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Un fossoyeur en mauvais état

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(#) Ven 24 Mar - 19:54
- Scheiβe (Putain)…

Je venais de vivre les dix minutes les plus longues de ma vie. Heureusement qu’aucune personne de mon entourage n’avait assisté à l’humiliation à laquelle je venais d’être victime. Je ne pensais pas devoir affronter à nouveau les quatre types de l’autre soir, ceux contre lesquels je m’étais battu derrière le cimetière pour les empêcher de faire du mal à Kitsa. Sauf qu’en cette soirée froide et pluvieuse, ces petits malins avaient préféré se venger en amenant avec eux deux autres amis aussi remontés que s’ils avaient subi la même défaite. Ces idiots avaient attendu que le soleil se couche et que mes collègues s’en aillent pour me tomber dessus. Évidemment, c’était un soir où je ne travaillais pas tard mais où j’avais voulu faire un tour au cimetière pour trouver un peu de tranquillité. Si j’avais su, je serais rentré chez moi directement…
Au début, ils ne m’avaient pas reconnu parce que j’avais changé de couleur de cheveux la veille : j’étais désormais teint en blond. Bref, chacun avait assez bu pour se sentir apte à me faire la peau facilement. Sauf que j’avais su me défendre… du moins au début. A six contre un, je ne pouvais pas faire de miracle, même si je savais me battre. Deux d’entre eux m’avaient suffisamment assommé pour pouvoir m’immobiliser, et ainsi laisser aux autres le loisir de me frapper à tour de rôle. Un vrai petit jeu d’enfoirés incapables d’avoir les couilles de m’affronter seul à seul. J’avais résisté du mieux que j’avais pu, trop affaibli pour riposter. Et quand ces sales ivrognes avaient enfin réalisé que j’avais eu mon compte – que ce soit physiquement ou verbalement – ils m’avaient laissé gésir au sol comme un pauvre mendiant, à moitié inconscient, trempé par la pluie.
Cela faisait maintenant plusieurs minutes que je restais par terre, préférant d’abord évaluer mon état. Mon corps était transi de douleur, de la tête aux pieds. J’avais la bouche, le nez et l’arcade sourcilière en sang, des hématomes sur les bras, les jambes, le dos et la poitrine, ainsi qu’une belle plaie à la tête, juste au-dessus du front, là où l’un d’eux avait eu la superbe idée de me frapper avec le coude… J’avais su à peu près protéger mon visage donc il n’était pas gonflé et mes yeux allaient bien. Mais ma veste était pleine de terre, mon tee-shirt déchiré sur le côté et taché de sang, et j’avais les mains et les bras tout égratignés. Je devais rentrer chez moi et me soigner. Malheureusement, je ne pus faire que quelques mètres avant de trébucher comme un con sur le rebord en marbre d’une tombe récemment fleurie. Je m’étalai de tout mon long dans l’herbe en poussant un cri de douleur.


- Bordel ! grondai-je désespéré.

« On peut dire que c’est pas ton jour de chance, » commenta Meyer.

Parce qu’il existait un jour de chance ? Je ne l’avais jamais vécu. Frigorifié et souffrant, je décidai de ne pas reprendre la route tout de suite et de rester là encore un moment. Je me redressai en position assise et appuyai mon dos contre le côté de la stèle qui surplombait la tombe devant laquelle j’étais tombé. Je soupirai, gémis entre mes dents avec la désagréable impression d’être le type le plus faible du monde. Il pleuvait tellement que l’eau ruisselait sur mon visage, se mélangeant à mon propre sang…
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(#) Ven 24 Mar - 20:22
Clac. Tu ne prends même pas la peine de vérifier que la portière de ta voiture est bien fermée, tu appuies sur le verrou automatique en t'éloignant à grands pas. La nuit est tombée depuis bien longtemps mais tu ne crains particulièrement d'être attaquée - ou volée et quand bien même on te la volerait, la voiture ne vaut plus grand chose.

Tu passes dans le cimetière en prenant le chemin inverse de l'autre nuit. Tu manques glisser sur le sentier boueux, mais tu y arrives. Meyer est-il là ? Tu te poses fugacement la question mais ne t'y attardes pas. Depuis ce soir là, tu es revenu plusieurs fois sur la tombe de ton fils sans jamais le croiser. Peut-être est-ce mieux ainsi. Que pourrais tu apporter à cet homme, toi, la mère de famille muette et inconsolable ? Mieux vaut le laisser tranquille et conserver votre rencontre comme un petit moment de grâce.

Le cimetière est vide. Normal, à cette heure là. Ton portable à la main, tu éclaires les environs. Ton porte-feuille est porté manquant depuis ce matin. Tu as fouillé tous les lieux où tu aurais pu le perdre... sauf celui-ci. Serait-il tombé de ton sac lorsque tu es venu te recueillir hier soir ? Tu ne le crois pas, mais tu ne vois pas où il pourrait être autrement. Sinon, c'est que quelqu'un te l'a volé - et ça, ça te ferait très mal. Le seul endroit où quelqu'un aurait pu fouiller dans ton sac, c'est au Wolf Wealth, ton travail, ton refuge. Tu pris pour que ce ne soit qu'un oubli de ta part.

Tu remontes le long de l'allée. Le peu de lumière de ton portable découpe en formes noires les stèles alentours que les vagues de pluie animent. Pas de lune ce soir. Pas de lumière, mais pas de sourire de mort. Tu fais outre et avances, petit à petit. Ta gorge se serre au fur et à mesure que tu approches de la tombe de ton fils mais tu passes outre. Tu as vraiment besoin de le retrouver, ce porte-feuille.

Et soudain, un bruit. Un grand bruit, comme quelqu'un qui se déplace et un râle Cette fois-ci, la panique ne te submerge pas. Meyer t'a parlé de voyous trainant dans le coin ; tu attrapes d'un geste la bombe lacrymogène et attends une possible attaque, doigt sur la gachette. Tu ne te fais pas assez confiance pour te défendre au corps à corps mais piquer un cent mètres, ça, tu en es tout à fait capable - surtout si le poursuivant crache ses poumons derrière toi.

Mais personne ne vient. Le gémissement retentit de nouveau. Tu hésites. Tu as envie de continuer ton chemin mais.. si quelqu'un était blessé ? Ne devrais tu pas aller voir ? Tu oscilles entre les deux décisions mais un autre râle te fait pencher du coté du bon samaritain. Au pire, tu perdras deux minutes de ta vie ; qu'as tu à perdre.

Clopin clopant, tu avances. Une main tient le portable, source de lumière ; l'autre la bombe, arme de sureté. Ta capuche ne te protége pas suffisamment, la pluie se glisse le long de ta chevelure et dégouline sur ton visage. Tant pis ; tu te refuses à lâcher l'un ou l'autre.

Et enfin tu tombes sur la source du gémissement. La lumière jaunâtre d'un lampadaire au loin te rappelle une nuit pas si lointaine et l'impression de déjà-vu atteint son paroxysme lorsque tu découvres le gisant.

Meyer.
A moitié inconscient.
Saignant.

Tu aimerais tomber à genoux mais tu te retiens. Et si ceux qui l'ont mis dans cet état étaient encore là ? Prudemment, tu fais le tour, serrant si fort ta bombe que tu manques la déclencher par erreur puis finit par te rapprocher de lui.

LA pluie est trop forte pour que tu sortes ton calepin. Tu ne peux plus parler. Tes mains sont prises Jamais encore tu n'as ressenti aussi fort ton handicap. Tu te résous à claquer de la langue plusieurs fois, jusqu'à ce qu'il lève le nez vers toi et te regarde. T'a t il reconnu sous ton imperméable détrempé ? Tu l'ignores et ne peux pas lui demander. Au lieu de cela, tu désignes les environs de ta main armée et désigne son corps du menton.

Les alentours sont-ils sûrs ? Peux tu l'aider en toute sécurité ?
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(#) Sam 25 Mar - 0:30
Je me demandais si je n’allais pas passer la nuit ici quand un petit bruit me parvint. Il avait l’air proche, juste devant moi. Je ne savais pas ce que c’était, je n’arrivais pas à le distinguer, même en l’entendant encore plusieurs fois. J’étais si épuisé que je ne parvenais même plus à bouger ne serait-ce qu’un doigt. Mais je pris quand même la peine d’ouvrir les yeux, lentement. Je vis des chaussures à demi recouvertes par un pantalon de couleur foncée. De petits pieds, des jambes fines. Une femme peut-être ? Tout ce que je savais, c’était qu’elle sentait bon les fleurs. Mais qui cela pouvait-il bien être ?

