Bienvenue à Togi! Cette merveilleuse île qui propose toutes sortes d'hybrides à la vente. Serez-vous le maître ou l'esclave? NC-18
 

Quand l'fossoyeur va s'prendre une petite bière...(en Pause)

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(#) Ven 31 Mar - 23:02
21h10

Pressée, tu arrives devant le bar dont Meyer t'a donné l'adresse. Tu aurais dû arriver à l'heure, tu aurais dû... Et tu l'aurais été quelques mois plus tôt. Maudit soit ce mutisme qui t'empêche de régler en quelques secondes les banalités de la vie quotidienne !

Tu t'accordes quand même une seconde pour reprendre ton souffle. Arriver en retard est déjà difficle ; arriver en retard et transpirante serait pire. Mains sur les cuisses, tu te penches en avant et essaies d'expirer lentement. Ton visage écarlate cuit toujours pourtant, et le dos de ton chemisier est tout empreint de sueur. C'est qu'en plus du retard, tu as dû gérer le contrecoup du stress. Et s'il ne t'avait fait cette offre que par pitié ? Et si tu gâchais tout avec ton humeur sombre et tes coups de sang ? Et s'il ne venait pas ce soir ? C'est aussi bien finalement que tu n'aies pas eu son numéro de téléphone, tu aurais probablement décommandé de peur que cela ne se passe pas bien.

Tu lèves les yeux lorsque tu te sens avoir moins chaud et observe rapidement le bar. Quand il t'a donné l'adresse, tu n'arrivais pas à visualiser l'établissement et c'est bien normal. Sa façade est minuscule, coincée entre une terrasse de pizzeria et la vitrine tape à l'oeil d'une de ces grosses chaines de café. Le troquet n'est annoncé que par une enseigne roullée et ses vitres de façades ne laissent pas voir grand chose à l'intérieur - juste qu'il y a du mouvement. Tu aurais pu passer cent fois devant sans lui préter la moindre attention.

Enfin, tu te sens capable d'entrer. Par habitude, tu tires sur les manches de ta veste sévére pour en éliminer les faux plis. Tu n'as pas eu le temps de te changer après le travail et tu es bien plus apprêtée que lorsque vous vous êtes rencontrés au cimetière. Le Wolf Wealth exige une tenue décente de la part de ses employés - ce qui, au vu des multiples nationalités qui logent à l'hôtel, signifie sombre, couvrante et féminine. De toi-même, tu n'aurais certainement pas porté un ensemble-tailleur et des talons pour travailler, ni mis de mascara - quant à tes cheveux, tu t'es accordé trente secondes pour défaire l'épais chignon dans lequel tu les emprisonnes lorsque tu remplis ton office de responsable.

Un dernier soupir. Courage Dezba ! Tu peux y arriver ! Tu avances et passes la porte - est-ce une cloche qui annonce ton entrée ? Etrange dans un tel lieu. Comptoir, tables, miroir au fond de la salle, bouteilles... Tu passes sur tout ça, cherchant la haute silhouette de Meyer.
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(#) Sam 1 Avr - 0:49
Je n’avais rien avalé de la journée. Rien du tout, pas même un misérable morceau de pain. Pourquoi ? Eh bien… Oui c’est vrai ça… Pourquoi ? Qu’est-ce qui pouvait bien me mettre dans un tel état de nervosité ? Qu’est-ce qui m’avait tendu toute la journée comme si j’allais passer des examens importants ? Mon rendez-vous avez Dezba ? N… non, pas du tout ! Pourquoi ça me stresserait ? Pourquoi devais-je être angoissé par une simple soirée tous les deux au bar à communiquer comme quelqu’un de tout à fait normal ?

« Pff regarde-toi, t’es pathétique. »

- C’est toi qui es pathétique,
répliquai-je en sortant de la douche après une journée de travail chargée.

Je me séchai rapidement, fis attention aux points de suture que le médecin avait posé sur la blessure de la semaine dernière au flanc. D’après lui, je devais les garder une dizaine de jours. Bien évidemment, sous les bons conseils de Dezba, je n’avais pas attendu avant d’aller à l’hôpital. Et heureusement, sinon l’entaille aurait fini par mal cicatriser. Tandis que je m’habillais d’un simple jean et d’une chemise à manches longues, j’entendais Meyer marmonner des choses incompréhensibles, en proie à une colère presque palpable. Je me fichais royalement de ce qu’il pensait du rendez-vous. Je comptais bien en profiter au maximum et passer un bon moment. Je le méritais pour une fois, non ?


« Non. »

Je levai les yeux au ciel, croisai mon regard dans le miroir. J’avais l’air tellement fatigué… Je faisais presque peur. En plus, je me rendis compte que je m’étais vêtu entièrement de noir. On aurait dit que j’allais à un enterrement.

« Ça risque de pas tarder si tu veux mon avis. »

- J’m’en tape de ton avis, connard,
répondis-je irrité.

« C’est toi l’connard ! »

Je l’ignorai, hésitai, haussai les épaules. Tant pis, je n’avais plus le temps de me changer, c’était l’heure de partir. J’enfilai ma veste, attrapai mes clés de voiture et un paquet de cigarettes, puis sortis de l’appartement. Le trajet jusqu’au bar fut court, il ne demeurait pas très éloigné de chez moi. Je me garai sur le parking d’en face, descendis du véhicule, pris une grande inspiration. Allez, pas de panique, Dezba n’était sûrement pas encore arrivée de toute façon. Il n’était pas encore vingt et une heure, j’avais un peu d’avance. Après avoir verrouillé la voiture, je traversai la rue et entrai dans le bar. Il n’y avait pas grand monde, comme d’habitude, et aucune trace de la demoiselle aux cheveux de jais. A la fois soulagé mais toujours angoissé, je me dirigeai vers le comptoir et m’assis à ma place habituelle, sur le tabouret tout à gauche.
En attendant que le barman se décide à vernir, je jetai un coup d’œil autour de moi. Deux vieux jouaient aux cartes dans un coin et un autre buvait tranquillement son Whisky en lisant le journal. Les lieux étaient calmes, silencieux. Seule la musique à bas volume diffusée au plafond rompait ce silence tranquille.


- Salut Meyer ! s’exclama le barman visiblement content de me voir. Comme d’habitude ?

Il se dirigea automatiquement vers le frigo vitré mais je l’interrompis dans sa lancée.

- Nicht jetzt (Pas maintenant), j’attends quelqu’un.

Il se figea un instant, perplexe, puis un sourire malicieux s’étala sur son visage. Il s’approcha d’un pas bondissant et vint me faire face.

- T’as un rencard, c’est ça ? s’enquit-il curieux.

Je fronçai les sourcils et lui accordai un regard froid.


- Qu’est-ce que ça peut te faire ? Occupe-toi de ton c…

Ding ! La clochette de la porte résonna. Je me retournai, une silhouette féminine pénétra dans le bar. Dezba. Enfin… il me semblait. Elle avait l’air tellement différente de la dernière fois. Si l’autre jour, elle était vêtue simplement et de manière décontractée, aujourd’hui demeurait tout autre. Elle portait un tailleur noir avec chemisier impeccablement repassé. Une paire d’escarpins noirs également rehaussait sa taille et elle était maquillée. De façon légère mais qui lui allait très bien. Ses longs cheveux noirs détachés encadraient son visage fin à la peau hâlée.

« Ah ouais quand même... » fit Meyer impressionné.

Quand elle me vit, je lui fis signe d’approcher. Elle me rejoignit sous le regard complètement subjugué du barman.


- Bonsoir Mademoiselle ! fit-il joyeusement. Bienvenue chez moi ! Si vous venez pour lui, là – il me désigna du pouce – vous devriez plutôt…

Je lui écrasai la tête sur le comptoir et quittai enfin Dezba des yeux pour le foudroyer. Ma parole, il voulait passer la soirée avec elle à ma place !

- Fais ton boulot, trottel (abruti), ordonnai-je rouge de honte.
- Ou… oui...

Je le lâchai et me levai pour faire face à Dezba.

- Salut, désolé… j’t’avais dit qu’il était débile.
- Eh !
se manifesta le barman qui se recoiffait.

Je n’y fis pas attention et restai concentré sur la demoiselle.


- On s’installe où tu veux.
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(#) Sam 1 Avr - 12:31
Tu ne mets pas longtemps à repérer Meyer : c'est le seul qui n'est pas avachi, perdu dans son verre ou dans ses cartes. Tu t'avances vers lui. Un homme t'accoste, volubile et visiblement incrédule quant à la raison de ta présence ; tu t'arrêtes, un peu désorientée, au moment où Meyer le fit taire en lui plaquant la tête contre le comptoir. Ton regard va de l'un à l'autre, gêné. Es-tu censée être flattée qu'il veuille empêcher l'homme - le barman corriges tu en le voyant se redresser et repartir vers ses bouteilles d'un air bougon - de te harceler ou mal à l'aise qu'il te pense suffisamment fragile pour ne pouvoir te défendre seule ?

Dans le doute, tu esquisses un haussement d'épaule et te retourne. Les quelques clients vous regardent, eux aussi perplexes mais pas effrayés par la mise au tapis du barman. Est-ce donc si habituel en ces lieux ? Etrange. Tu te retournes à demi vers Meyer et lui fait signe de te suivre vers une petite table au fond, à moitié cachée par un antique juke-box. Tu t'assois dos à celui ci, sachant que sinon tu ne pourras pas t'empêcher de surveiller ce que font les autres.

