'avais pourtant toutes les raisons pour penser que quelqu'un venait nous réclamer des comptes au sujet de l'assassinat de Nikolaus. Il devait le comprendre, ça, non ?

"Écoute euh… "commença-t-il, incertain. "C’est plutôt choquant, comme nouvelle... Mais… C’est pas pour autant que j’vais te rejeter."

Encore une fois, j'écoutai sans presque rien comprendre. Cette fois, la phrase était trop compliquée pour moi, il y avait trop de mots que je ne connaissais pas pour l'assembler et la comprendre dans l'ensemble.

"Ta venue à Togi, c’est pour me retrouver ou je dois croire au fruit du hasard ?"

Donc elle serait venu à Togi pour le retrouver ? Je comprenais pas pourquoi, juste parce qu'ils partageaient le même sang d'un taré qui était maintenant mort ? Je fronçai ensuite les sourcils en fixant Aumérine. Elle avait aussi une autre Aumérine "Leiche" dans sa tête, elle ? Bref, je devais simplement rester silencieuse, moi, ne rien dire et simplement attendre les ordres de Meyer. Même si je ne comprenais pas tout, Aumérine ne semblait pas être une menace pour nous. Mais, dans le doute, je préférai quand même m'éloigner un peu pour aller vérifier dehors, rapidement. Rien aux fenêtres, la porte était toujours accessible et tout semblait calme à l'extérieur. Je revins rapidement, plus sereine Enfin.... "sereine" ... Restait encore le souci de Nikolaus. Même mort ce crétin faisait chier. Que faire si Aumérine apprenait que c'était moi qui avait tué son père ?
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(#) Sam 29 Sep - 19:03
Bon, alors, le fait que Constantine devienne tout blanc, et me regarde avec des yeux de lapin mixomatique (j'suis pas tout à fait sure de l'expression ceci dit, j'la tenterai pas au scrabble), ça, c'était... J'irai pas dire "prévu" mais au moins "prévisible". Au passage, j'aurai ptet du lui suggérer de s'asseoir. Par contre, la Sofia, sur le côté qui tenait son katana et grondait comme un chien enragé... Mais merde j'lui avait rien fait et elle faisait peur! Enfin, vu comment elle était blanche elle aussi... J'commençais par avoir vraiment la trouille. Je suis "innocente". Je n'imagine pas qu'on puisse me vouloir du mal, à moi, inoffensive et incapable de frapper quelqu'un. Oui, bon, ok, le gars en PACES, mais c'était un accident! Donc la violence et moi ça faisait clairement 2. Pour ça que sitôt mon téléphone dans ma main, et déçue, bien que comprenant que mon frère était sous le choc et donc pas en état de faire mieux, je m'écartait lentement de Sofia, mon téléphone contre la poitrine en une maigre protection.

"E… excuse-moi. C’est… inattendu."

Non, sans blagues... Je savais que vu comment était mon paternel il allait pas souffler mot de moi à sa "vraie" famille. Et en même temps j'étais profondément déçue qu'il ne sache pas juste qu'il avait une petite soeur. Comment elle disait l'auteur de mon dernier roman? "L'espoir à un gout doux amer". J'en goutais l'amertume. Le fait qu'il semble vouloir empêcher sa "charmante" esclave de me découper en rondelle (au passage quelle idée de rester avec eux dans un bâtiment désert?!) ne me rassure pas totalement.

J'suis sous le choc, mais je vais pas te rejeter. Par contre si tu as un accident hein euh... Quoi je reformule un peu trop?! Elle a l'air de vouloir me bouffer toute crue! et c'est pas avec mon téléphone que je vais l'en empêcher... Bref, non, j'y crois pas au "je vais pas te rejeter". Parce que là il est sous le choc, et qu'il essaie de comprendre. Et que je le croirai plus quand il aura digéré tout ça...