« Lève la tête et tu sauras, » dit simplement Meyer.

Ce que je fis en ayant l’impression d’entendre mes muscles se plaindre. Dezba. C'était Dezba Dineh. Cela faisait quelques jours que nous nous étions rencontrés ici même, dans ce cimetière. Depuis, je ne l’avais plus revue. Elle venait sûrement quand j’avais fini de travailler ou quand je me trouvais ailleurs, occupé à entretenir la verdure. En tout cas, je n’imaginais pas que notre prochaine rencontre se déroulerait de cette façon. J’étais dans un état lamentable, je devais faire pitié. En fait, je n’avais aucune idée de la situation que j’aurais préféré affronter à la place de celle-ci. Toujours est-il qu’à présent, je me trouvais là assis dans l’herbe mouillée, abattu, et Dezba se trouvait devant moi, se demandant certainement ce qu’il s’était passé. En regardant mieux, je remarquai qu’elle tenait son téléphone éclairé d’une main et un petit objet cylindrique de l’autre.


« C’est quoi ce truc ? »

Ça ressemblait à une bombe lacrymogène ou quelque chose dans le genre. Mon cœur rata un battement. Avait-elle croisé les autres types ? Allait-elle bien ? Que faisait-elle ici sous cette pluie battante sans même avoir pris de parapluie ? Je n’osais pas la regarder en face, trop honteux de me montrer dans un tel état de faiblesse. C’est alors que Dezba bougea. Elle montra les alentours d’un geste de la main, pointa quelques points invisibles au hasard avec sa bombe lacrymogène. Puis elle me désigna du menton. Je ne comprenais pas. Je peinais à me concentrer. J’avais tellement mal au dos…

« Tu ferais mieux de réagir. Elle est en train de prendre une sacrée douche à cause de toi. »

Oui. Il avait raison. Il pleuvait si fort que mes oreilles bourdonnaient. D’un geste lent et fatigué, je m’essuyai le coin des lèvres d’un revers de main. Puis j’essayai de me lever… sans succès.

« Oh allez, fais un effort ! »

Facile à dire. Je tentai encore en m’appuyant sur la stèle. Cette fois, je parvins à me mettre debout, légèrement courbé par la douleur, incapable de lâcher prise sur le marbre mouillé au risque de retomber par terre. Sans regarder Dezba, je pris la parole.

- Tu devrais te mettre à l’abri.

« T’es sérieux là ? »


C’était tout ce que j’avais en stock.
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(#) Sam 25 Mar - 11:33
Ses yeux troubles, tu les crois tout d'abord dus à la pluie. Tu ne saisis que c'est la douleur qui obscurcit sa vue qu'après sa tentative ratée pour se lever. Ca te fait un choc de voir cette montagne humaine incapable de faire ce geste aussi simple. Qui a pu le mettre dans un tel état ? Tu restes presque paralysée par cette vision, et l'inquiétude d'ignorer où est son agresseur ne t'aide pas à te décider à ranger ta bombe.

Mais il te parle et instinctivement, tu sens la colère, cette jeune ennemie, te monter au cerveau. Pense-t-il que tu es si faible pour avoir besoin de te sauver ? Ou te croit-il égoiste à ce point ? Tu te raidis sous la pluie et ton regard l'instant d'avant perdu se fait dur. Tu n'aimes pas être sous-estimée. Tu ne l'as jamais aimé mais depuis que tu es véritablement diminuée... non. Tu peux faire autant que les autres. Plus que les autres, même. Ou si tu ne le peux pas, tu le devrais au moins !

Tu souffles , exaspérée, et secoue la tête comme un chien qui s'ébroue sous sa capuche humide. La colère a ça de bon qu'elle est motrice par opposition à la sidération. Tu n'as pas le temps de papoter ou de t'expliquer. Les choix qui s'offrent à toi sont limitées : le laisser là, le ramener à l'abri, prévenir quelqu'un. Tu te refuses à le quitter dans cet état - ce serait lui donner raison - et tu ne peux prévenir personne via téléphone à cause de ton mutisme. Il ne te reste donc qu'une seule option.

Un dernier regard alentour, et tu tapes du pouce sur ton clavier, utilisant l'application SMS pour écrire. La pluie drue t'empêche de taper correctement ; tu réfrénes ton envie de prendre ton temps pour te corriger. Ce n'est pas important tant que c'est compréhensible. Tu franchis la distance vous séparant et lui met d'office dans la main ton téléphone pour qu'il déchiffre sur l'écran brillant ce que tu as à lui dire.

je vous rameme au centse sinnn je vais chercher le gardidn


Il lit.

Tu viens à ses cotés, prêt de son épaule. Tu as toujours autant de mal à croire que tu es presque aussi grande que lui mais en la circonstance, tu es juste à la bonne taille pour le soutenir. Seras-tu assez forte pour le faire ? Tu sers les dents. Non n'est pas une réponse acceptable à cette question. Tu le raméneras au centre, point final.

Vous avancez dans la nuit, étrange bête à quatre pattes dont une main abimée tient un téléphone qui éclaire par intervalle la route devant elle et l'autre, bien plus fine, la bombe lacrymo.
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(#) Sam 25 Mar - 20:04
Et cela ne sembla pas plaire à la jeune femme. Évidemment, celui qui se trouvait dans la plus mauvaise posture, c’était bien moi. Par contre, je réalisai que sa réaction pouvait passer pour de l’affection… un minimum d’affection. Si elle se fichait de mon état, si elle n’avait cure de savoir pourquoi je demeurais si mal en point, elle serait déjà partie vaquer à d’autres occupations. Elle m’aurait écouté. Mais non, elle resta plantée devant moi et souffla d’exaspération en hochant la tête, apparemment décidée à m’aider. Jetant un dernier regard autour d’elle, elle porta son attention sur son téléphone et se mit à tapoter sur l’écran avec son pouce. Une fois son message écrit, elle me mit le téléphone dans la main pour que je puisse le lire. Elle me menaçait d’appeler le gardien si je ne voulais pas la suivre jusqu’à l’intérieur du centre funéraire. Pitié pas lui.
Conséquemment, quand elle se plaça à côté de moi pour me soutenir à demi le temps de faire le trajet jusqu’au hall, je n’opposai aucune résistance et fis un effort pour bouger. Marcher les quelques mètres qui nous séparaient du bâtiment ne fut pas facile mais nous y parvînmes tout de même, trempés jusqu’aux os. Je m’en voulais de faire subir ça à Dezba. Je voyais bien qu’elle m’aidait volontiers et je lui en étais reconnaissant. Toutefois, j’aurais préféré que ce genre de situation n’arrive jamais. Face à elle comme à n’importe qui d’autre, je ne voulais pas me montrer faible, que les gens découvrent ce qui se cachait derrière cette carapace caractérielle et corporelle que je m’étais forgée depuis tant d’années. En compensant ma fragilité mentale avec la force physique, je me sentais mieux, plus sûr de moi, moins tenté de replonger… même si, en vérité, cela arrivait plus souvent que je le souhaitais.
Une fois devant l’entrée du centre, je fouillai maladroitement dans les poches de mon jean pour sortir la clé. Je déverrouillai la porte et nous pénétrâmes dans le hall plongé dans la pénombre. De peur que le gardien ait des soupçons, ce que je n’avais pas pris la peine de juger la dernière fois que j’avais fait entrer Dezba ici, je guidai cette dernière dans le noir jusqu’à la porte de la salle de repos. Ce n’est qu’une fois enfermés dans cette fameuse pièce que j’allumai la lumière. Je voulais me poser, m’allonger quelque part et dormir des heures, oublier ce que je venais de vivre. Mais il fallait que je me nettoie, que je me débarrasse de ma veste et de mon tee-shirt bon à jeter. Je repoussai donc gentiment Dezba et me rendis lentement devant l’évier. Un bon coup d’eau chaude sur le visage me réconforta un peu, je me sentais déjà mieux. Après m’être séché avec quelques feuilles d’essuie-tout, j’allai m’asseoir sur la chaise la plus proche en gémissant de douleur. Le canapé me faisait de l’œil, je m’y serais bien allongé. Mais mes vêtements étaient tout mouillés, je n’avais pas envie d’avoir de problèmes avec le directeur du centre.
Après hésitation, je réitérai mes efforts pour enlever ma veste. Je la laissai tomber par terre à côté de moi, avant de retirer mon tee-shirt également. J'en fis une boule et le mis sur la veste. En regardant les traces de coups sur mes bras et ma poitrine, je ne me rappelais pas en avoir eu autant après une bagarre. A croire que je m'étais plutôt bien débrouillé jusqu'à maintenant... Je fermai les yeux un moment, soulagé d’être entré au chaud même si mon corps me faisait toujours un mal de chien. Puis je les rouvris et accordai un sourire faussement amusé à Dezba.