L'atmosphère est tendue, non ? Sans doute est-ce parce que vous ne savez pas quoi dire l'un ou autre. Jusqu'à présent, vos conversations ont coulé toutes seules, poussées par les besoin de la vie et des circonstances. Ici... rien ne vous oblige à être ensemble. Qui plus est, vous avez tous les deux l'air de beaucoup attendre de cette rencontre, toi en tailleur, lui en costume d'enterrement. Quelle bande de joyeux lurons vous faites...

Tu soupires, te résouds à rompre le silence. Ton carnet refait son apparition comme par magie sur la table et te fait serrer les dents : après une journée de travail, tu en as par dessus la tête d'écrire dedans.

Comment va votre blessure ?
Le vouvoiement revient tout seul, reste de ta journée de travail. Tu pointes du bout du stylo son flanc, là où doit se trouver l'épaisse balafre qui t'inquiétait et lève les sourcils pour réclamer une réponse.

D'ailleurs, c'est gentil d'avoir pensé à mettre une chemise. J'apprécie. C'est une première fois, non ?

La boutade se devine aux commissures de tes lèvres qui remontent, tu ne prends pas la peine de rajouter un smiley. Tandis qu'il te répond, tu suis distraitement des yeux la carte des consommations. Font-ils aussi à manger ? Tu retournes la carte, un peu plus intéressée déjà. C'est qu'avec le retard que ton mutisme t'impose, tu ne prends plus le temps de déjeuner.
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(#) Sam 1 Avr - 13:53
Elle haussa les épaules et se retourna pour parcourir les lieux d’un regard rapide mais attentif. Trouvaille faite, elle me fit signe de la suivre au fond de la pièce, et nous nous installâmes à une table juste à côté d’un vieux juke-box. Il ne fonctionnait plus depuis des années mais le barman avait tenu à l’installer ici pour l’exposer. Et au moins, il pouvait gérer la musique depuis le comptoir, ce qui demeurait sûrement plus pratique. Dezba s’assit dos à la machine aux couleurs passées et je m’installai en face d’elle.
Et là, je me rendis compte que je ne savais absolument pas quoi dire. Nous ne nous trouvions pas au cimetière ou à l’intérieur du centre funéraire. Aucun événement particulier ne nous avait amenés ici dans ce bar. Quand je faisais des rencontres – et par là, je voulais dire des rencontres féminines – il nous fallait peu de mots avant d’aller faire notre affaire dans les toilettes ou chez la demoiselle. Mais là, c’était différent. Il s’agissait d’un rendez-vous prévu. Pourquoi ? Je n’en savais rien en fait. Il fallait dire que je ne m’étais pas vraiment posé la question. Pourtant, j’aurais dû me la poser cette fameuse question : pourquoi Dezba voulait-elle me revoir ? Qu’appréciait-elle chez moi pour souhaiter passer davantage de temps en ma compagnie ?


« Ouais, moi aussi je me demande. »

Ça y est, je recommençais à douter de moi. Il fallait que je laisse l’autre imbécile de côté au moins pour ce soir et que je parvienne à rester calme, concentré, avenant…

« Oula ! Ça fait beaucoup ça » ! railla Meyer.

Je serrai et desserrai les poings sur mes genoux pour m’apaiser et quand ce fut fait, je croisai les bras sur la table tandis que Dezba sortait son carnet.


« Comment va votre blessure ? demanda-t-elle avant de pointer l’endroit concerné du bout de son stylo. D’ailleurs, c’est gentil d’avoir pensé à mettre une chemise. J’apprécie. C’est une première fois, non ? »

Nous échangeâmes un sourire et je haussai les épaules.

- Ça guérit, répondis-je. Mon infirmière personnelle a bien fait son boulot.

J’attrapai son stylo pendant qu’elle observait la carte des consommations.

- Mais…

Je barrai le « votre » dans sa phrase et lui tapotai le dessous du menton avec le stylo.

- Fais gaffe, j’pourrais avoir envie de jeter la chemise à la poubelle si tu t’obstines.
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(#) Sam 1 Avr - 14:09
Il profite de ton inattention pour chiper ton stylo. L'oeil attiré par le mouvement, tu tournes la tête pour le voir raturer un mot puis venir te tapoter le menton du bout du stylo. Ca t'agace autant que ça t'amuse. Au travail, on courbe la tête devant toi - ou on la détourne, selon la sensibilité de tes subalternes, on ne joue pas avec toi. D'un geste vif, tu rafles ton stylo et le garde en main avant de lui décocher une oeillade narquoise. C'est que tu en as de l'expérience dans ce domaine là !

C'est une menace ou une promesse ?

Tu ripostes d'une simple phrase. Ce n'est qu'en la lui montrant que tu cilles, te rendant compte que ce qui est une simple boutade dans une bouche peut sembler être une vraie question une fois sur papier. Le rose te monte soudainement aux joues, tu gribouilles en dessous un

^^'

Cela suffira-t-il à te disculper ? Tu l'espères. Au moins, il a l'air aussi mal à l'aise que toi, c'est toujours ça. Tu lui expliques néanmoins ton vouvoiement.

C'est un réflexe. Je passe ma journée à devoir cotoyer des gens, le "vous", c'est la solution de facilité pour ne froisser personne. Et puis "tu", ça peut être pris comme une tentative de séduction...

Trois petits points lourds de sens que tu n'éclaircis nullement, lui laissant le choix de décider si oui ou non tu le dragues. Il n'y a pas de raison que tu sois la seule à chercher comment te positionner dans cette discussion. Le flirt, c'est un peu ça : une prise de risque, une guerre faite d'avancée et de retraites précipitées. Tu ne cherches rien de particulier ici, juste un peu d'amusement et un moment en bonne compagnie.

Tes pensées s'interrompent alors que ton estomac gargouille. Tu ne t'en excuses pas : à son âge, il doit bien savoir que les femmes ne sont pas des créatures qui se nourrissent d'amour et d'eau fraiche. Au lieu de ça, tu tapotes la carte du bout du stylo.

J'ai faim, ça vous t'embête si je dine ne même temps ? Tu as quelque chose à me conseiller ?
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(#) Sam 1 Avr - 15:53
Elle reprit vivement le stylo tout en m’accordant un regard narquois.

« C’est une menace ou une promesse ? » écrivit-elle.

J’eus un léger rire à la fois amusé et gêné.


« Non mais je rêve... » soupira Meyer de plus en plus agacé.

Même si Dezba avait lâché ces quelques mots sans vergogne et dans l’honnêteté la plus simple, elle sembla se rendre compte de la tournure de la phrase, et ajouta un « ^^’ » comme pour me montrer son embarras également. Mais je ne relevai pas et lus plutôt ce qu’elle écrivit ensuite.


« C'est un réflexe. Je passe ma journée à devoir côtoyer des gens, le "vous", c'est la solution de facilité pour ne froisser personne. Et puis "tu", ça peut être pris comme une tentative de séduction… »

Ah bon… Je n’avais jamais vu ça sous cet angle. J’imaginais que cela devait dépendre de la situation. Mais bon, en asocial expérimenté, je ne demeurais pas le mieux placé pour juger. Dezba attira mon attention sur la carte qu’elle tapotait avec le stylo.

« J'ai faim, ça vous t'embête si je dîne en même temps ? Tu as quelque chose à me conseiller ? »

Je haussai les épaules.

- J’sais pas trop, j’ai jamais mangé ici.

Le barman savait-il seulement cuisiner ? Je le voyais mal derrière les fourneaux mais je pouvais me tromper.

- Qu’est-ce que je vous sers ? demanda ce dernier en approchant.

Il tombait bien celui-là.


- Qu’est-ce que tu sais faire de meilleur à manger ? m’enquis-je en lui désignant la carte d’un signe de tête.

Moi qui pensais que je le prendrai au dépourvu, il semblait ravi par ma question. A croire que personne ne venait jamais prendre son repas ici. Afin d’être rapidement servis, il proposa quelques mets à grignoter sur un plateau commun. Des Gyoza : un genre de ravioli avec une farce à base de viande de porc et de légumes ; des Yakitori : célèbres brochettes de poulet grillé recouvert de sauce sucrée salée ; et des Takoyaki : des boulettes faites de pâte à crêpe avec des morceaux de poulpe à l’intérieur. Pourquoi pas ? Ça me convenait.


- Et en boisson j’ai mon cocktail maison si ça vous dit, ajouta le barman à l’attention de Dezba.

En espérant qu’il mette moins d’alcool dedans cette fois… Mais à mon avis, la douche au cocktail de l’autre jour l’avait fait réfléchir. Quand je repensais à sa tête à ce moment-là, j’en riais intérieurement à chaque fois.


- Fais-toi plaisir, dis-je à la demoiselle. J’t’accompagne pour manger, j’ai rien avalé de la journée.

Peut-être qu’avoir l’estomac plein m’aiderait à mieux réfléchir à la situation. La jeune femme commanda le dîner et je choisis la même chose pour éviter au barman de perdre encore plus de temps à faire sa préparation. Quant à la boisson, une bière, comme d’habitude. Pour nous faire patienter, il nous amena nos boissons et un bol d’Edamame, ces fèves de soja bouillies salées qu’il fallait enlever de leur cosse pour les déguster.
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(#) Sam 1 Avr - 17:17
- Qu’est-ce que je vous sers ?