Quand à la raison de ma venue à Togi... ben ouais, évidemment que c'est pour le retrouver, mais comment expliquer là aussi? Euh mais d'abord...

"Vous voulez pas qu'on s’assoit, par contre? Avant qu'un de nous fasse une hypo?"


hypotension, je parle, parce que là, moi je sais que j'en suis pas loin. Constantine va recevoir le plus gros choc (enfin non il l'a déjà reçu) et Sofia... Elle cherche quoi par la fenêtre, une caméra?! Ah et aussi j'suis revenue au japonnais. Je le maitrise suffisamment après 4 mois et maintenant que je ne pleure plus pour inclure Sofia (qui a l'air anormalement nerveuse et armé. Oui je fait une fixette dessus, surtout quand j'ai l'impression que c'est contre moi qu'elle dirigerai volontiers l'arme et qua ça avait l'air super coupant!) Bon et puis moi je m’assoies, avant de me sentir mal... Mais euh sur le bord du canapée et prête à déguerpir si elle me saute dessus. Enfin, non. A essayer de déguerpir, vu que j'ai pas des réflexes de malade...

"J'essayais de te rencontrer. Mais c'est pas comme si je pouvais le dire de suite à un total inconnu, non?"

Non, ça appelle pas de réponse. J'ai juste un haussement d'épaule. Je crois que cette rencontre, j'l'ai joué douze mille fois dans ma tête. Ca passait mieux. Mais bon, ces répétitions me permettent d'avoir une formulation que je trouve pas trop mal...

"J'voulais savoir à quoi tu ressemblais. Ma mère a passé toute ma vie à me dire que je devais être "mieux" que toi, et quand j'ai échoué, m'a... mis à la porte, le paternel... "J'ai refusé de reconnaitre cette enfant à la naissance, c'est pas pour gérer une adolescente attardée et inadaptée..." J'voulais savoir à quoi ressemblais le dernier membre de ma famille avant de tout envoyer bouler et de refaire ma vie sur d'autres piliers... Un peu pathétique, hein, surtout quand on sait que ça fait 4 mois et que j'arrivais pas à trouver le courage de te trouver."

Oui, je suis lucide. Oui, je suis pathétique de me raccrocher à des chimères de conte de fée, et de projeter sur ce pauvre gars encore sous le choc le poids de mes espoirs de gamine. La douleur est perceptible dans mes mots, surtout quand je cite quasi mot pour mot la lettre remise au juge pour refuser ma tutelle, et si mon débit est lent, c'est plus pour garder le contrôle ou ce qu'il m'en reste que pour m'assurer que Sofia comprenne cette citation. J'ai encore envie de me rouler en boule, mais j'ose pas. Et mentionner mes parents me fait revenir à la situation présente.

"Et là, ma mère me traite de... de... salope parce que... Parce que je vis ici et que mon père est venu?! Genre y a que moi qui vit ici ou quoi?! J'savais même pas qu'il venait, j'ai autre chose à foutre que de m'en soucier!"


Je crois que je recommence à pleurer. Mais cette fois, c'est plutôt de rage, avec les larmes brulantes.
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(#) Dim 30 Sep - 12:12
Surveillant Sofia du coin de l’œil d’un air craintif, Aumérine proposa d’abord de nous asseoir. C’était une très bonne idée ça. Avec ce qu’elle venait de m’apprendre, j’avais un peu du mal à tenir debout. Alors je tirai une chaise derrière moi et m’assis face au canapé. La jeune femme m’imita, l’air de vouloir s’enfuir à tout moment de peur de se faire croquer par ma compagne.

- J’essayais de te rencontrer, répondit-elle.

Pour le confort de Sofia, elle s’était remise à parler japonais.


- Mais c’est pas comme si je pouvais le dire de suite à un total inconnu, non ?

Je hochai la tête, compréhensif, et elle haussa les épaules.