- L’autre jour je t’ai dit d’être prudente et au final, c’est moi qui me fais tabasser, dis-je avant de lâcher un long soupir. La bonne blague...
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(#) Sam 25 Mar - 23:56
La pluie est glaciale et Meyer est lourd. Tu ahanes mais continues de le supporter ; ton entêtement compense ton manque de force. Dans ta tête, tu comptes la distance restante comme un écolier décompterait les minutes le séparant de la récréation : encore vingt mètres. Encore dix mètres. Encore cinq mètres. Encore deux mètres. Plus tu te rapproches de la porte, plus tu as l'impression que le poids de Meyer croit, comme si le centre funéraire appuyait sur ses épaules.

Enfin, vous arrivez à la porte ; il trouve ses clefs et des forces. Tant mieux ; à l'intérieur, vous avancez dans le noir. Tu ne comprends pas pourquoi mais Meyer semble contrarié lorsque tu fais mine de chercher l'interrupteur ; ne pouvant discuter, tu fais contre mauvaise fortune bon coeur et l'aide à avancer. Le sol est lisse mais glisse sous vos semelles détrempées. Ton esprit visualise sur le carrelage derrière vous deux traces d'empreintes détrempées, lignes en pointillés vous reliant à la porte.

Enfin la salle de repos et de la lumière. Tu lâches un râle muet de fatigue lorsqu'il se décide à avancer tout seul jusqu'à l'évier et te laisses tomber sur un banc. Au sol, sous toi, une flaque d'eau commence déjà à se former mais tu n'y prêtes pas attention, grimaçant à la vue de son dos nu et meurtri lorsqu'il enlève sa veste et son tee-shirt. Comment va t il soigner ça ? La réponse est simple : il ne le fait pas. Il n'y pense même pas. De l'eau sur le visage, un rapide essuyage à l'essuie-tout et il se laisse tomber sur une chaise voisine. Tu lui jettes un regard perplexe en otant ton imperméable - qui n'a plus grand chose d'imperméable vu l'état de tes vêtements en dessous ; va t il demander de l'aide ? Ou au moins faire quelque chose pour se soigner ?

Mais non, il se limite à balancer une vanne faussement drôle et vraiment fatiguée. Tu secoues la tête, agacée. Pourquoi doit-il se comporter en enfant ? Croit-il que tout va s'arranger d'un coup de baguette magique ? S'il n'était pas adulte, tu le reprendrais comme un enfant - mais il est adulte et tu dois le traiter comme tel.

Mains encore humides ; tu ressors ton portable.

Où est l'armoire à pharmacie ?

Il y en a forcément une. Tu le sais, c'est toi qui est responsable de l'hotellerie du Wolf Wealth : chaque lieu public de Togi doit en avoir une, compléte et utilisable en cas d'incident majeur. Tu y trouveras au moins de quoi désinfecter ses plaies et de l'arnica pour atténuer la douleur.

Elle n'est pas loin et quoi qu'il en dise, tu ne le laisses pas t'en détourner ; tu reviens avec son contenu, disposes une chaise derrière lui. D'abord le dos, penses-tu, puis le reste. Il pourra ainsi s'allonger si besoin ou s'il fait un malaise par la suite. Plus qu'à te laver les mains et les sécher - tu as l'impression que c'est la seule partie de ton corps à être sèche désormais...

Parlez. Je suis muette, pas sourde

Qu'il râle ou te dise que ce n'est pas la peine, tu t'en fiches. Une tape derrière la tête et un regard sévère et tu commences les soins.
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(#) Dim 26 Mar - 13:14
Une blague qui ne la fit pas rire du tout visiblement. Mais qu’importait. Pour le moment, j’avais surtout besoin de souffler un peu, prendre le temps de retrouver des forces et surtout faire quelques soins. Où était passée cette foutue armoire à pharmacie déjà ? Je n’avais jamais eu l’occasion d’aller l’ouvrir. Y en avait-il seulement une ? Normalement oui, c’était obligatoire dans chaque établissement public. En écho à mes pensées, Dezba demanda – toujours par écrit sur son téléphone – où elle pouvait trouver cette fameuse armoire. J’eus tout juste le temps de hausser les épaules avant qu’elle parte faire des recherches, me laissant seul dans la salle de repos. Elle revint rapidement avec une trousse de soins, se lava les mains et s’installa sur une chaise derrière moi. Quand ses doigts effleurèrent mon dos, je frissonnai et cela accentua davantage la douleur. Mais au fait… je pouvais me soigner tout seul.

« Parlez, je suis muette, pas sourde, » écrivit-elle en quelques secondes.

Je me tournai à demi et lui accordai un regard perplexe. Elle répondit par un air sévère et une tape derrière la tête.


- Eh… me plaignis-je à demi voix sans pour autant riposter plus que ça.

« Elle se prend pour ta mère ou quoi ? » s'exaspéra Meyer.

Pour que les soins soient plus aisés, je me levai à demi et tournai la chaise d’un quart pour lui éviter d’être gênée par le dossier. Je me rassis en essayant d’oublier les lancements que j’avais dans les jambes.


- Je sais que t’es pas sourde, repris-je calmement. Qu’est-ce que tu veux que j’te dise ? J’ai… j’ai pris une grosse branlée…

J’eus encore plus honte en le disant à voix haute.

- … et ce serait pas arrivé s’ils avaient eu les couilles de venir un par un... ces sales connards.

Je tressaillis sous l’effet de l’alcool sur mes blessures. D’habitude, ce n’était pas si dérangeant mais aujourd’hui, je devais me sentir trop faible pour y résister aussi facilement. D’un geste las, je tendis la main sur le côté pour attraper la petite bouteille d’alcool et du coton. Puis je m’occupai de soigner mes bras. L’un des types armé d’un couteau avait bien failli me planter pour de bon si je ne lui avais pas cassé le poignet avant. Par conséquent, j’en étais ressorti avec une entaille près du coude et une autre sur le côté du ventre. Je tentais de me rassurer en me disant que ça aurait pu être pire mais j’avais du mal à accepter une telle défaite.

« Ils étaient six, qu’est-ce que tu pouvais faire ? T’es pas un super héros. »

Je le savais bien. C’était quand même humiliant.
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(#) Dim 26 Mar - 20:35
Tu lèves les yeux au ciel. Les hommes ! Toujours en train de se plaindre ! Il est perclus de coups et blessures, son coté présente une éraflure due à une lame et au lieu de se réjouir d'être encore en vie, il se plaint d'avoir perdu. Tient-il donc si peu à la vie ? A moins qu'il ne se prenne pour un gros bras. Encore un optimiste, soupires tu en continuant à désinfecter ses plaies. Quand la vie vous en veut, vous ne pouvez rien faire pour vous défendre. Rien. Il t'a fallu Tabanata pour le saisir ; tu espères que lui le comprendra avant d'y perdre la vie.

C'est un optimiste, mais pas un manchot, tu dois au moins lui reconnaitre ça. Il finit par attraper de quoi se nettoyer les bras et et soigne ses blessures. C'est une bonne chose, penses-tu : mieux vaut qu'il se soigne au lieu de ruminer sa fierté mal-placée. Tu continues ton travail d'infirmière, lui faisant signe par geste de te rendre la bouteille quand il y en a besoin. Par chance, ça, il arrive à le comprendre sans que tu n'aies à saisir ton téléphone ; les mains pleines d'alcool, tu l'aurais sans doute ruiné.