La voix vient de derrière ton épaule. Tu sursautes et te retournes à demi vers l'intrus que tu n'as pas entendu arrivé ; c'est le barman et il t'offre un sourire qui te semble relativement affable avant de reporter son attention vers Meyer. La dynamique entre les deux hommes est étrange : quelques minutes plus tôt, tu aurais pensé qu'ils se tapaient l'un l'autre sur les nerfs, et voilà qu'ils s'échangent tous les signes d'une camaraderie fatiguée. A croire que Meyer vit ici...

Les plats ont l'air appétissants en tout cas et cela fait une éternité que tu n'as pas mangé japonais. Tu te laisses tenter et commande le tout en tapotant la carte de l'index tout en opinant de la tête. Meyer fait de même, visiblement affamé lui aussi. Oh, et deux bières. Tu ne sais pas pourquoi, mais l'idée du cocktail maison ne t'inspire pas. Tu es courageuse mais pas téméraire.

Il s'en va et vous ramène de quoi grignoter. Edamame... Ce nom te rappelle des souvenirs de déjeuner d'étudiante, du temps où ton seul plaisir de la semaine était justement ce petit restaurant ou tu dinais le vendredi soir, une fois les cours finis. Tu sors un flacon de solution hydroalcoolique et t'en frictionnes les mains après l'avoir tendu à Meyer, puis commences à écosser. Faire rouler les féves entre ses doigts et les écosser une à une, ça a un petit coté enfantin qui t'amuse. Sans le moindre mot, tu montres au fossoyeur comment faire pour ne pas écraser l'aliment. Il est presque pataud à coté de toi, ça a quelque chose de mignon. Mignon... Qui aurait cru que tu associerais un jour ce mot à l'armoire à glace qui t'a surprise à votre première rencontre ?

Le bol enfin écossé, tu t'essuies les mains et attrapes ton verre. A la santé de ton interlocuteur ! lui fais tu comprendre en venant délicatement faire résonner le bord de ton verre contre le sien. La bière est fraiche, l'apéritif est bon sans être exceptionnel. Tu n'en espérais pas tant et cette petite séance d'écossage en silence a permis de dissiper en partie la tension qui régnait entre vous deux.

Prêt à rattraper tes repas manqués ?

De quelque part, loin derrière toi, tu entends quelqu'un manipuler une poele et sifflotter. Faire la cuisine a l'air de mettre en joie le patron tout autant que de surprendre les clients. C'est le moment d'essayer de lancer la discussion.

Très bon choix de lieu en tout cas. Ca fait un moment que je n'avais pas mangé japonais en plus. Tu as découvert cet endroit comment ? J'ai dû passer devant des dizaines de fois sans jamais vraiment le voir.
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(#) Sam 1 Avr - 19:02
En retirant ma veste pour la laisser sur le dossier de ma chaise, je regardai Dezba fouiller dans son sac à main et en sortir un flacon de solution hydroalcoolique. Elle en mit une goutte dans ses mains et les frictionna pour les désinfecter. Elle me tendit gentiment le flacon et je répétai son geste en me disant qu’au moins, ça m’évitait de me rendre jusqu’au toilettes pour me laver les mains. Puis nous commençâmes à écosser les Edamame. Une tâche minutieuse qui n’était visiblement pas faite pour moi et mes doigts abîmés de fossoyeur. Mais Dezba me montra la technique et, chacun enfermé dans un silence empreint de concentration extrême, nous nous occupâmes de toutes les fèves. L’intérieur du bol à présent séparé en deux parties – les fèves d’un côté et leur cosse de l’autre – j’attrapai une serviette en papier pour m’essuyer les mains, et nous trinquâmes. Finalement, elle avait elle aussi opté pour de la bière. Un bon choix.

« Prêt à rattraper tes repas manqués ? » écrivit-elle de sa main libre.

Je hochai vivement la tête en réalisant que plus les minutes passaient, plus la sensation de faim se manifestait. J’en avais presque des nausées. Si j’avais au moins mangé à midi, je me serais senti mieux.


« Très bon choix de lieu en tout cas, fit remarquer Dezba. Ça fait un moment que je n'avais pas mangé japonais en plus. Tu as découvert cet endroit comment ? J'ai dû passer devant des dizaines de fois sans jamais vraiment le voir. »

Je mangeai une fève et bus une gorgée de bière. Je ne pensais pas que ce bar lui plairait. Il n’était pas très reluisant et peu fréquenté. Mais au moins, il y avait peu de chance d’être dérangés.

- J’aime pas quand c’est trop peuplé, répondis-je. Alors j’essaye de dégoter des endroits comme celui-là pour être tranquille. Je l’ai trouvé y a quelques mois en me baladant au hasard. Je venais d’arriver à Togi, j’essayais de me repérer.

D’un geste rapide, je retroussai les manches de ma chemise jusqu’en dessous des coudes et bus une nouvelle gorgée de bière pour me rafraîchir. Je l’appréciais beaucoup mieux en bonne compagnie, ça ne donnait pas du tout envie de recommencer à boire comme un trou sous le coup de la déprime.

- Et au fait, t’es d’ici ou tu fais partie des étrangers comme moi ? demandai-je curieux.

Après tout, maintenant qu’on en était là, autant en savoir plus sur elle. Il me semblait que c’était un bon début pour avancer vers la sociabilité.
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(#) Sam 1 Avr - 19:52
C'est certain que pour quelqu'un qui n'aime pas les endroits peuplés, ce lieu est parfait.  Quant à toi, tu n'as rien contre la foule mais tu dois admettre qu'il est reposant d'être au calme après une journée à courir partout à l'hotel. Au moins, ici, personne n'essaiera de discuter avec toi. En fait, tu pourrais y prendre goût...

Si tu as d'autres points de chute de ce genre, je suis preneuse.


Il parle un peu, tu en profites pour grignoter une fêve ou deux. Ecrire en mangeant, tu n'en as pas encore bien l'habitude et tu crains un peu que le silence pendant le repas ne le gêne. Rien ne t'empêcherait de t'arrêter pendant le repas pour écrire mais c'est une habitude que tu as prise : manger le plus vite possible. Il y'a toujours quelque chose d'important à faire ensuite. Ton travail. Ou ... ou Yatoh. Ton regard se déporte rapidement à droite pendant que tu essaies de chasser la vague de tristesse que cette pensée innocente a subitement amené en toi. Ce n'est pas le moment et pas le lieu. Ne voulant pas l'inquiéter, tu te forces à sourire mais cela doit plus ressembler à une grimace tu l'imagines.

Un peu des deux. Je suis arrivée ici il y'a une quinzaine d'années pour mes études, j'y suis restée.

C'est vrai que l'ile est étrange de ce point de vue là. Personne n'en est vraiment originaire vu sa date de création récente, mais un espèce de snobisme étrange y règne, la règle tacite voulant que les plus anciens soient les mieux classés au niveau social. Bien que tu ne coures pas après ce type  de considération, tu dois bien t'avouer que tu savoures la gêne de certains lorsqu'ils savent que tu es là depuis tant de temps. C'est mesquin mais tu trouves ça tellement ironique, lorsque tu vois comment ta famille était traitée ailleurs...

J'ai grandi aux Etats-Unis, dans une réserve indienne. Navajo. J'avais le choix entre squaw au foyer, arnaqueuse de touriste et "preuve de bonne conscience ethnique". Quand mes parents sont morts, j'ai préféré aller tenter ma chance ailleurs. Ca pouvait difficilement être plus réducteur.

De nouveau, tu hausses une épaule. Ta main libre joue nonchalamment avec une baguette comme pour évacuer la tension qui t'envahit malgré toit au souvenir de cette époque. C'est ainsi, tu ne veux pas t'attarder dessus. Certains ont eu de la chance, toi non. A quoi ça te servirait, de faire étalage de la pauvreté de ton enfance et de ce sentiment d'exclusion qui te collait à la peau ? Il faut l'avoir vécu pour le comprendre et tu ne penses pas que Meyer en soit capable.

Et toi, qu'est-ce qui t'a convaincu de quitter l'Allemagne ?

Il faut dire que ses interjections ne laissent que peu planer de doute sur le pays d'où il vient.
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(#) Sam 1 Avr - 20:26
D’abord, elle déclara que si je connaissais d’autres endroits comme ce bar, elle était preneuse. Malheureusement, à part le cimetière, je ne me rendais nulle part ailleurs pour trouver le calme et la sérénité. Pendant un instant, je crus voir une ombre passer dans ses yeux alors qu’elle se perdait dans des pensées dont j’ignorais le fond. Elle me regarda et m’offrit un sourire qui se voulait rassurant mais dans lequel je décelai une grande tristesse. Cependant, elle se pencha à nouveau sur son carnet pour écrire et me le montra.

« Un peu des deux. Je suis arrivée ici il y a une quinzaine d'années pour mes études, j'y suis restée. »

Quinze ans à côtoyer les humains comme les hybrides donc. Elle devait avoir l’habitude. Possédait-elle un hybride ? Ou plusieurs peut-être ?