- J'voulais savoir à quoi tu ressemblais, reprit-elle. Ma mère a passé toute ma vie à me dire que je devais être « mieux » que toi…

« Sympathique sa mère ! »
fit Meyer hilare.

En même temps, si Nikolaus lui avait parlé de moi et de mes problèmes mentaux, cette Liliane devait vraiment redouter que sa fille soit pareille.


- … et quand j'ai échoué, m'a... mise à la porte. Le paternel…

Aumérine prit un air sévère pour imiter mon père.

- J'ai refusé de reconnaître cette enfant à la naissance, brailla-t-elle en français. C'est pas pour gérer une adolescente attardée et inadaptée…

Tout à fait Nikolaus. Cet espèce de fumier. Mais attends… Elle disait avoir échoué face aux espoirs de sa mère et, apparemment, mon… notre père la qualifiait d’attardée. Si elle possédait une carte d’handicapée, cela voulait-il dire qu’elle était sujette aux mêmes problèmes mentaux que moi ?

« Eh ben, on peut dire que Niko a fait fort ! Deux enfants et deux débiles mentaux ! »

- Schnauze…
soufflai-je à voix basse.
- J'voulais savoir à quoi ressemblais le dernier membre de ma famille avant de tout envoyer bouler et de refaire ma vie sur d'autres piliers... se justifia mon interlocutrice. Un peu pathétique, hein, surtout quand on sait que ça fait quatre mois et que j'arrivais pas à trouver le courage de te trouver.

Ce n’était pas pathétique et je comprenais qu’elle ait eu peur de m’approcher. Ce n’était pas évident d’annoncer à un inconnu qu’ils avaient le même crétin de père.

- Et là, ma mère me traite de... de…

Elle lança le mot « salope » en français. C’était donc pour ça qu’elle pleurait depuis tout à l’heure.

- Parce que je vis ici et que mon père est venu ? Genre y a que moi qui vis ici ou quoi ? J'savais même pas qu'il venait, j'ai autre chose à foutre que de m'en soucier !

Des larmes se remirent à couler le long de ses joues. Ce qui me paraissait inquiétant n’était pas forcément la façon dont sa mère la traitait – étant donné que plus rien ne m’étonnait dans cette famille de fous. Non, c’était plutôt le fait qu’elle sache pour la présence de Nikolaus ici. Peut-être parlait-elle de sa première venue à Togi, je n’en savais rien. Comme il avait organisé son second voyage à la va vite dans l’objectif de se procurer un hybride qu’il n’aurait jamais eu, je me disais que peu de monde devait savoir. En tout cas, si Aumérine souhaitait le rencontrer – mais je trouvais ça bizarre vu qu’il l’avait insultée – c’était trop tard. Je réfléchis.

- J’veux pas me mêler de c’qui s’passe entre ta mère et toi, finis-je par dire au bout d’un moment. Sauf si tu veux vraiment en parler.

Après tout, elle semblait en avoir gros sur le cœur et, maintenant que Meyer me laissait un peu plus tranquille, je pouvais me préoccuper d’autrui sans qu’il y mette son grain de sel. Ou presque.

- Tu dis que Nikolaus ne t’a pas reconnue à la naissance, déclarai-je. Mais il avait l’air d’être quand même présent. J’me rappelle que, pendant une période, il était pas souvent là et j’pensais que c’était pour le boulot ou… justement, traîner sous d’autres jupes que celle de ma mère.

Mes derniers mots furent prononcés avec tant d’amertume que je me surpris moi-même. Depuis que je savais ce que Wilhelmina avait subi à cause de Nikolaus, j’avais de plus en plus de mal à pardonner ses actes à mon père.

- Donc tu l’as quand même connu ? m’enquis-je incertain.