Enfin tu arrives à la fin, tamponnant de ton coton la blessure qu'il a au flanc. Il n'a rien dit mais tu sais que le contact lui est désagréable ; à chaque blessure soignée, tu l'as senti se tendre comme sous l'effet d'une décharge électrique. D'une tape sur l'épaule, tu lui signales que tu t'arrêtes là et te relève. Son dos est en mauvais état mais devrait soigner. La seule blessure qui nécessite peut-être des points de suture - du moins tu le penses, tu maitrises les premiers secours mais n'a pas fait médecine - c'est cette vilaine plaie sur le coté.

Les jetons rougeatres finissent à la poubelle ; tu te laves soigneusement les mains, fronçant le nez devant l'horrible odeur artificielle de jasmin que répand le savon à ta disposition. Dans le miroir, une jeune femme aux allures d'épouvantail, les cheveux désordonnés et mèches mal séchées, te rend ton regard. Tu l'ignores et te détourne d'elle. Tu n'as rien à lui dire.

Avant de revenir le voir, tu attrapes ton calepin et ton stylo. Tu n'aurais jamais cru ça possible, mais c'est un soulagement d'écrire ainsi maintenant. Rien n'est plus frustrant que d'essayer de taper un message sous la pluie, les doigts glissant sur le clavier et les lettres se mélangeant.

Il faudrait vous faire examiner. Peut-être besoin de point de suture.


Mais tu vois bien qu'il t'ignore, morose. Toujours en train de remâcher ta défaite. L'agacement revient et cette fois-ci, c'est un calepin qu'il se prend sur la tête. Où est passée la montagne sur laquelle tu as pleuré l'autre nuit ? C'est ça, l'homme qui était censé t'abriter du chagrin ? En se montrant aussi puéril, il se déprécie et il te montre que tu t'es trompée sur lui. Que tu n'es pas fiable dans ton jugement. Ca, ça te met en colère petit à petit. Tu la contiens mais s'il continue à se comporter ainsi, tu ne jures de rien.

Ils étaient plusieurs, vous n'auriez rien pu faire. Arrêtez de vous prendre pour un super-héros, vous êtes un homme !

Tu rajoutes un gribouillis furieux en dessous.

Si moi je m'étais fait agresser par plusieurs hommes, vous m'auriez dit que je n'aurais rien pu faire et que j'avais de la chance d'être encore vivante. La logique, vous connaissez ?
Tu ne te rends même pas compte que ton ironie peut mal passer par écrit - et peut-être justement n'est-ce pas de l'ironie. Tu sais juste qu'il t'énerve à geindre ainsi.
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(#) Dim 26 Mar - 23:27
Quelques minutes passèrent, minutes durant lesquelles Dezba s’occupaient des blessures que j’avais dans le dos, ainsi que de la plaie ouverte sur le côté de mon ventre. Pour ma part, j’avais fini de désinfecter mes bras et ma poitrine. Au niveau des jambes, je ne devais porter que des bleus, je m’en remettrais comme pour le reste. Quand elle eut terminé, la demoiselle me le signala d’une petite tape sur l’épaule. Les cotons imbibés d’alcool et de sang finirent à la poubelle. Je me levai doucement, encore un peu faible. Mais je tenais correctement debout cette fois, c’était déjà pas mal. Je regardai mon infirmière de passage se laver les mains. Une fois fait, elle alla écrire dans le fameux carnet qu’elle m’avait présenté le jour de notre rencontre. Il lui servait à communiquer et j’imaginais que se servir d’un stylo devait être plus pratique que taper sur l’écran tactile d’un téléphone.

« Il faudrait vous faire examiner. Peut-être besoin de points de suture, » lus-je en m’approchant.

Des points de suture ? Vraiment ? Demeurais-je si mal en point ? Mon étonnement désinvolte ne sembla pas lui plaire puisque je me pris un coup de carnet sur la tête.


« Ils étaient plusieurs, vous n'auriez rien pu faire, ajouta-t-elle à la suite de sa première phrase. Arrêtez de vous prendre pour un super-héros, vous êtes un homme ! »

Mais je le savais bien !

« Si moi je m'étais faite agresser par plusieurs hommes, vous m'auriez dit que je n'aurais rien pu faire et que j'aurais de la chance d'être encore vivante. La logique, vous connaissez ? »

Je soupirai, agacé.

« N’empêche qu’elle a raison. »

Oui… Je me voyais bien lui dire qu’elle n’aurait rien pu faire avec sa petit bombe lacrymogène face à six type complètement ivres. Mais je préférais me taire, ne voulant pas envenimer les choses. Je décidai également de mettre ma fierté de côté au risque de me prendre un autre coup de carnet sur la tête.

- Ça va… lâche-moi avec ça, maugréai-je. J’ai compris.

Je lui tournai le dos pour aller me contempler dans le miroir. Il restait à nettoyer la plaie que j’avais au-dessus du front, à la base des cheveux. Heureusement, elle ne saignait plus. Un coup de coton aspergé de désinfectant et ce fut vite réglé. Je me lavai les mains à mon tour.

- J’irai à l’hôpital demain matin, déclarai-je en réalisant en même temps que je ne pouvais pas m’y rendre à cause du travail.

Tant pis, j’appellerai le patron et lui ferai bien comprendre la situation. Je jetai un coup d’œil à travers le miroir. Dezba avait l’air contrarié.


« Bah… ça va lui passer. »

Sûrement mais je me demandais bien pourquoi elle tenait tant à me voir en bonne santé.

« Réfléchis, elle a perdu quelqu’un récemment. Tu crois que ça lui ferait plaisir de savoir que le type qui l’a aidée l’autre fois se fiche complètement de sa propre existence ? »

En même temps, ce n’était pas totalement faux.

« Gott (Seigneur), tu me fatigues… soupira Meyer. Il faut vraiment que tu te rendes compte que tu peux être apprécié. C’est pas que ça m’enchante parce que tu ne mérites vraiment pas ça... »

Merci, ça faisait plaisir.

« … mais si tu ne remarques même pas qu’on est en train de percer la coquille de solitude que tu t’es construite dans l’intention de te vouloir du bien, alors là j’peux plus rien pour toi. A part te faire chier. »

Ça, je l’avais constaté. A chaque fois que je côtoyais quelqu’un qui avait l’air de passer un bon moment avec moi, il se manifestait toujours de façon à m’énerver, m’angoisser, me faire culpabiliser. Parfois, j’avais l’impression qu’il m’aidait alors qu’en fait, il me jouait des tours. Il faudrait vraiment que je m’en débarrasse un jour. Revenant à la réalité, je me séchai les mains et me tournai vers Dezba en m’appuyant contre l’évier. Elle avait abaissé la capuche qui protégeait sa tête de la pluie mais ses cheveux étaient quand même trempés. Ni une ni deux, je me rendis dans le vestiaire à côté et allai dégoter une serviette propre. Je rejoignis ensuite la demoiselle et laissai tomber le tissu cotonneux sur sa tête. Une seconde d’hésitation et je frictionnai ses cheveux, plus pour la décoiffer et l’embêter que pour l’aider à se sécher.

- Fais pas la gueule, Fräulein (Mademoiselle), dis-je en lui laissant la serviette sur la tête. Je…

Oh… c’était plus dur à dire qu’à penser. Je me raclai la gorge, gêné, et détournai le regard.

- M… merci.

« Constantine Meyer vient d’apprendre le mot Merci. On applaudit Constantine Meyer ! »


Il ne se tairait jamais…
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(#) Lun 27 Mar - 19:30
Encore une fois, il prend ça à la légére et préfére répondre une banalité. Il se retourne vers le miroir en faisant mine de finir de soigner une plaie ; tu fusilles du regard son reflet avant de te détourner à son tour. La colère ne s'en va pas et au contraire s'emplifie. Tu sais que si tu ne fais rien, tu es bonne pour taper sur quelque chose dans quelques minutes et tu préférerais autant que ce ne soit pas le fossoyeur, bien assez amoché comme ça.