« J'ai grandi aux États-Unis, poursuivit-elle, dans une réserve indienne. Navajo. J'avais le choix entre squaw au foyer, arnaqueuse de touriste et "preuve de bonne conscience ethnique". Quand mes parents sont morts, j'ai préféré aller tenter ma chance ailleurs. Ça pouvait difficilement être plus réducteur. »

Nous eûmes un même haussement d’épaules. En effet, sur ce point là, je la comprenais un peu.

« Et toi, qu’est-ce qui t’a convaincu de quitter l’Allemagne ? »

Il ne fallait pas s’étonner qu’elle sache d’où je venais. L’allemand se reconnaissait facilement. Je n’avais pas vécu les mêmes choses qu’elle mais si je me trouvais ici, c’était également pour trouver mieux. En tant que fossoyeur, c’était un peu ironique sachant que ça ne changeait pas grand-chose. Mais… il y avait autre chose. Et je n’étais pas sûr d’avoir envie de lui en parler. Non, je ne pouvais pas lui en parler.

« T’as qu’à mentir, comme d’habitude, » suggéra Meyer.

C’était mal mais je n’avais pas le choix. Et puis il n’y avait pas que du mensonge dans ce que j’allais raconter. Un peu de bière pour me donner du courage et je pris la parole.


- Je suis né en Allemagne mais j’ai surtout vécu en France en fait. Mes parents gèrent une grosse entreprise et mon père a voulu que je prenne la succession à mes dix-huit ans. Mais j’ai pas voulu sachant que je devais bosser sous ses ordres pendant quelques années. J’m’entends pas du tout avec eux… alors j’me suis barré quand j’ai pu.

Je me raclai la gorge, gêné alors que je disais la vérité.

- J’ai voulu changer d’air alors me voilà ici.

Là, c’était un mensonge. Je me réfugiai dans la dégustation de quelques fèves, soudain très intéressé par la partie de carte des vieux qui jouaient à une table non loin.

- Bon… j’avoue que fossoyeur, c’était pas forcément une bonne idée pour éviter l’ingénierie, ajoutai-je avec une moue dégoûtée.
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(#) Dim 2 Avr - 15:26
Il te répond mais semble plutôt mal à l'aise. Tu hésites à lui faire signe de ne pas continuer mais après une seconde, tu y renonces. Si c'était vraiment si difficile, il te demanderait juste de ne pas en parler. Tu ne peux pas t'agacer qu'il te traite en enfant et refuser de le considérer comme un adulte.

Tu l'écoutes donc. La nuance entre Français et Allemand t'échappe complétement ; ce sont deux noms dont tu ne sais pas trop ce qu'ils recouvrent, à part une langue différente. Le problème familial te parle plus déjà. Bien qu'enfant unique, tu sais ce que cela fait de voir son destin tout tracé et de ruer des quatre fers en espérant y échapper. Ta famille, c'était la tribu. Emigrer a été considéré comme fuir Les rares qui sortaient de la réserve s'installaient dans les villes voisines, terrifiés à l'idée de perdre leur identité de navajo mais tout autant apeurés à l'idée de ne pas rentrer dans le moule américain ; partir, c'était abandonner. Pas la peine de revenir, t'ont fait comprendre les anciens : ton départ ne pouvait finir qu'en exil.

Aussi acquiesces-tu gravement. Oui, tu peux comprendre ce que cela fait. d'avoir besoin de fuir le poids qu'on t'a mis sur les épaules.

Et Togi, c'était suffisamment loin pour leur échapper ? Ou tu songes à prendre un vol spatial ? =)

Parce que plus loin que Togi, tu as du mal à imaginer. Le pays est certes riche et civilisé, mais l'embargo en vigueur quant aux hybrides limite fortement les contacts avec le reste du monde. Les étrangers voient également d'un mauvais oeil cet "esclavage" comme ils l'appellent parfois, car bien souvent ils usent de mots bien moins courtois lorsqu'ils abordent le sujet.

Mais cela dit, tu te demandes. N'a t il jamais songé à revenir ? A abandonner ? Tu as parfois l'impression qu'il serait plus simple de laisser couler, laisser faire. Te laisser étouffer dans la norme vaudrait presque le coup si tu le faisais en groupe. Solitude ou indépendance... Lorsque tu avais ton fils, tu arrivais à tenir bon mais désormais...

Tu n'as jamais envie de laisser tomber ?

Tu sais que tu viens d'assombrir l'humeur subitement par cette simple question, mais qu'y peux tu ? Tu as écrit la question avant même de te demander si c'était la bonne chose à faire.
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(#) Dim 2 Avr - 17:59
Elle acquiesça, griffonna sur le carnet.

« Et Togi, c’était suffisamment loin pour leur échapper ? Ou tu songes à prendre un vol spatial ? =) »

Je lâchai un petit rire, me dis que si c’était possible, je l’aurais sûrement fait. Du moment que je me retrouvais loin des gens qui me servaient de parents et de tout ce qui était en rapport avec eux, c’était tout ce qui comptait.

« Tu n'as jamais envie de laisser tomber ? »

Je lui accordai un regard étonné. Pourtant, je me posais souvent cette question. Quand je déprimais et me disais que ma vie était bien merdique, je me demandais pourquoi je ne changeais pas du tout au tout pour redémarrer à zéro. Bon, pour ça, il fallait les moyens et un minimum de bases auxquelles se raccrocher. Je faisais des recherches et au bout de quelques heures, je me rendais compte qu’il m’était impossible d’avoir assez de motivation, de courage, d’ambition ou d’argent pour faire quoi que ce soit. Ensuite, il y avait le côté « laisser tomber » de manière plus radicale. Ça, en général, c’était quand la déprime me poussait à boire comme un trou jusqu’à avoir des envies débiles de me mutiler ou de me supprimer. « Débiles » parce que j’estimais que c’était une réaction complètement lâche.
Dans ces moments-là, je pensais que Meyer me pousserait à en finir tout en me comblant d’insultes. Mais… il se contentait des insultes. Pour être certain que je ne rêvais pas, j’avais bien évidemment tenté plusieurs fois. Non, en fait, son but se résumait à me voir vivre la vie la plus pourrie et le plus longtemps possible. Plutôt triste… Alors je continuais à vivre. « Laisser tomber c’est lâche, vivre c’est pire, » me disais-je. Que faire ? Et Dezba, que voulait-elle dire par là ? Pensait-elle aux deux sens comme moi ? Voulait-elle seulement changer de vie. Ou… la quitter définitivement ? Je n’allais quand même pas lui poser la question. Pourtant, elle venait de me le demander, à moi. Pourquoi tenait-elle tant à le savoir ?


« Elle veut te connaître… »

Me connaître, vraiment ? De cette façon ?

« Et pourquoi pas ? »

Quelques gorgées de bières tout en réfléchissant et je répondis à la demoiselle.

- Si tu veux dire par là retourner en Europe, non, j’en ai pas vraiment envie.

Je piochai une fève dans le bol mais ne la mangeai pas tout de suite, préférant l’observer sous tous ses angles.

- Personne ne m’attend là-bas… comme personne ne me retient ici. Alors…

Je laissai ma phrase en suspens. En vérité, quelqu’un m’attendait en France, et de pied ferme si j’osais dire. J’étais certain que mon père s’imaginait me croiser à nouveau un jour pour constater à quel point j’étais toujours le même « petit con irresponsable et demeuré ». J’avais bien envie de lui dire que c’était sûrement génétique mais ce serait une perte de temps. Essayer de communiquer avec Nikolaus donnait à peu près le même résultat que de parler à un mur. Sans oublier les incessantes batailles intérieures que je livrais avec Meyer…

- Ça fait bien longtemps que les jours passent et se ressemblent, repris-je avant de manger ma fève.

Je la regardai, lui offris un haussement d’épaules et un sourire navré.


- Pas très passionnant comme vie. Mais c’est vrai que, dès fois, j’ai envie de partir sans vraiment savoir où aller, sans me soucier de ce qui peut arriver.

L’aventure… ça faisait rêver beaucoup de gens. Bref, à part ça, je ne savais pas si j’avais vraiment envie de retourner sa question à Dezba. J’étais curieux de savoir pourquoi elle l’avait posée mais je me disais aussi que le sujet pouvait très vite tourner autour de la mort.

- Et toi ? tentai-je tout de même. T’as pas envie de partir sur la Lune pour voir comment c’est ? Je t’emmènerai dans mon vaisseau quand ce sera possible, si tu veux.

« C’est nul... »


Je m’en fichais. Je n’avais pas envie de penser à tout ce qu’il y avait de négatif sur cette planète alors que j’allais prendre un repas avec la seule personne qui voulait bien de moi pour le moment.
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(#) Dim 2 Avr - 20:48
Ton intuition est juste. Le visage à l'instant souriant de Meyer redevient sérieux. Exagérement sérieux. Il détourne le regard, boit quelques gorgées pour se donner une contenance. Pourtant, la question te semblait rabat-joie, mais à ce point-là ? Qu'a t il cru comprendre dans tes mots ? A ton tour, tu saisis ton verre et en bois une gorgée. La mousse sur ta lèvre, tu l'essuies du revers de ta paume et t'absorbes sur le verre que tu fais tourner entre tes doigts. Malaise. Cela ne contribue pas à améliorer ton moral mais tu espères vaguement que si tu l'ignores, la déprime disparaitra.