Je voulais en être sûr. Si mon père s’était comporté de la même manière envers Aumérine qu’envers moi, je comprenais qu’elle aussi n’ait pas pu faire le nécessaire pour soigner sa maladie. Au delà de ça, sa mère pensait qu’elle « devait être mieux que moi ». Je supposais donc qu’elle s’était évertuée à ce que sa fille soit rapidement prise en charge. Moi, tout ce que j’avais eu, c’était des menaces d’internement en asile psychiatrique… Pas très efficace comme encouragements.
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(#) Dim 30 Sep - 17:20
J'essuie d'un geste rageur les larmes sur mes joues, avant de jeter un oeil sur la menace en katana... Qui doit bien se marrer quand à mes capacités de combattante, hein, parce qu'en soi, pendant que je répondais j'ai un peu complètement zappé le danger potentiel... Qui a pas l'air de s'intéresser à moi, ou en tout cas elle a pas de sous titres sous sa tronche "j'vais te bouffer toute crue"... D'un autre côté j'vois pas ses yeux, alors...

J'ai pas trop compris son commentaire... J'espère que c'est la mention de mon père qui le fait tiquer... D'un autre côté, il se souvenait peut-être de ma carte d'handicapé, ce qui était pas non plus un truc que j'aurais voulu qu'il sache... Coucou, non seulement je suis ta sœur mais en plus je suis handicapée mentale et j'ai un casier... Enfin, non, normalement, j'en ai plus vu que j'étais mineure au moment des faits. M'enfin, pour pas fiche la flippe c'est merdique.

J'veux pas me mêler de tes histoire... Trop tard frérot, j'viens de t'y entrainer. Mais il a raison, mes problèmes avec ma mère, c'est mes problèmes, et je hausse les épaule à sa proposition maladroite. On va le laisser s'habituer à l'idée le pauvre chou... Encore que... Elle voulait que j'lui passe mon père. J'sais très bien pourquoi... Pour essayer encore une fois de le menacer d'un scandale... Et il lui répondra je sais pas quoi ce qui la fera gueuler pendant des mois... Ouais pas con...

"A moins que tu ne connaisse un moyen de le joindre dont elle ne soit pas déjà... blacklistée..."

Je vois que pour lui aussi le sujet "paternel" est difficile. J'me souviens de ce que c'est, de savoir que contrairement aux autres gosses t'as pas de papa, parce que le type il a une autre famille, un autre gamin qui a peut-être droit, lui, aux bisous du soir, et aux promenades sur les épaules. J'avais même été jalouse à une époque. Et puis le psy était passé par là. Mais j'imagine que pour lui revoir les souvenirs d'absence de son père et avoir la confirmation que oui, c'était du temps passé avec une autre femme que sa mère, un autre gosse que le sien...

"Jusqu'à mon entrée en primaire. J'avais... 4-5 ans? Il passait voir ma mère, mangeait avec nous, ou l'emmenait manger dehors. Ca j'aimais bien, parce que ça voulait dire que j'avais droit à une pizza avec la baby-sitter, et à lire toute la nuit, parce qu'elle vérifiait pas que j'éteignais la lumière..."

J'ai soigneusement choisi le souvenir à évoquer. Oh, il s'occupait pas vraiment de moi. Je sais aujourd'hui qu'il ne voulait pas d'enfant (enfin, un seul lui suffisait), et mes rapports avec mon père étaient bizarres. Mais moi j'aimais quand il était là. Parce que Maman faisait un effort de cuisine, qu'elle faisait des fois de la foret noire et de la rottegrusse, était plus jolie, et parce que Nicolaus m'offrait souvent de nouveaux livres, que je m'empressais d'aller m'enfermer dans ma chambre pour lire. Et puis des vrais livres, hein, sans images! J'crois qu'il m'a offert la moitié de ma collection de "club des cinq" comme ça. Bon, aujourd'hui j'ai compris que ça s'appelait une manœuvre de diversion... Mais je me dit que même ces petits trucs, qui moi suffisaient à mon bonheur, ce serait du sel sur une plaie. Alors autant lui laisser comprendre qu'il a toujours été le seul enfant de son père, ce qui n'est pas vraiment faux.