Soupirant, tu retournes auprès de ton sac. Pas la peine de chercher à te sécher ; contrairement à Meyer, tu as un minimum de pudeur et tu ne trouveras rien pour te changer ici.Du bout des doigts tu fouilles ton sac et en sors, froissé mais en partie intact du papier bulle. C'est idiot mais c'est tout ce que tu as trouvé pour t'occuper les doigts quand la contrariété devient colère et que la colère menace de passer rage. Parfois ça aide. Tu espères que ce sera une de ces occasions là, ce soir. Tu te concentres sur le pop des bulles percées et le manège de tes doigts, affectant de ne pas voir Meyer rentrer et sortir de la pièce au gré de ses caprices.

Mais ton manège est interrompu par la chute d'une serviette sur ton crâne et deux grosses mains qui viennent te décoiffer. Tu ne réfléchis pas ; papier-bulle serré dans ton poing, tu essaies de te dégager de son attaque. Il te laisse ; tu relèves la serviette et lui jettes un regard furieux - qui s'adoucit lorsqu'il prononce un mot de remerciement. Peut-être qu'il n'est pas totalement irrécupérable, cet homme.

La colère ne disparait pas mais elle reflua. Tu hausses une épaule pour faire comprendre que sans être super-joyeuse, tu acceptes son mot et commence à te frotter le crane. Tu finiras sans doute en épouvantail mais tu auras peut-être un peu plus chaud au moins.

Et pourtant, tu le regardes en coin. Il a l'air complétement ailleurs, cet homme. Par moment, tu jurerais qu'il se perd dans son monde intérieur. Tu pourrais te sentir vexée si cela ne t'arrivait pas encore régulièrement, lorsque l'auto apitoyement te submerge et que tu ne peux plus fermer les yeux sur la culpabilité qui t'assaillit sans cesse. Tu espères juste que ce n'est pas aussi douloureux pour lui.

Le silence s'éternise ; la colère aussi, en veille mais sous contrôle. Tu reposes la serviette désormais humide à coté de toi et reprends ton calepin.

Désolée de m'être énervée.


Tu sais que tu n'es pas agréable quand tu es comme ça. Tu n'arrives juste pas à t'en empêcher. Et pourtant, tu continues sur les sujets qui fâchent.

Vous irez vraiment à l'hôpital demain ? Ou il faut que je vous y emmène de force ?

A la reflexion, tu rajoutes un petit =) derrière cette phrase pour en diminuer l'inquiétude.
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(#) Lun 27 Mar - 22:47
Je réalisai soudain que je venais de remercier sincèrement Dezba et que je n’avais jamais prononcé un seul « merci » à l’attention d’Ikko qui était si serviable et gentille avec moi. Les regrets comme les remords refirent surface et je tournai à nouveau le dos à la demoiselle aux cheveux noirs qui commençait à se sécher les cheveux. Mal à l’aise, j’allai ramasser mon tee-shirt et le jetai directement à la poubelle.

« C’est marrant ça. »

Quoi ?

« Ça fait deux fois que tu croises Dezba et deux fois que tu jettes un tee-shirt. »

Ah… un simple hasard, rien de plus. Il lui en fallait peu pour l’amuser…

« Sauf que là, c’est ton sang qu’il y a dessus. »

Je soupirai, tentai de l’ignorer. Mais le visage d’Ikko réapparut dans mon esprit, ce qui fit sauter mon cœur de plus belle. Plusieurs jours s’étaient écoulés et pourtant, j’avais l’impression que les événements dataient d’hier. Il fallait que je l’oublie. Il le fallait absolument. Un long silence venait de s’installer entre Dezba et moi. Je n’aimais pas ce silence, il m’oppressait. Une main apparut soudain devant moi, un carnet entre les doigts.

« Désolée de m’être énervée. »

Je me tournai vers la jeune femme. Elle écrivit encore quelques mots.

« Vous irez vraiment à l’hôpital demain ? Ou il faut que je vous y emmène de force ? »

Au bout de sa phrase, elle ajouta un smiley comme pour préciser qu’elle n’était plus en colère, et sûrement aussi pour éviter que je le prenne mal. Je remarquai alors sa chevelure totalement en bataille. Au moins, elle se fichait de ressembler à un épouvantail du moment que ses cheveux étaient secs. En même temps, à première vue, elle ne semblait pas faire partie de ces dindes qui ne voyaient pas plus loin que le bout de leurs cils submergés de mascara. Je ne la connaissais pas vraiment mais elle paraissait simple – dans le bon sens du terme – agréable à côtoyer malgré son mutisme, dénuée de superficialité et dotée d’un fort caractère, juste assez pour l’apprécier à sa juste valeur. Même physiquement, en oubliant la tristesse que ses traits ne pouvaient pas cacher depuis la perte de ce proche dont j’ignorais toujours l’identité, c’était une belle femme que l’on imaginait aisément sûre d’elle et respectée.
Je ne savais pas pourquoi je songeais à tout ça. C’était l’image qu’elle me renvoyait alors que ce n’était peut-être pas ce qu’elle voulait ou pensait. Bref, nous nous croisions pour la deuxième fois et j’étais déjà persuadé qu’elle faisait partie de ces gens que je ne souhaitais pas décevoir, auxquels je refusais catégoriquement de faire du mal.


« Ben… de base, tu ne veux faire de mal à personne, fit remarquer Meyer. Mais tu le fais quand même parce que tu ne sais pas te contrôler. »

Je priai de toutes mes forces pour que jamais je n’en vienne à lever la main sur la femme qui se trouvait devant moi. Ikko avait payé les frais de ma faiblesse mentale, je ne voulais pas que ça recommence. Surtout pas. C’est pourquoi je devais faire les efforts nécessaires au bon déroulement de ce début de relation avec Dezba.

- Jawohl Kapitän (Oui Capitaine), j’irai à l’hôpital, répétai-je pour en revenir à la conversation.

Ma veste étant toujours par terre, j’allai la ramasser et la poser sur le dossier d’une chaise que je plaçai près d’un radiateur.


- Quoi que… t’es pas mal comme infirmière personnelle, ça donne envie d’y réfléchir, ajoutai-je en accordant un sourire en coin espiègle à Dezba.

Fouillant dans les poches de mon jean, j’en retirai quelques pièces et allai les insérer dans le distributeur de boissons. Un gobelet tomba entre les petits bras mécaniques et un liquide chaud s’écoula lentement. Quand il fut plein, je m’en emparai et rejoignis la demoiselle.


- Tiens, j’crois que c’est ce que t’as pris la dernière fois, dis-je en lui donnant le verre de soupe de tomate fumante. Et tu devrais enlever ta veste, tu vas attraper froid.

« Ça va, tu veux pas la mettre au lit et la border aussi tant que t’y es ? »
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(#) Mer 29 Mar - 19:21
Tu fais la moue devant sa plaisanterie. Tu sens que demain matin, le centre recevra ta visite : si Meyer n'est pas allé à l'hopital, tu en avertiras ses collègues. L'idée ne t'emballe pas mais tu te sentirais encore plus mal si tu ne le faisais pas.

Par contre, sa boutade te fait écarquiller les yeux ? Que dit-il ? Le rouge te monte aux joues, tu détournes le regard. L'ennui d'être muette, c'est que tu ne peux pas répondre du tac-o-tac ; cela rend les plaisanteries très compliquées. Tu ne peux pas te moquer de lui en retour ou l'envoyer se faire voir, et écrire sur el carnet... C'est différent. C'est comme mettre par écrit quelque chose qui aurait pu rester léger ou plaisant, le notifier. L'écrit tue l'émotion en la figeant à coups de stylo. Alors tu croises les bras et fait une petite moue dans le vide - si tes joues n'étaient pas rosies, on pourrait juste penser que tu boudes.

C'est aussi que cela fait bien longtemps qu'on n'a pas plaisanté sur cet aspect de toi. Pas mal... Est-ce comme cela que tu parais ? Une femme pas mal ? Depuis Tabanata, tu n'es plus qu'une mère éplorée et tous ceux qui t'entourent parlent - ou évitent - ton chagrin. Avant, tu étais une mère, une responsable d'hotellerie. Depuis combien de temps ne t'a t on pas juste traité comme une femme ? Ou juste comme quelqu'un ? Avec un rien de stupeur, tu te rends compte que tu ne saurais dater ça. Qu'est devenue Dezba, la femme qui aimait les cookies et collectionnait les flirts d'un soir ?