Tu acquiesces à ses paroles sans le regarder, pour ne pas le gêner encore plus. Et pourtant, un frisson glacé te parcourt la nuque et te fait te crisper. "Personne ne m’attend là-bas… comme personne ne me retient ici." C'est le genre de chose que tu t'interdis de penser et qui pourtant reviennent encore et toujours s'imposer à toi, surtout lorsque les bruits de la journée se sont évanouis et que, seule dans ton lit, tu t'étreins toute seule en priant pour que l'aurore arrive. Personne, nulle part, jamais : c'est un bon résumé de ton état d'esprit.

Il enfonce le clou. "Ça fait bien longtemps que les jours passent et se ressemblent" Tu acquiesces, gorge serrée. Depuis Tabanata, tous les jours semblent se mêler et se figer en une journée ordinaire, minable, sans couleurs et sans chaleur. Hier, aujourd'hui et demain ne sont que des mots, un éternel lendemain de deuil qui t'écrase de sa poigne inexorable. Passent-ils seulement, les jours ? Dans tes moments d'angoisse profonde, tu t'imagines comme un hamster perdu, courant courant courant dans une roue immobile, s'épuisant de toutes ses forces à détaler mais restant toujours à la même place - et finissant par courir jusqu'à la mort de peur de tomber de la roue en mouvement.

Au reste de ses paroles, tu adresses un vague hochement de tête. Malgré toi, tu t'es renfoncée dans ta tristesse et si tu sais que ces derniers mots ne t'enfoncent pas plus, ils ne te font pas pour autant de bien. Ce n'est que la nuance interrogative qui te fait réagir et relever la tête. C'est forcément à toi qu'il parle, vous êtes seuls à table. Qu'a t il dit ? Tu cherches en te mordant la lèvre, yeux fixés sur son cou - tu n'oses pas regarder plus haut de peur qu'il ne voie ton trouble. Tu ne sais plus. Tu l'as entendu mais tu n'as pas écouté. Tu te mords la lèvre, craignant de devoir lui avouer que tu ne sais pas, que tu n'écoutais pas ce qu'il te disait alors que c'était peut-être pas important...

-Et voilà pour les tourtereaux !

Tu sursautes de nouveau lorsque le barman jaillit dans ton dos et glisse les plats sous ton nez mais tu es immensément soulagée. Tu le remercies d'un geste puis reportes ton attention sur les plats, répartis en un sel plat commun. Il faudra partager mais vous devriez tous deux avoir de quoi largement manger.

On mange ?

Tu t'autorises un bref coup d'oeil vers son visage avant de placer une main sur ton ventre, moue aux lèvres. C'est que tu as vraiment faim, ce n'est pas - que - une excuse.

Je ne peux pas écrire en mangeant, désolée. Tu vas devoir faire la majeure partie de la discussion.

Sans lui laisser le temps de refuser, tu lui tends sa paire de baguette et attrapes les tiennes.
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(#) Dim 2 Avr - 22:49
« Ouais ben regarde, elle fait la gueule à cause de toi ! »

Ah oui tiens… Bordel de merde, j’aurais dû me taire et ne donner qu’une réponse simple et vague.

« Tu vois, tu commences déjà à faire n’importe quoi. J’te l’avais bien dit. »

Heureusement que le barman arrivait à ce moment-là, sinon je ne me serais pas gêné pour dire à Meyer de fermer sa gueule, et à voix haute en plus. Là, j’aurais vraiment tout gagné.

- Et voilà pour les tourtereaux !

Il était sérieux là ? Sa venue fit sursauter Dezba. Elle devait vraiment être perdue dans ses pensées. Il posa le plateau garni de nourriture devant nous et s’éloigna. Il y avait largement assez pour nous remplir convenablement l’estomac.

« On mange ? » proposa Dezba.

Elle n’avait pas à me le répéter. Son regard vers moi et l’expression soudain changeante sur son visage me laissèrent deviner qu’elle avait envie de passer au repas et de laisser de côté notre conversation. Je n’étais pas contre.


« Je ne peux pas écrire en mangeant, désolée. Tu vas devoir faire la majeure partie de la discussion. »

Elle me donna ma paire de baguettes et prit les siennes pour commencer le repas.

- T’es sûr de toi ? dis-je d’un ton léger pour tenter de raviver l’ambiance. T’es en train d’essayer de faire parler un asocial j’te rappelle.

J’usai de mes baguettes pour me saisir d’un Gyoza. Non loin, le couple de vieux amis jouait toujours aux cartes, l’un prenant le dessus sur l’autre grâce à un jeu plus qu’admirable. L’autre grand-père qui, tout à l’heure, lisait tranquillement son journal, discutait à présent à voix basse avec le barman qui s’était autorisé une petite pause.

- D’ailleurs, en Allemagne, on dit « Kurze abendmahlzeit macht lange lebenszeit » : abréger le dîner allonge la vie. Alors bon ap, Fräulein (Mademoiselle). Profites-en, c’est moi qui offre.

Puis je mangeai. A côté, l’un des deux vieux commença à se plaindre parce qu’il venait de perdre la partie.

- On dit aussi « Was alt ist, brummt gern », ajoutai-je en les regardant.

Je me penchai vers Dezba avec un sourire en coin.


- Vieillard, grognard, traduis-je à voix basse.
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(#) Lun 3 Avr - 19:28
L'entendre se nommer lui-même asocial te fait très légérement sourire. Pour un inadapté social, Meyer s'en sort plutôt bien pour le moment. Tu cotoies dans le cadre de ton travail des gens bien moins à l'aise, et ce chaque jour. Te croirait-il si tu lui racontais la visite de ce fournisseur la semaine dernière que tu as découvert installé à ton bureau, écroulé sur ton siège, très occupé à savourer sa petite bière vespérale avec un sandwich. "Après tout ma p'tite dame, moi j'travaille, j'ai pas le temps d'glander ! Vous ne direz rien, hein ?" Non, la petite dame n'a rien dit. Elle a regardé les tâches de mayonnaise sur son bureau. Elle a juste ouvert la fenêtre très calmement. Elle balancé le sandwich trois étages plus bas et il s'en est fallu de peu que l'homme ne suive le même chemin tellement elle était remontée, la petite dame.

Non, vraiment, si Meyer est un asocial, tu aimerais en cotoyer plus souvent. Au moins, il est reposant.

Tu t'attaques aux gyoza. Pas de sauce soja à table ; tu hésites un instant puis soupires. La réclamer au patron te fera plus perdre de temps qu'autre chose ; tant pis, les gyoza nature ne sont pas mauvais. Tu testes du bout d'une dent le ravioli et constatant qu'il est cuit à point, en avale une moitié. Le porc est fondant à point, les souvenirs de ces diners d'étudiante te reviennent en mémoire. Tu hoches la tête comme pour acquiescer et en avale le restant. Miam !

Tu en reprends un et joues avec du bout de tes baguettes, t'amusant de brandir cet aliment à distance et à le faire gigoter d'un simple mouvement du pouce. Cela confirme tes soupçons : le gyoza est fait maison. Congelé et réchauffé, il se déchirerait. Qui aurait cru qu'un tel troquet puisse avoir des plats maisons ? Tu décolles un bout de la pâte et la savoure. Abréger ton repas allonge la vie ? Ca t'est bien égal. Tu préférerais une vie courte et heureuse à une vie longue mais solitaire...

Les deux vieillards vers qui tu tournes la tête t'empêchent de plonger plus bas dans l'auto apitoyement. Visiblement, il y a bisbille au sujet de la partie. Tu lances un oeil curieux vers leurs cartes mais tu n'y comprends rien. C'est un jeu standard et tu ne connais que peu de jeux de cartes à l'exception du tarot ou de la bataille. De toute façon, qu'aurais tu pu y faire ? Ils se disputent presque par habitude, comme deux vieilles connaissances remettant immanquablement le couvert : tu as triché, non tu as juste mal joué , je ne te permets pas, je vais me gêner. Tu es prête à parier qu'ils regleront leurs soucis en refaisant une partie. Puis une autre. Puis une autre. Puis une revanche le lendemain.

La commissure de tes lèvres se contractent légérement en entendant son simili dicton. Tu te doutes bien qu'il dit n'importe quoi juste pour te changer les idées et tu l'apprécies, même si l'idée d'être aussi facilement comprise t'agace un peu. Tu peux bien jouer le jeu aussi. Gyoza reposé, tu le relances.

Et que dit-on des femmes alors ? Grand-mère, mégére ?

Tu t'immobilises, incapable de trouver une autre rime. Femme, tu l'associes automatiquement à grand-mère, mère, fils... et cela te bloques.. Tu ne dois pas t'arrêter en si bon chemin, pourtant. Une conversation se fait à deux. Tu relances donc vers un sujet que tu espères un peu plus gai.

Et du coup, cela marche-t-il pour le reste ? Allemand, charmant ? Fossoyeur, grand coeur ?
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(#) Lun 3 Avr - 21:41
Son sourire me rassura. Au moins elle n’était plus partie dans de lointains songes. Amusé, je la regardai triturer son propre Gyoza comme si elle voulait authentifier sa fraîcheur. J’espérais pour notre ami barman que sa préparation était à la hauteur. Je voyais mal Dezba agir comme l’autre capricieuse de la dernière fois et lui balancer un Gyoza à la figure. Mais je n’avais pas envie de la voir déçue par le premier repas que je lui offrais. Ce serait déprimant. Heureusement, après une bouchée emplie de doute, elle sembla satisfaite. Pour ma part, je me battais avec les Takoyaki. Ces machins ne voulaient pas rester immobiles entre mes baguettes et glissaient à chaque fois !