"Après... Maman a essayé plein de fois de le joindre. Et de pas y arriver. Et moi j'ai essayé une fois pour lui demander si je pouvais quand même avoir un grand frère. J'avais 8-9 ans... J'ai reçu une réponse de son service... Durijique? J'ai découvert plein de mots ce jour là..."


Ouais, celui là de souvenir, j'aurai pu m'en passer, mais bon. J'ai compris qu'il lui en veux au paternel. Et j'préfère amplifier cette sensation que de lui donner envie de m'en vouloir à moi... Qui avait rien demandé non plus bordel et qui paie aussi pour les conneries des adultes. Et on s'étonne que je veuille rester une enfant? D'ailleurs y a un parrallèle qui se fait qui se lit peut-être même sur mon visage. Sofia aussi agit comme une enfant. Et si elle peut l'expliquer comme étant une hybride... Non, d'ailleurs, parce que des hybrides "adultes" j'en vois aussi. Est-ce qu'elle aussi elle reste coincée?
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Aout 2018
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(#) Dim 30 Sep - 19:55
Aumérine s’essuya les yeux, l’air agacé de pleurer autant devant nous. Puis elle expliqua qu’elle avait vécu, ou partiellement, en présence de Nikolaus jusqu’à l’âge de quatre ou cinq ans. Il passait voir sa mère et mangeait avec elles, ou il emmenait Liliane à l’extérieur en laissant Aumérine à une baby-sitter pas très réglo avec les horaires et le régime alimentaire d’une enfant aussi jeune.

- Après... Maman a essayé plein de fois de le joindre, poursuivit-elle.

Sans jamais y arriver apparemment.


- Et moi j'ai essayé une fois pour lui demander si je pouvais quand même avoir un grand frère. J'avais huit ou neuf ans... J'ai reçu une réponse de son service... Durijique ? J'ai découvert plein de mots ce jour là…

J’imaginais très bien la réaction de Nikolaus en sachant que sa fille non reconnue voulait le joindre… et encore plus face à la demande d’Aumérine à mon propos. Ce connard ne devait même pas avoir pris la peine de réfléchir une seule seconde et avait dû demander à quelqu’un d’autre de faire comprendre à Aumérine qu’il ne voulait toujours pas d’elle. Elle comme moi avions une très mauvaise opinion de notre père. Comment apprécier un type comme lui ? Ça relevait de l’impossible. Je me demandais comment ma mère en était tombée amoureuse… Elle me l’avait expliqué dans sa lettre : « Il n’a pas toujours été ainsi, tu sais. Quand nous nous sommes rencontrés, il était quelqu’un de très correct, respectueux, généreux, aimable... Il m’aimait et me comblait de cadeaux. C’était un beau parleur, très charmeur et il le savait. Seulement… il a souvent été rabaissé par sa hiérarchie quand il n’était pas encore grand patron, et c’est ce qui l’a rendu si rancunier, si mauvais. » Elle ne me demandait pas de le pardonner pour ça, et heureusement. Elle savait à quel point il avait été odieux avec moi et ce qu’elle aurait dû faire pour m’aider. « Je n’ai tout simplement pas pu. Malgré tout, je l’aimais et j’ai fait l’erreur de le choisir, lui, au lieu de te protéger toi. »
Je soupirai. Tout ça, c’était du passé mais cela faisait partie des facteurs de ma maladie aujourd’hui. D’ailleurs, j’ignorais toujours la façon dont je devais la qualifier. Pour moi, c’était un trouble de la personnalité, mais peut-être existait-il un terme plus scientifique… Bref, je n’allais pas réfléchir là-dessus maintenant, ce n’était ni l’endroit ni le moment. Je regardai Aumérine. Savait-elle vraiment que j’étais malade psychologiquement ou Nikolaus l’avait-il seulement laissé supposer ? C’était un peu bizarre de vouloir retrouver un frère complètement taré, non ? Je ne savais pas trop quoi lui dire. C’était soudain. Je voulais me renseigner sur beaucoup de choses sans savoir par où commencer. Enfin maintenant, elle était bien installée à Togi alors je supposais que nous aurions tout le temps de faire connaissance.
En tout cas, pour le moment, il fallait que je sois sûr à propos de la présence de notre père à Togi lors de son meurtre, et que je reste sur mes gardes. Je me raclai la gorge, prenant soin de bien choisir mes mots.