Non, il faut que tu arrêtes de gamberger. Tu reviens à Meyer, te mords la lèvre. Il n'a rien à voir là dedans, tu te dois de t'occuper de lui. Tes problèmes ne concernent que toi - mais pourtant, dans un coin de ton esprit, tu te promets de ne pas aborder le sujet de qui tu viens voir ici, ou pourquoi. Peut-être est il la seule personne dans ce pays qui considère Dezba et non pas les masques que tu arbores. Alors, avec un rien de retard, tu lui souris en réponse. Un sourire géné, certes, mais un sourire quand même. Cela te semble étrange de bouger tes lèvres ainsi... Comme si cela craquelait quelque chose en toi.

Il se détourne pour fouiller dans ses poches ; tu fais de même. La serviette est une excuse idéale pour rompre le contact visuel et te permet d'avoir au moins un peu plus chaud. Maintenant que l'urgence est passée, tu te rends compte que tu frissonnes dans tes vêtements mal séchés. Il faut que tu fasses quelque chose pour ça, mais quoi ?

Enlever ta veste ? Tu lui rends son regard, hausses les épaules. C'est que tu n'as rien sous cette "veste" comme il l'appelle. Pas certaine que ça te réchauffe de finir totalement à poil.

Vous auriez un change quelque part ?

En cherchant, vous trouvez.

Tu te retrouves à porter une immonde chemise, trop grande pour toi. Tu retrousses les manches pour dégager tes mains et t'assois sur le banc. Après une seconde d'hésitation, tu te mets en tailleur : la pudeur est sauve, la chemise est si grande qu'elle te couvre jusqu'à mi-cuisses. De toute façon, ce n'est que le temps que tes vêtements séchent et que tu partes. Si lui peut se balader torse nu, il peut bien supporter la vue de tes mollets.

Ton gobelet entre les mains, tu souffles dessus, te contentant de savourer la chaleur que la boisson répand dans ton corps. Mine de rien, ça réconforte et ce, même si le gout est horrible. Les soupes ne devraient être faites que pour ça : servir de bouillotte. Il est assis en face de toi ; après une hésitation, tu lui fais signe de venir s'asseoir à coté de toi. Si vous devez discutez, ce sera plus simple pour vous.

Ton carnet sur les genoux, tu écris maladroitement de la main gauche tandis que de la main droite tu tiens ta soupe.

Ca va vous sembler bizarre, mais vous avez l'air mieux que la dernière fois.Moins... perdu. Enfin, quand vous avez arrêté de jouer les durs à cuire au moins.



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(#) Mer 29 Mar - 21:10
Heureusement que j’avais tourné le dos à Dezba avant de lever les yeux au ciel, sinon elle se serait demandé ce qu’il se passait. Mais au fait, je lui avais donné une serviette pour se sécher et je m’étais complètement oublié ! J’allai donc en prendre une dans les vestiaires et revins en frottant mes cheveux encore trempés. Quand ils ne furent plus qu’à peine humides, je passai une main dedans pour les plaquer à l’arrière, comme je le faisais toujours. J’espérais ne pas tomber malade par la suite car cela faisait trop longtemps que ce n’était pas arrivé.

« Ouais, croisons les doigts. »

Ah oui… chose étrange : quand je tombais malade, Meyer disparaissait complètement. Mais j’étais dans un état lamentable. Aussi faible physiquement que dans la tête. En général, c’était dans ces moments que des pensées morbides m’envahissaient l’esprit, que je me posais trop de questions et que je tentais parfois de quitter ce monde. Pourtant, je devrais me réjouir de ne plus entendre Meyer me rabaisser constamment. Au final, c’était comme si je ne pouvais pas vivre sans lui. Je souhaitais vivement m’en débarrasser alors que son absence me dévorait de l’intérieur…

« C’est ça d’être faible. Et tu le resteras jusqu’à la fin de ta vie… à moins d’un miracle. »

Je l’ignorai. De toute façon, même si je faisais tous les efforts du monde, il ne disparaîtrait pas de sitôt. Il était trop encré en moi, trop attaché à la moitié de mon être qui refoulait tous les sentiments négatifs accumulés depuis des années.

« Vous auriez un change quelque part ? »

Je regardai Dezba qui m’avait mis son carnet sous le nez. Les joues rouges et l’air gêné, elle m’accorda un petit sourire amical. Je ne savais absolument pas si je pouvais lui trouver des vêtements à sa taille. Nous ne trouvâmes qu’une chemise de travail à la couleur vieillie par le soleil. En théorie, je devais porter ça pour faire mon boulot mais je possédais assez de vieux habits pour avoir le loisir de choisir mes propres chemises. Bref, en homme un minimum respectueux, je me retournai le temps qu’elle se change. Mais je ne m’attendais quand même pas à ce qu’elle ait aussi enlevé son pantalon. La chemise cachait une bonne partie de ses cuisses, c’était déjà ça.

« Comme si ça te gênait... »

Ça ne me dérangeait pas, et je savais très bien que ça ne servait à rien de garder son pantalon tout mouillé. Pour ma part, je ne retirai pas le mien mais pliai la serviette en coton sur le canapé pour m’asseoir dessus, à côté de Dezba qui me faisait gentiment signe de la rejoindre. Les jambes pliées en tailleur, elle soufflait doucement sur sa soupe chaude. D’une main, elle écrivit sur le carnet posé sur ses genoux.

« Ça va vous sembler bizarre mais vous avez l’air mieux que la dernière fois. Moins… perdu. Enfin, quand vous avez arrêté de jouer les durs à cuire au moins. »

Je haussai les épaules et appuyai doucement mon dos contre le dossier du canapé. Regardant le carrelage blanc devant nous, je répondis, pas très sûr de moi.

- J’essaye de passer à autre chose.

Je baissai les yeux sur mes mains dont les jointures étaient abîmées par les coups que j’avais donné tout à l’heure.

- Le boulot m’occupe pas mal l’esprit et… le soir je traîne au bar pour éviter de tourner en rond chez moi.

Je soupirai, ignorant complètement pourquoi je lui racontais ça. Elle allait me prendre pour un ivrogne.

« En même temps, tu rentres toujours éméché en ce moment. »

Il n’avait pas tort. Il fallait que je ralentisse sur la bouteille ou j’aurais vraiment des ennuis.

- Toi aussi t’as l’air mieux, repris-je en regardant Dezba. C’est p…

Je ne pus finir ma phrase, soudain interrompu par une quinte de toux qui me secoua tout entier. Je tournai à demi le dos à la jeune femme en plaquant ma main contre ma bouche. Quand je pus enfin me calmer, je me raclai la gorge et lui offris un demi sourire désolé.

- Et ça c’est parce que je fume trop… me justifiai-je peu fier.
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(#) Mer 29 Mar - 21:53
Peut-être n'aurais tu pas dû utiliser le terme de "perdu" mais tu ne sais pas vraiment comment le dire autrement. C'est une question de présence, d'être vraiment là et de ne pas avoir l'esprit égaré ailleurs. C'est difficile à expliquer. Peut-être que si tu avais une voix, tu pourrais le lui faire comprendre via l'intonation mais l'écrit est différent, égal et linéaire. Pour faire comprendre à l'oral, il faut être vivant ; pour le faire sur papier, il faut avoir un dictionnaire.  

Même en cet instant où il est incertain quant à sa réponse, c'est différent. Il cherche au lieu de juste laisser le sujet lui échapper et même si tu sens qu'il repart parfois dans son monde, il revient toujours vers toi ensuite.

Un peu trop à ton goût d'ailleurs. Tu es plutôt soulagée que sa question soit interrompue par une quinte de toux : tu n'as pas envie que ce sujet arrive sur le tapis. Tu tapotes dans son dos, geste bien inutile mais de soutien. Il ne te reste plus qu'à espérer qu'il n'ait pas attrapé une pneumonie sous la pluie - une maladie dont tu ne connais rien mais qui a tué bon nombre de personnes si on en croit les romans à l'eau de rose que tu lisais étant adolescente. Va-t-on à l'hopital pour soigner la pneumonie ? Tu fronces les yeux et evacues le sujet : s'il a quoi que ce soit, les médecins le verront demain.