« Et que dit-on des femmes alors ? écrivit la demoiselle à tout hasard. Grand-mère, mégère ? »

Alors là, je n’en savais rien du tout mais c’était plutôt pas mal comme dicton à inventer.

« Et du coup, cela marche-t-il pour le reste ? ajouta-t-elle plus détendue à présent. Allemand, charmant ? Fossoyeur, grand cœur ? »

Je faillis m’étouffer avec ma bière. Une gorgée de trop et j’étais bon pour tout recracher. Je ne m’attendais pas du tout à ce qu’elle fasse ce genre de comparaison aussi agréable.

« Ça se voit qu’elle te connaît pas. »

Peut-être mais du peu qu’elle savait à mon propos, elle au moins, semblait m’apprécier. Alors je m’en contentais largement. Je me raclai la gorge en priant pour qu’elle ne remarque pas mon embarras.

« Trop tard, t’es déjà rouge, »  se moqua Meyer.

Reprenant contenance, j’attrapai une serviette pour m’essuyer la bouche et répondis :


- J’dirais plutôt Allemand bruyant. On a toujours l’air énervé quand on parle fort.

Et fossoyeur…

« Fraudeur, tueur, buveur, emmerdeur, malfaiteur... »

Je soupirai, plantai une de mes baguettes au beau milieu d’un Takoyaki.

- Et fossoyeur ravageur, r’garde-moi ce désastre… grommelai-je en désignant mon œuvre d’un signe de tête dépité.
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(#) Mar 4 Avr - 12:35
Il s'en est fallu de peu que tu finisses douchée. Visiblement, la plaisanterie n'est pas passée - Mais était-ce vraiment une plaisanterie ? Après tout, tu apprécies cet homme, non ? Tu lèves les yeux au ciel et souffle légérement par le nez, aussi amusée qu'agacée par sa réaction. C'est qu'à force de systématiquement se rabaisser, il en devient énervant et presque insultant. Voir du bon en quelqu'un qui s'échine à paraitre un abruti, c'est s'avancer, oser montrer son ressenti. Lorsqu'il est nié encore et encore et même moqué, ce ressenti, l'énervement monte.

Alors tu ne réponds rien pour l'instant. Réagir à chaud ne serait pas une bonne idée, il comprendrait mal d'où vient ton énervement. A la place, tu te penches en avant et d'un coup de baguette saisit le takoyaki endommagé. Tu le prends en bouche et lui montre ta main, la façon dont tu prends tes baguettes. Le poignet tourne légérement, le laissant libre d'essayer de reproduire ta prise mais il est maladroit et n'y arrive pas.

Soupir de nouveau. Tu recules ta chaise et vient te placer à coté de lui, te penches. Du bout des doigts, tu déplies sa main et lui mets d'office correctement les baguettes, puis replies ses doigts correctement puis lui remontre la bonne prise.Impression de déjà-vu sur laquelle tu ne t'attardes pas - c'est ainsi que tu avais appris à ton fils à utiliser ces couverts. Pas un mot, pas un geste en trop ; ton déplaisir ne passe que par le froncement de tes sourcils, et ton approbation par des petits hochements de tête. C'est un moment doux, un moment où tu ne penses pas, simplement focalisée sur vos gestes, sur sa proximité, sur ton toucher. Tu l'aides à saisir l'aliment une fois, deux fois, trois fois, sa main dans la tienne puis le laisse retenter tout seul. Il lui faut plusieurs essais, mais il finit par y arriver, petit miracle. Tu le récompenses d'un petit sourire et te relève pour retourner à ta place.

Ce n'est qu'à ce moment là que tu te rends compte que les deux vieux sont tournés vers vous, leur partie de cartes oubliée. Vu leur sourire édenté mais ravi, ils ont vu quelque chose de très plaisant dans ton manège. Tu rosis légérement mais ne montre aucun signe de remords ou de regret. Aider quelqu'un à manger correctement n'a rien d'indécent. Non ? Si ? Tes joues rosissent un peu plus.

Dos au juke-box et à eux, tu te sens mieux. Tu grignotes un autre gyoza puis pousse le plat vers Meyer que lui aussi y goutte. Profitant de ce temps de répit dans le repas, tu prends ton carnet mais ton stylo s'arrête vite. Plaisanter ? Pas plaisanter ? L'homme est assez imprévisible quant à ses réactions... Tu le regardes lutter contre ses baguettes et gagner d'une courte manche. Peut-être le plus simple serait-il juste de lui poser la question, maintenant que la situation est un peu apaisée.

Pourquoi vous dépréciez-vous tout le temps ?

Pas de smiley cette fois-ci. Ce n'est pas une plaisanterie, tu espères une vraie réponse.
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(#) Mar 4 Avr - 18:50
J'entendis Dezba soupirer. Évidemment, j'étais une vraie catastrophe avec des baguettes. Pourtant je faisais l'effort de les utiliser tous les jours mais j'avais encore du mal à les tenir correctement. La demoiselle montra l’exemple en saisissant aisément un Takoyaki. Je la regardai faire, à la fois impressionné par son agilité et désemparé par ma légendaire maladresse. Elle dut voir mon expression totalement découragée car elle soupira à nouveau décala sa chaise pour venir près de moi.

« Euh… elle fait quoi là ? »

Elle venait m’aider, tout simplement. Doucement, elle attrapa ma main pour placer correctement les baguettes entre mes doigts. Dans la même seconde, un frisson me parcourut les phalanges et me traversa le bras jusqu’à la nuque.

« Et allez, qu’est-ce qui t’arrive maintenant ? »

Rien… rien du tout. Patiente, Dezba me montra à nouveau sa technique pour attraper ces satanés Takoyaki sans en faire de la bouillie. Puis elle me laissa faire. Premier essai : raté. Deuxième : raté aussi, comme le troisième.

« Mais concentre-toi ! On dirait un handicapé là ! »

Oui oui ! Deux secondes bordel ! Ah voilà, j’avais saisi la technique, enfin ! Nous échangeâmes un sourire, l’un reconnaissant, l’autre réjoui. Puis elle se leva et replaça sa chaise correctement. Ce ne fut qu’au moment de se retourner pour regarder derrière elle que je remarquai moi aussi la soudaine attention que nous portaient les joueurs de cartes. Si la jeune femme en rougit, pour moi c’était plutôt agaçant. Qu’avaient-ils à nous observer comme ça ceux-là ? Ils retournèrent très vite vaquer à leurs occupation quand ils croisèrent mon regard foudroyant. Apparemment gênée, Dezba se concentra à nouveau sur son repas et poussa un peu plus le plateau vers moi pour que je puisse en profiter aussi. Tandis que, cette fois, je réussissais à me servir correctement de mes baguettes pour attraper la nourriture, elle griffonna sur son carnet.

« Pourquoi vous dépréciez-vous tout le temps ? »

Sa question me surprit tellement que je ne pris même pas le temps de lui faire remarquer qu’elle m’avait encore vouvoyé. D’ailleurs, je répondis un peu trop vite.

- C’est pas moi, c’est M…

Je me tus avant de faire une grosse boulette et lui révéler que je n’étais pas seul dans ma tête.

- C’est… une mauvaise habitude, me rattrapai-je lamentablement.

Je m’enfermai dans un long silence réflexif tout en buvant un peu de bière. Puis je repris la parole, plus sûr de mes propos.


- J’ai toujours été rabaissé plus bas que terre alors les rares fois où on me fait un compliment, j’ai un peu du mal à y croire.

Plus bas que terre... Ironique pour un fossoyeur.

- Désolé, je ferai des efforts, ajoutai-je avant de m’attaquer aux Yakitori.

Et pour ça, pas besoin de baguettes ! Il suffisait juste de prendre la brochette par un côté pour manger la viande plantée dessus.
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(#) Mar 4 Avr - 22:50
C'est M... ?

Pendant un instant, tu as cru qu'il allait prononcer un nom mais il s'est repris, s'est justifié. Un peu trop vite, peut-être. Que te cache-t-il ? Tu l'observes comme si la vérité pouvait être caché sous ses traits, dissimulée de ton regard par un simple film de peau. Peut-être le sent-il. En tout cas, il se tait. La bière est une excuse tellement pratique pour ne pas parler... Tu ne le lâches pas pour autant, curieuse sans être forcément inquisitrice. Tu n'as aucun moyen de pression sur cet homme, aucun. Il ne peut te dire que ce qu'il veut, tu ne peux qu'attendre - et espérer.

Mais il se tait, préfére ne pas continuer sur cette voie-là. L'idée que cet homme ait été déconsidéré voire humilité te déplait. Il est solide, il est fort, il est indépendant ; qui a pu avoir l'idée de se moquer de ces qualités au point qu'il se défende contre la moindre attention.

Encore un cadeau de votre famille ?
Si ses parents étaient aussi atroces, tu comprends pourquoi il a cherché à fuir si loin. Les paroles peuvent blesser aussi douloureusement que les coups et les ecchymoses restent invisibles, intraitables. Regarde Meyer : seul, dans une contrée inconnue, et pourtant harcelé par des fantômes du passé... N'est-ce pas triste ?