- Nikolaus est venu pour la première fois ici il y a à peu près six mois pour m’annoncer le décès de ma mère, déclarai-je. J’sais pas s’il est reparti entre temps mais on a été dans le même avion pour Berlin quelques jours après, quand je suis allé…

J’hésitai un instant.

- … récupérer l’héritage de ma mère.

Autant dire la vérité, il n’y avait rien d’illégal dans l’histoire… pour le moment.

- J’l’ai plus revu depuis.

Ça aussi, c’était vrai. Mais ce que je ne révèlerai pas, c’était que personne ne le reverrait plus jamais étant donné que j’avais moi-même organisé son meurtre.
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(#) Sam 6 Oct - 14:39
Je sais pas ce qu'il a mal prit dans ce que j'ai dit, mais il a ps l'air franchement heureux. Est-ce que c'est les mots ou le ton que j'ai employé? J'étais pas malheureuse, à l'époque je ne comprenais pas tout, et je voulais juste "faire plaisir à maman". Ou alors c'est au contraire que mon ton est trop léger, et qu'il prend pas super bien la preuve des inconstances de son père. En même temps moi aussi, j'le prendras mal si j'avais pas fait le deuil de toute relation possible, ni reconstruit une relation paternelle avec mon tute... Oh merde, j'l'avais oublié... Et vu que le frangin reprend la parole, j'oublie à nouveau.

Ah merde, le pauvre, il a perdu sa mère... J'ai vaguement des réminiscences de qualificatifs pas très flatteurs à son sujet, principalement de la mienne, de mère. Mais bon, d'un autre côté, elle aurait voulu être calife à la place du calife, comme Iznogood... Ca, c'était pas une bonne idée d'y penser parce que maintenant, j'ai une image de ma mère en veste rouge et chapeau vert et d'une vague version féminine de Constantine en turban rose et peignoir bleu à poids. Eurk. Reprends le fil reprends le fil... Donc ouais, il l'a vu vaguement à Togi... Comment ma mère a fait pour savoir qu'il y était? A première vue, c'est hyper personnel comme truc. Elle a quand même pas espionné ses mails? Quoique je dit ça mais j'ai essayé aussi à une époque.

Recentrer, recentrer... Visiblement le sujet est sensible et je sais pas si c'est à son père qu'il en veut (enfin, si ça j'ai compris qu'il y a baleine sous gravillon dans sa relation avec lui), ou si c'est qu'il a du mal à digérer la mort de sa mère, mais il hésite pas mal. Ou alors c'est qu'il parle de sous et que ça le gêne? On va peut-être éviter de lui répéter que ma mère veut que, en cas de décès du paternel, je fasse une demande de reconnaissance de paternité post mortem et que ce serait "justice". Déjà que quand elle m'en a parlé, juste après mon changement de tutelle, j'avais trouvé ça dégueulace (et je l'avais crié au psy pendant toute la séance suivante), mais franchement, je vois encore moins où serait la "justice", face à un frère qui a visiblement bien plus souffert du comportement de notre père... J'suis encore partie loin, non? Recentrer bordel!

"J'suis désolée pour ta mère."