Il se retourne et tente de se justifier. Cigarette. C'est une explication comme une autre mais ironique de la part d'un fossoyeur, à croire qu'il veut rejoindre ses ouailles. Tu lèves les yeux au ciet et lui met d'office entre les mains ton gobelet de soupe, histoire qu'il ait quelque chose à boire et faire passer la douleur. Ce serait dommage d'avoir survécu à cette soirée pour mourir d'une attaque de toux. Tes deux mains sont libres, ton écriture se fait plus lisible, plus aisée.

Fier, borné, alcoolique et en plus fumeur : tout pour plaire. Vous avez des défauts sinon ?

Tu lui tends le calepin avec un visage de marbre et lui laisse lire la phrase avant de te pencher et, du bout du stylo, rajouter un =) souriant en dessous. Tu plaisantes, bien sûr. Avec lui, tu préférerais rester dans le badinage et le léger  ; il vous faut bien ça après ce que vous avez traversé.
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(#) Mer 29 Mar - 23:35
Elle eut l’air aussi agacée qu’amusée, je ne savais pas trop. Sans me demander mon avis, elle me mit son gobelet dans les mains et put ainsi se servir des siennes pour écrire correctement sur le carnet. Elle me le tendit et je lus ces quelques mots :

« Fier, borné, alcoolique et en plus fumeur : tout pour plaire. Vous avez des défauts sinon ? »

Elle se pencha et ajouta le même smiley que tout à l’heure, avec deux grands yeux et un large sourire. J’eus un léger rire… puis cet instant de gaieté s’évanouit peu à peu, bien trop vite à mon goût. Je savais qu’elle plaisantait, le problème ne venait pas de là. En réalité, ces petits défauts qu’elle venait d’énumérer n’étaient rien comparé aux vrais défauts, à ceux qu’elle ignorait encore. Mais demeurais-je seulement capable de lui en parler ? Non… je ne la connaissais pas assez. J’aurais aimé lui faire confiance, me sentir bien en sa présence, libéré de tout jugement. Je ne la croyais pas du genre à penser du mal des gens dont elle ne savait encore rien. Mais justement, si elle savait… Comment me verrait-elle ? Oserait-elle encore m’adresser la parole ? Aurait-elle peur de moi ou m’ignorerait-elle simplement en faisant comme si nous ne nous étions jamais rencontrés ? Je ne voulais pas que ça se passe ainsi. Pour la première fois de ma vie, je souhaitais qu’une relation à peine entamée se déroule de la meilleure façon possible.

« Mais tu viens de dire que t’aimerais te sentir bien en sa présence… fit remarquer Meyer. Alors ça veut dire que c’est pas encore le cas ? »

Non, je… Je voulais dire que je n’étais pas encore certain de me sentir en confiance. Sinon oui, j’estimais que sa présence me réconfortait dans un sens.

« Dans un sens ? »

Évidemment.

« Oula… j’te suis plus là. »

Je soupirai et contemplai la soupe de tomates, en pleine réflexion. Dezba devait se demander où mon esprit s’était envolé. N’ayant pas beaucoup de conversations normales avec les gens, j’avais toujours tendance à plonger dans mes pensées et à oublier la présence d’autrui. Pour elle, je faisais d’énormes efforts mais le fait de me remettre sans cesse en question pour essayer d’être quelqu’un de meilleur m’empêchait par conséquent de me concentrer sur la discussion et sur mes songes en même temps. Bref, si je disais « dans un sens » c’était justement à cause de Meyer. J’appréciais Dezba pour le peu que je savais d’elle, j’étais plus détendu que d’habitude quand elle était là. Mais il y avait Meyer. Et Meyer ne voulait pas de ça. Il voulait tout faire foirer et il y arriverait, comme d’habitude.

« Et ouais ! »

Il en était fier en plus… Je regardais en face de moi sans rien voir de spécial. Il fallait que je dise quelque chose, que je réponde à Dezba. Mais rien ne venait. Je ne pouvais quand même pas lui dire la vérité sur Meyer, sur ce qui faisait de moi un être dangereux, sur ce que j’avais fait à Ikko et mes bêtises du passé. Non, c’était trop risqué.
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(#) Jeu 30 Mar - 0:04
Il rit mais s'arrête presque aussitôt pour se perdre de nouveau, yeux dans le vague. Tu relâches un soupir ; voilà qu'il recommence. Serait-ce exprès pour te faire mentir ?

Il ne dit rien et se contente de reporter son regard sur ton gobelet, le contemplant si fort que tu te penches légérement et y jette un coup d'oeil, t'attendant à y trouver un cafard ou autre chose. Non, rien. Il fuit juste ton regard alors. C'en deviendrait presque vexant !

Avec un soupir théatral tu reprends ton carnet et y ajoutes une petite ligne.

J'avais oublié : associal. Quinté gagnant.

Ce type pourrait gagner un bingo des caractéristiques de l'associabilité. Tu regardes ses mains rapidement, serrant la soupe et tu remarques alors : pas d'alliance. Ca te surprend : tu avais spontanément pensé qu'il était marié à cause de sa tenue, la fois précédente, repassée de frais et impeccablement amidonnée. C'est le genre de signe que tu associes à quelqu'un de soigneux ou, si la personne est un fossoyeur prompt à s'allonger dans l'herbe mouillé et à se promener torse nu, à une femme prenant soin de lui.

Ton regard s'égare dans la salle. Tu ne sais pas trop ce que tu y cherches ; c'est un vestiaire, les gens n'y étalent pas leur vie. Et pourtant, tu remarques sur nombre de casier des dessins d'enfants, sur un autre la photo jaunie d'une jeune femme, sur encore un autre une carte postale... Cela pourrait sembler de mauvais goût dans un centre funéraire mais tu comprends instinctivement que c'est ce qui permet à ces gens de tenir dans ce travail : le fait d'avoir une vie en dehors. Normal qu'ils veuillent le montrer.

Et il reste un casier sans rien, acier nu. Inerte, mort. Constantine Meyer. Le seul qui n'a rien pour le réconforter.

Tu reviens à Meyer et cette fois-ci, tes yeux se posent sur son visage. La solitude ne laisse pas de traces visibles et pourtant, tu le dévisages comme si tu pouvais les voir. Ce n'est qu'un homme pourtant, un homme épuisé mais tu ne comprends pas comment quelqu'un que toi-même tu apprécies après seulement deux rencontres pourraient être l'ermite que tu imagines d'après son casier.

Il reste une autre possibilité, bien sûr : que sa réserve soit due à ta présence. Tous les hommes ne portent pas l'alliance quand bien même ils vivent en couple. Comment se serait comporté ton compagnon à l'époque où vous viviez ensemble si une jeune femme avait flirté avec lui ? Peut-être comme ça. Probablement comme ça.

Le seul moyen d'ne avoir la certitude, c'est encore de lui poser la question.

C'est moi qui vous mets mal à l'aise ? Ou vous êtes toujours comme ça ?
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(#) Jeu 30 Mar - 19:06
La demoiselle aux cheveux noirs attira mon attention sur son carnet.

« J’avais oublié : asocial. Quinté gagnant. »

Dans le mille oui. Je ne répondis pas tout de suite, pas sûr de ce que je voulais dire en fait. Elle en profita donc pour écrire encore.

« C'est moi qui vous mets mal à l'aise ? Ou vous êtes toujours comme ça ? »

Je levai les yeux vers elle, à la fois étonné et embarrassé. Merde… je ne voulais pas qu’elle pense qu’elle me mettait mal à l’aise.

- N… non, c’est pas ça, dis-je sans parvenir à soutenir son regard plus longtemps. C’est juste que… c’est plutôt exceptionnel pour moi d’arriver à entretenir une conversation normale avec quelqu’un. C’est d’autant plus rare d’avoir l’occasion de recommencer.

Évidemment, je parlais d’elle. Je ne me rappelais pas avoir eu la chance de rencontrer une personne aussi gentille avec moi avant – et depuis – Ikko. Car en général, quand il arrivait miraculeusement que je m’entende bien avec quelqu’un, c’était seulement pour quelques minutes… le temps de partager des bières. Après, soit cette personne m’ignorait, soit elle disparaissait.

« Soit tu la fais disparaître toi-même ! » chantonna Meyer.

Ça ne s'était produit qu’une seule fois… sans compter Ikko. Revenant au présent, je me raclai la gorge.