Tu reportes ton attention sur le plat, jouant distraitement avec une boulette. Tu es bien placée pour savoir que les fantomes ne se combattent pas. On leur résiste tant bien que mal, on feint de ne pas les voir mais tout ce qu'on peut faire, c'est prier pour qu'ils nous laissent en paix un jour, une heure, une minute, une seconde.

Avec un peu de retard, tu t'aperçois de ton erreur. Tu secoues la tête dans un petit non, et ratures conscieusement le "votre" pour le remplacer par "ta". Le vouvoiement te colle à la peau, le "tu" est si intime, si sensible... D'ailleurs...

Tu préféres que j'arrête de dire ce genre de chose ?
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(#) Mer 5 Avr - 20:09
« Encore un cadeau de votre famille ? » demanda Dezba.

Je pris cela sur le ton de l’ironie, hochai positivement la tête en me disant qu’on ne choisissait pas sa famille… et c’était bien dommage. Triturant distraitement une boulette au poulpe, la demoiselle semblait réfléchir. J’en profitai pour manger, ne penser qu’au bon goût du porc qui, à l’instant, me faisait un bien fou. Je n’avais plus eu l’occasion de goûter à quelque chose d’aussi bon depuis…


« … que t’as tué Ikko ? »

Je cassai en deux ma brochette à présent vide de viande. Ses quelques mots avaient suffi à me déstabiliser. Ikko… Tout était de ma faute… Non, ne plus y songer ! C’était fini, je ne pouvais pas la faire revenir ! Il fallait que je passe à autre chose.

« J’vois bien que tu regrettes ses bons petits plats du soir. »

Bien sûr que je regrettais… Ce n’était pas la peine de remuer le couteau dans la plaie.

« Tu préfères que j’arrête de dire ce genre de chose ? » s’enquit Dezba d’une écriture fine et hésitante.

Posant les morceaux du petit pic en bois sur le bord du plateau, je haussai les épaules, ne sachant pas vraiment quoi répondre.


- Je… j’sais pas, dis-je. En même temps, j’cache pas mes défauts…

« Y en a trop. »

- ... alors je suppose que c’est normal que tu les remarques.

Je la regardai, cherchant à croiser son regard, y parvins. Puis je lui accordai un sourire rassurant.

- Mais tu sais, au final, je trouve que j’m’en sors pas si mal.

« Pfff, mensonges. »

Je l’ignorai, repris.

- Si j’étais resté en Europe pour travailler avec Meyer Père, j’aurais eu une vie de futur patron bien stressante, ennuyante et remplie de contraintes. Penser boulot, manger boulot, rêver boulot… non merci. Et puis j’ai l’impression que le coût de la vie est un peu plus élevé là-bas qu’à Togi. J’ai pas le meilleur métier du monde mais ça m’va.

Je pris un autre Yakitori et le tendis à Dezba.

- Mais au fait, tu bosses dans quoi ? demandai-je en me rendant compte que je l’ignorais totalement.
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(#) Jeu 6 Avr - 10:00
Pardon ?

Tu lèves un sourcil, ne comprenant pas sa réponse. Tu lui demandes si tu dois arrêter de le complimenter, il te réplique qu'il sait qu'il a des défauts. Tu l'interroges du regard mais ce n'est que lorsque ton calepin rentre dans ton champ de vision que tu comprends. Foutu papier. Encore une fois, le sens de tes paroles est perdu, gobé par la cellulose. Foutu papier... Tu rêves juste d'en arracher la page et de la froisser pour la punir de ce mauvais tour. Tu ne dois pas faire ça, tu risques de l'effrayer. Ton visage se contracte briévement, tu expires. Sous la table tes poings se serrent, hors de sa vue. Calme toi, Dezba, calme toi. Tu te forces à te relâcher.

Avec une force parfaitement contenue au point que ça en devienne peut-être inquiétant, tu ratures quatre ou cinq fois ta phrase sur sa famille puis pointe de la mine les deux dernières lignes.

Je te demandais si je devais arrêter de te dire des choses gentilles. Ca m'ennuierait de devoir te mentir alors je peux au moins essayer d'éviter de te les dire aussi directement.

Est-ce plus clair ? Tu l'espères en tout cas. Tu ne prends pas la peine de commenter son "et si..." qui te semble bien morose et terne, dit comme cela. Tu ne lui laisseras pas la possibilité d'esquiver cette question comme il tente de le faire si souvent.

Quant à ton boulot, tu n'hésites pas. Ce n'est pas un sujet difficile à aborder.

Responsable hotelière au Wolf Wealth, le casino. Ceci explique cela...

Tu te désignes d'un mouvement de la main. Le tailleur n'est pas vraiment ton vêtement favori mais le standing de l'établissement t'y obliges. Tu chipes un yakitori que tu grignotes en partie en cherchant comme expliquer ton travail. C'est que c'est compliqué : les néophytes ne retiennent que le responsable et pensent que tu passes ta journée dans un bureau, ou le hotelier et t'imaginent en train de faire les lits.

En très bref, je gère l'équipe d'entretien et d'accueil tant au niveau planning que ressources humaines, je fais l'intermédiaire avec l'extérieur et je fais connaitre l'hotel en le faisant visiter ou en passant par la publicité.

Tu hausses une épaule, te rendant compte que les mots ne veulent pas dire grand chose et ne laissent certainement pas transparaitre ta fierté d'être à ce porte. C'est que tu as l'impression d'être utile là-bas, indispensable, de la même façon qu'un navire ne peut être dirigé en toute sécurité sans son gouvernail - ou que le gouvernail ne peut exister sans le navire. Tu ne sais pas trop ce que tu ferais sans le WW...

C'est beaucoup de gestion et d'humain mais ça me plait, même si c'est pas parfois... envahissant.
De nouveau, tu désignes ton costume mais du bas vers le haut cette fois, attirant le regard de Meyer en dernier sur le léger maquillage dont tu t'es paré aujourd'hui - et malgré toi, sur les cernes qu'il atténue.
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(#) Jeu 6 Avr - 20:08
D’abord, elle ratura sa phrase concernant ma famille et écrivit autre chose en dessous.

« Je te demandais si je devais arrêter de te dire des choses gentilles. Ça m'ennuierait de devoir te mentir alors je peux au moins essayer d'éviter de te les dire aussi directement. »

Ah, je n’avais pas pris ses mots dans ce sens-là. Au contraire, être complimenté par la demoiselle me faisait très plaisir. C’était également assez gênant puisque je n’en avais vraiment pas l’habitude. Mais à partir de maintenant, j’éviterai de donner l’impression de ne pas apprécier. Je bredouillai quelques excuses tandis qu’elle continuait à griffonner sur son carnet, plus rapidement cette fois. Elle expliqua qu’elle travaillait en tant que Responsable Hôtelière au Wolf Wealth. J’avais vaguement entendu parler de ce casino. En passant devant un jour, je m’étais arrêté pour contempler l’entrée puis m’étais dit que jamais je ne me sentirai à ma place dans un lieu aussi riche que celui-ci.

« Ceci explique cela, » ajouta Dezba en désignant sa tenue.

Effectivement, j’imaginais que pour son métier, il fallait une tenue correcte. En tout cas, elle lui allait bien. Prenant le Yakitori du bout des doigts, la jeune femme en mangea un morceau en réfléchissant. Puis elle écrivit encore.


« En très bref, je gère l'équipe d'entretien et d'accueil tant au niveau planning que ressources humaines, je fais l'intermédiaire avec l'extérieur et je fais connaître l'hôtel en le faisant visiter ou en passant par la publicité. »

Beaucoup de responsabilités en somme. J’étais… admiratif. Je ne me voyais pas du tout assumer tout ça au milieu de types pleins aux as venant jouer l’argent qu’ils avaient en trop.

« C'est beaucoup de gestion et d'humain mais ça me plaît, même si c'est parfois... envahissant. »

Elle désigna à nouveau sa tenue, en plus de son visage maquillé. Je ne voyais pas ce qu’elle trouvait d’envahissant, jusqu’à ce que je songe à nos deux rencontres. Ces soirs-là, elle était vêtue de manière plus décontractée et son visage était au naturel, bien qu’aujourd’hui, elle ait opté pour une touche très légère de maquillage. Le soir, elle devait être soulagée de se changer, comme moi en rentrant du boulot.

« Ouais mais toi t’es plein de terre et t’as transpiré. »

Pas faux. Enfin bref, maintenant que je connaissais son métier, cette femme m’impressionnait davantage. Elle avait l’air de porter un poids de tristesse considérable sur ses épaules et son mutisme ne facilitait pas les conversations. Pourtant, elle semblait prendre très à cœur son rôle de Responsable Hôtelière. Même si j’ignorais le ton qu’elle s’imaginait employer si elle me l’avait dit à l’oral, son écriture vive et intéressée suffisait largement à me démontrer qu’elle tenait bon et aimait ce qu’elle faisait. Pas comme moi…

« T’avais qu’à aller à la fac. »

Et puis quoi encore ? De toute façon, mon père aurait trouvé un moyen de glisser une information dans mon dossier pour dissuader l’administration de finaliser mon inscription. Chassant ces pensées futiles de mon esprit, je pris un autre Yakitori pour le manger. Puis je désignai Dezba avec le bout du pic sur lequel il restait encore un morceau de viande.