Je le suis sincèrement. J'ai certes encore mes deux parents, même si ma relation avec eux est... Nulle, mais je sais qu'un deuil c'est pas facile. Encore plus quand on aime la personne et je n'ai pas besoin de sous titres pour comprendre que là c'est le cas. Est-ce que c'est pour ça que Sofia me tire la gueule? Parce que même si je pense qu'elle a comprit que non je n'avais définitivement pas le même intérêt qu'elle pour constantine (oui, bon, si, j'ai certainement un genre de complexe d'oedipe fantasmé, mais franchement, ça devrait disparaitre assez vite une fois que j'aurais eu la vérité en face et pas le frère idéal que j'ai dans la tête), elle me voit comme une "menace" pour un équilibre fragilisé par le deuil? Et ne venez pas me sortir le couplet du "mais nan c'est un homme il est fort et tout", un deuil ça fait mal et oui, les mecs sont plus fragiles que les femmes fassent à un choc psychologique. Parce que nous personne ne s'étonne si on pleure. Pour ça aussi que c'est plus facile pour moi de dissimuler mon handicap sous une "simple" immaturité affective. Parce que les gens, et surtout les garçons, ça les conforte dans leur rôle de "grands", de "protecteurs". Bref, c'est clair que j'aurais su, j'aurais essayé d'y mettre plus de tact (en même temps, c'est pas facile d'avouer un truc pareil avec tact), voire laissé s'écouler plus de temps. En même temps le "je suis désolé" est maladroit. Bon "Condoléances" est pas mieux de on point de vue, mais ça, c'est autre chose. J'ouve la bouche pour dire autre chose, essayer un compliment maladroit sur sa mère (non, je l'ai jamais vue en vrai. Mais elle aussi papa en avait une photo. Cachée derrière celle de Constantine) quand...

"Help! I need Somebody, Help! Not just anybody"

"Merde!"

Ca, c'est mon téléphone. La sonnerie personnalisée de mon tuteur. Un coup d'oeil à l'horloge... Ouais, j'vais me faire tuer. Je décroche, me lève d'un bond et m'écarte un peu, par pure courtoisie totalement inutile, puisque les deux autres entendent sans doutes sans peine mes réponses (à moins d'être sourds comme des pots). C'est bien Patrick, à qui je laisse même pas le temps de parler.

"Je suis désolée j'avais pas vu l'heure!"


Ben oui, certes, je suis plus tout à fait sous couvre feu, mais habituellement à cette heure, je suis chez moi, et je suis toujours tenue à un point quotidien avec mon tuteur. Ce qui pourrait sembler relou, mais moi j'aime beaucoup. Parce que au moins quand j’appelle pas, il m'appelle dans le 1/4 d'heure pour m'engueuler... Bon, non pour vérifier que tout va bien ET me faire un sermon... Ouais, mon tuteur il est génial.

"Bon sang, t'es pire que ma fille... On pourrait croire qu'en étant vissés à vos téléphones, vous penseriez à regarder l'horloge! Tu es où, tu vas bien?"

Je glousse devant le reproche. Parce que oui, il est brutasse, mais qu'il est difficile de ne pas entendre l'affection dans sa voix. Et que ses premières préoccupations, c'est de voir si tout va bien.

"J'suis avec mon frère. Je peux te rappeler plus tard? Il s'est passé pas mal de trucs..."

J'ai pas besoin d'en dire plus, je pense, il me connait assez pour deviner que là, c'est pas le moment.

"Très bien, mais j'attends ton appel dans une heure, chez toi. Et demande lui de te raccompagner!"

"C'est bon, la route est sure, et j'ai pas douze ans!"

Oui, non, franchement, là ça fout la honte... Déjà qu'il se souvient peut-être que je suis handicapée (et vu que j'ai pas l'air de l'être, c'est forcément pas physique), si en plus il découvre que j'ai un tuteur qui me traite à peu près comme sa file de 5 ans de moins que moi... J'serai grillée pour un moment. Patrick raccroche sur un "a dans une heure", me laissant remporter la manche. Bon, je sais que c'est que partie remise: je me ferais engueuler tout à l'heure, et il se laissera pas distraire par mon récit des propos de ma mère (qu'il engueulera quand même après...). Je reviens vers le petit couple, toujours contrite mais plus pour la même raison. Au passage, je me dit que l'avantage de cet appel, c'est que si Sofia envisageait de me tuer pour éviter que je n'alpague son mec (j'ai déjà dit que non, j'étais pas intéressée!), elle savait désormais que j'avais des gens qui attendaient de mes nouvelles régulières. nah. Faut bien qu'il y est des avantages à être considérée comme majeure protégée, et l'un d'eux c'est que j'étais protégée comme une enfant. Bon, d'un autre côté, si j'suis morte, ça me fera une belle jambe...

"Je suis désolée. Je vais devoir rentrer..."


Oui, bon, ça je crois qu'ils avaient compris seuls...
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Aout 2018
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(#) Mar 9 Oct - 22:19
Aumérine hocha la tête, l’air de se poser pas mal de questions. Ou alors, elle pensait à tout autre chose, je n’en savais rien du tout. Elle semblait absente parfois, comme moi lorsque je me disputais avec Meyer. Avait-elle également quelqu’un d’autre dans sa tête ?

- J'suis désolée pour ta mère, dit-elle au bout d’un petit moment.

Je haussai les épaules comme pour lui signifier qu’elle n’avait pas à être désolée, étant donné que je n’avais jamais entretenu de bonnes relations avec Wilhelmina. Mais ça, elle l’ignorait et je n’avais pas envie de m’étaler sur le sujet. Elle ouvrit la bouche, cherchant autre chose à dire. Cependant, elle fut interrompue par la sonnerie de son téléphone portable. Cette fois, c’était un appel. La demoiselle jura et, paniquée, décrocha en se levant du canapé.


- Je suis désolée, j’avais pas vu l’heure ! s’exclama-t-elle – en français – tout en s’éloignant de quelques pas.

Je portai mon attention sur Sofia. Après tout, je n’avais pas à écouter la conversation téléphonique d’Aumérine. Ça ne m’intéressait pas vraiment non plus. Toujours aussi tendue, ma compagne ne quittait pas la blondinette des yeux. Derrière son bandeau, je devinais son regard soupçonneux, voire agressif face à cette inconnue qui se disait être ma demi sœur. La dernière fois que je l’avais vue autant sur ses gardes, c’était lors de notre dernier passage à l’arène. Pour moi, Aumérine ne représentait aucun danger physique. Frêle comme elle était, je la voyais mal se battre. Enfin… à Togi, il y avait toujours moyen d’être surpris. Bref, pour essayer de calmer Sofia, je pris doucement sa main et ne la lâchai que lorsque notre interlocutrice en eut fini avec son appel.


- Je vais devoir rentrer... dit-elle l’air déçu.

En effet, il commençait à se faire tard. Sofia et moi devions encore passer à l’épicerie pour acheter de quoi faire à manger ce soir. Je proposai donc à Aumérine de la raccompagner à l’extérieur. Elle accepta, récupéra ses affaires et nous suivit jusqu’au hall d’entrée. Avant de sortir, j’allai vérifier que j’avais pointé mon heure de fin de travail. Une fois la porte d’entrée verrouillée, je me tournai vers Aumérine en fouillant dans la poche de mon pantalon. J’en sortis mon téléphone portable, lui proposai d’échanger nos numéros. Je comptais bien la revoir un jour pour discuter. D’abord, il me fallait le temps de digérer le fait que cette fille soit ma demi sœur. Ensuite, j’aviserais d’organiser une autre rencontre afin nous connaître un peu mieux. Car même si Sofia n’avait pas l’air de vouloir l’accepter, j’étais presque persuadé qu’Aumérine était là parce qu’elle souhaitait réellement me connaître, et pas parce qu’elle me voulait du mal. Je devais quand même rester prudent, nous n’étions pas à l’abri d’une autre manigance de mon père, même mort.

[FIN]
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