- C’est peut-être envahissant pour toi mais moi j’te trouve très jolie comme ça.

« Ah ouais, cash. »


Ben quoi ? C’était la vérité.

« Peut-être mais ça me surprend. Toi, faire des compliments à une femme ? »

Il y avait un début à tout… et je n’étais pas gêné de le dire. Terminant mon Yakitori d’une bouchée gourmande, je réfléchis quelques secondes et repris la parole.

- Mais j’avoue que moi aussi ça m’embêterait de devoir m’habiller aussi bien pour travailler. J’serais pas à l’aise.

Je haussai les épaules.

- En fait j’ai de la chance, je peux mettre ce que je veux pour creuser des trous et entretenir le cimetière. Enfin… j’t’avoue qu’il faudrait que je renouvelle un peu ma garde robe un jour, ajoutai-je en grimaçant. J’ai pas grand-chose pour sortir, j’fais pitié.

Je noyai cet instant de déception dans une gorgée de bière avant de reprendre de quoi manger.
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(#) Ven 7 Avr - 14:19
Tu repousses le plateau, rassasiée. Il ne reste qu'un gyoza ou deux, un peu écrasés, réfugiés contre une feuille de salade. Bonne nourriture, bonne compagnie... Ca t'avait manqué. Tu poses un instant une main contre ton ventre rebondi et savoure l'impression d'être pleine, repue.Tes yeux se ferment un instant pour te laisser te concentrer sur la sensation d'apaisement.

Tu l'entends. Ta main se fige, tes yeux restent fermés un instant avant de se rouvrir brusquement. L'as tu bien entendu ? Tu lui décoches un regard par en dessous, vérifies qu'il ne se moque pas de toi. Visiblement non. Tes lèvres remontent en un petit sourire mi gêné mi ravi que tu lui offres. Tu sais que tu es belle - quoi qu'en disent les autres, c'est une des raisons qui t'a permis d'obtenir ce poste, tu le sais, une belle responsable peut assouplir les tensions par sa simple présence - mais Meyer ne t'a pas vu que dans le cadre de ton travail. Il t'a vu pleurante, reniflante, dégoulinante de pluie et rouge de colère. Même s'il apprécie ton costume actuel, tu sais qu'il a vu autre chose derrière, l'être que tu peux être par moment. Ce n'est pas reluisant, mais c'est bien plus intime que la couche de fard derrière laquelle tu te protèges au travail. Venant de lui, tu peux le prendre comme un vrai compliment t pas comme une tentative de séduction.

Merci.

Un mot triste et froid qui ne montre pas ce que tu ressens à ses paroles. Ne te laissant pas le temps de réfléchir, tu ajoutes à sa suite un petit <3 que tu regrettes presque aussitôt. C'est tellement... puéril. Mais serait-il moins puéril de le barrer maintenant qu'il l'a vu ? Probablement pas, alors joues rosies tu te retiens de le faire.

Vite, quelque chose pour rompre le silence gênant qui risque de suivre, surtout maintenant que vous avez fini de manger. Plus d'excuses pour les blancs... Entrainé tant par la gêne que par la peur de le contraindre au silence, tu embraies sans réfléchir.

C'est donc pour ça que tu finis toutes nos entrevues torse nu ! Moi qui croyais que c'était parce que je te plaisais !

Mais un rire te fait sursauter avant que tu n'aies pu lui tendre le carnet ou rajouter un smiley ironique. Le patron est revenu desservir les plats... et ton écriture est aisément lisible de son point de vue. Tu tournes aussitôt pivoine en fermant d'un clac sec ton calepin.
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(#) Ven 7 Avr - 19:49
Apparemment, mon compliment avait touché Dezba. Elle me gratifia d’un sourire gêné mais réjoui qui me rassura. En effet, j’avais peur qu’elle réagisse mal et m’envoie balader. N’ayant jamais dit ce genre de chose aussi gentille, je me demandais si j’avais l’air sincère en parlant et si mon manque de confiance en moi dans ce domaine se faisait ressentir. En tout cas, j’étais content qu’elle écrive un « Merci » timide sur son carnet. Par contre, je ne m’attendais pas à ce qu’elle rajoute un cœur à côté. Et vu la tête qu’elle fit juste après, je me demandais si elle ne regrettait pas de l’avoir dessiné. Je ne voyais pas pourquoi.

« Elle se croit sur les réseaux sociaux ou quoi ? »

Mais il allait se taire lui ? Elle faisait ce qu’elle voulait ! Enfin bref, je n’allais pas réfléchir trois quart d’heure là-dessus. Je me concentrai plutôt sur ce que la demoiselle écrivait ensuite, les joues rouges et le regard fuyant. Mais avant même qu’elle puisse tourner le carnet vers moi, un éclat de rire retentit tout près, faisant sursauter Dezba et attirer le regard des vieux joueurs de carte. Le barman se tenait à côté de notre table et venait apparemment de lire ce que la jeune femme griffonnait. Qu’est-ce qui lui arrivait à lui ? Le visage cramoisi, Dezba ferma le carnet d’un coup sec. Je foudroyai le barman du regard.

- Eh, c’pas parce que t’es chez toi que t’as le droit d’espionner les gens, dis-je irrité.

Je poussai vers lui le plateau sur lequel il restait encore quelques morceaux éparpillés de Gyoza.


- Embarque plutôt ça et ramène-nous des bières. Et vite avant que j’te casse ce plateau sur la tête !

Me croyant sur parole – et il avait raison – il débarrassa la table et s’éloigna.

- Et vous, occupez-vous de vos cartes à la con ! rétorquai-je à l’adresse des deux vieux qui ricanaient dans leur coin. En plus toi tu triches ! ajoutai-je en pointant le plus éloigné des deux d'un doigt accusateur.

Son sourire glissa sur son visage.


- Non je ne triche pas ! se défendit-il.
- Si tu triches ! renchérit son collègue en se tournant vers lui.

Et ils commencèrent à se chamailler. En vérité, je ne savais pas du tout si l’un d’eux trichaient dans leur jeu mais au moins, ils ne faisaient plus attention à nous. Je soupirai, regardai Dezba qui ne savait plus où se mettre.


- Désolé… La prochaine fois j’t’emmène ailleurs, ces types craignent trop.

« Ah oui ? T’as envie de la revoir alors ? »


… Merde. Elle allait se dire la même chose. Mais… et si j’avais vraiment envie de la revoir ? Qu’y avait-il de mal à ça ?

« Si tu savais... »

Je l’ignorai, me raclai la gorge, embarrassé par des paroles honnêtes mais irréfléchies.

- Enfin… si… si t’as envie, bredouillai-je en regardant un nœud dans le bois de la table d’un air très intéressé.
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(#) Sam 15 Avr - 23:02
Tu te sens rougir sous les rires et les regards. Est-ce la fatigue ? Tu as l'impression qu'ils ricanent de toi. Des accents de hyène te heurtent les oreilles, des accents moqueurs, hirsutes et acres. Tes doigts se referment sur ton calepin, presque tremblants, juste pour que tu aies quelque chose à quoi te raccrocher.

Tu as l'impression de te voir par leurs yeux, mais plus que la moquerie, c'est du dégout que tu ressens. Qui est cette femme apprêtée, bien installée à cette table ? Cette femme qui, quelques minutes auparavant, minaudait et rougissait sous les compliments intéressés de l'homme en face ? Est-ce vraiment Dezba ? Dezba S Dineh, la mère - non, pardon, l'ex-mère ? Ne sait-elle pas que son fils est mort ? Elle le sait ? C'est pire. C'est qu'elle a oublié alors, oublié que son bonheur reposait sous terre désormais, perdu pour toujours. Elle rit au lieu de pleurer et ses trilles de rire sont comme un crachat baveux, un glaviot lancé contre les morts. Si elle rit, si elle ne pleure plus, qui se souviendra de son fils ? Qui prendra soin de sa mémoire lorsque les vers auront fini de dévorer ses chairs et qu'il ne restera plus que de lui un amas d'osselets blancs et une tombe à l'épitaphe érodée ?

Non, tu ne ris plus. Toute la bonne humeur de la soirée te semble avoir disparu, aspiré par ce moment de gêne. Tu fouilles dans ton sac comme pour y trouver quelque chose alors que tout ce que tu veux, c'est cacher ton visage tordu. Ton portable, tu prends ton portable et fais mine de vérifier les messages. Juste une minute, le temps de te ressaisir, de ne pas gâcher le moment pour Meyer.

La prochaine fois, il t'emmène ailleurs ? Tu relèves subitement la tête et le regarde en face, ton portable encore à la main. Il est sérieux ? Malgré ton comportement, il voudrait quand même te revoir ? Tes yeux fouillent les siens pour t'assurer que ce n'est pas une moquerie. Non... Il ne se moque pas. Ton estomac se retourne, encore emmêlé de révulsion, de gêne et de rire. Tu te sens comme si tu allais être malade. Tu dois t'isoler, te calmer avant

Fébrilement, tu griffonnes sur le calepin ton numéro de téléphone, ton nom et lui tend. C'est un instinct, tu sais que si tu files comme ça à l'anglaise il va croire que c'est sa faute alors que non, pas du tout, c'est toi. En dessous, un gribouillis

Toilettes


Et tu files laissant tout en plan. Tes affaires. Ton téléphone. Meyer. Tout.

La porte des toilettes bat derrière toi.
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