- Comme tu l’as si bien dit, je suis pas très sociable, repris-je en haussant les épaules. Alors c’est compliqué d’aller vers les autres sans…

J’hésitai, me lançai.

- Sans avoir peur d’être rejeté et pris pour un timbré.

Non, finalement, ce n’était pas une si bonne idée d’avoir dit ça. Dezba se demanderait la raison pour laquelle mon entourage était susceptible de me considérer comme quelqu’un de timbré. C’est pourquoi je poursuivis avant qu’elle ait le temps de me poser des questions – même si je savais qu’un jour je n’y échapperai pas.

- Désolé si je donne l’impression d’être mal à l’aise avec toi. Au contraire, je crois que ça me fait du bien d’écouter et d’être écouté aussi.

J’avais volontairement choisi d’user du verbe « écouter » et non « lire » car pour moi, le mutisme de Dezba ne constituait en rien un frein à la discussion. J’en faisais abstraction parce que je me fichais du moyen par lequel elle communiquait avec moi. Ce qui comptait, c’était qu’elle continue à me côtoyer alors que je ne le méritais sûrement pas. Je le répétais mais le fait qu’elle soit muette ne me dérangeait pas du tout. En fait, cela m’obligeait quelque peu à m’exprimer davantage à l’oral en cherchant mes mots, ce que j’imaginais être bénéfique à ma santé mentale. C’était très difficile de faire les efforts nécessaires pour avoir un bon comportement avec la jeune femme tout en pensant que ça pouvait dégénérer à n’importe quel moment.

« En tout cas, t’es plus bavard que d’habitude. Et ça fait bizarre. »
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(#) Jeu 30 Mar - 22:50
Il relève les yeux vers toi. Vos regards ne s'accrochent qu'une seconde, mais tu trouves déjà ça rassurant : au moins, il essaie. Il réagit aussi. As tu perçu un soupçon de peur dans ces yeux lorsque tu lui as demandé s'il était comme ça à cause de ta présence ? Si c'est le cas, a t il peur de toi ou au contraire de ce que tu penses de lui ? Non, tu l'écoutes et penches plutôt pour ton imagination. C'est un homme solitaire, n'importe qui l'effraierait. Du moins, tu le penses. Tu l'espères. Tu n'aimerais pas faire peur à cet homme là.

Tu tapotes du bout de ton stylo ton calepin et hésite à y écrire une phrase lapidaire : "C'est probablement parce que je ne risque pas de t'interrompre" mais tu te retiens. Tu sais qu'il le percevra forcément mal, parce que toi même tu ne sais pas ce que recouvre cette phrase. Est-ce de la colère, de l'humour, de l'indifférence ? Peut-être tout ça, peut-être autre chose.

Au lieu de ça, tu commences à répondre à sa remarque sur les timbrés.

Pourtant je vous trouve tout à fait n

Mais tu t'arrêtes et le regardes. Il a parlé un peu trop vite, comme pour détourner le sujet. Tu le sais, c'est comme ça que tu agis toi aussi lorsqu'on s'approche d'un de tes points faibles.  Mais l'écrit n'est pas l'oral, et tu ne peux pas faire mine d'avoir oublié le sujet alors que ta phrase est déjà commencée. Si ? Non ? Il peut la lire de là où il est, il sait que tu as entendu. Ton stylo reste figé sur le début du o, tu hésites, tu commences à le tracer... Non, tu ratures et lui jettes un leger coup d'oeil.

D'accord

Après tout, chacun ses secrets. Tu ne veux pas lui parler de ton fils, il ne veut pas te dire en quoi il est bizarre. Très bien. Un point partout, balle au centre. Tu doutes que ce soit quelque chose d'important de toute façon : Meyer cherche peut-être juste à couvrir une ancienne dépression nerveuse ou un penchant difficilement acceptable dans son milieu, comme l'homosexualité. Il ne serait pas le premier à agir ainsi.

Alors tu acceptes, ratures de nouveau le d'accord pour bien lui faire saisir que tu choisis  de ne pas explorer ce point, puis continues au dessous.

Je préférerais être au chaud et au sec chez moi mais ça aurait pu être bien pire.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que tu n'as pas le compliment facile, et encore moins par écrit. Tu hausses une épaule puis reprend.

La prochaine fois, on pourrait peut-être se revoir dans un endroit moins lugubre ? Et sans soupe à la tomate. S'il vous plait. Tout sauf la soupe à la tomate.
=)
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(#) Ven 31 Mar - 18:24
Dezba commença à écrire une phrase.

« Pourtant je vous trouve tout à fait n... »

Mais elle s’interrompit et écrivit un simple « D’accord ». Je savais ce qu’elle allait écrire, à savoir qu’à première vue, j’avais l’air d’un type normal. C’était ce qu’on me disait souvent. Puis on se rendait compte du problème… et on me tournait le dos. Dezba me jeta un regard furtif puis se concentra à nouveau sur son carnet. Elle ratura le « D’accord » et poursuivit en dessous.

« Je préfèrerais être au chaud et au sec chez moi mais ça aurait pu être pire. »

Elle avait raison. Néanmoins, je ne m’attardai pas sur la véracité de sa remarque. Ce qui avait attiré mon attention demeurait plutôt le fait qu’elle ait changé de sujet. Et je lui en étais très reconnaissant car je ne voulais absolument pas m’étaler sur la question de mon asociabilité.

« La prochaine fois, on pourrait peut-être se revoir dans un endroit moins lugubre, proposa-t-elle d’une écriture rapide. Et sans soupe à la tomate. S’il vous plaît. Tout sauf la soupe à la tomate =) »

Je la regardai, baissai les yeux sur le gobelet de soupe, levai à nouveau les yeux vers la demoiselle… et éclatai de rire. Manquant de renverser la tomate liquide, je tins le récipient à deux mains, incapable de me calmer. Je ne savais pas du tout ce qui me prenait, sa demande n’était pourtant pas si hilarante. Toutefois, mon état de faiblesse mentale et physique devait jouer sur mes émotions et voilà, il en fallait peu pour me faire rire comme un idiot. Par contre, ça faisait un mal de chien ! Les douleurs dans mon dos se réveillèrent, me firent grimacer comme si j’étais revenu à l’instant où je me faisais tabasser. Reprenant mon souffle, je posai le gobelet de soupe sur la table basse devant nous et m’affalai à nouveau contre le dossier du canapé.

- Excuse-moi, dis-je enfin apaisé. J’dois être fatigué. Mais…

Je lui fis une légère pichenette sur le front.

- Fallait me dire que t’aimais pas cette soupe, j’t’aurais servi autre chose.

« En même temps, elle t’avait rien demandé. »


Pas faux. Mais bon, peu importait. Un sourire en coin et désormais plus détendu, je repassai dans ma tête la proposition que venait de me faire Dezba. J’avais bien entendu, elle parlait de nous revoir. Je n’arrivais pas à y croire. J’en aurais sauté de joie si mon corps me l’avait permis.

« Ouais ça va, calme-toi... » soupira Meyer dépité.

Bien sûr, ça ne lui faisait pas du tout plaisir que la demoiselle aux cheveux de jais soit aussi chaleureuse avec moi. Il préparerait sûrement un plan pour tout foutre en l’air bientôt. Mais en ce moment, j’étais bien trop content pour y songer sérieusement. D’ailleurs, je devais répondre à Dezba.


- Si tu veux… j’vais à ce bar le soir après le boulot.

Je me permis de prendre le carnet et le stylo et d’y noter le nom et l’adresse de ce fameux bar. Je les lui rendis et repris.

- Y a que des vieux et le patron est un peu con mais il est sympa. Et euh… j’promets de pas boire comme un trou en ta présence. Et même de ne plus boire tout court… ajoutai-je gêné.

Je n’avais pas envie qu’elle me prenne vraiment pour un alcoolique, si ce n’était pas déjà le cas. Une bière ou deux suffiraient largement désormais.
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(#) Ven 31 Mar - 19:55
Hey bien, voilà quelqu'un que ta plaisanterie rend très heureux !

Tu te penches sur le coté ; ça t'étonnerait que le gobelet de soupe résiste à cette tornade de rire. C'est que Meyer est étrangement différent quand il rit comme ça. Son visage d'ordinaire de marbre ou au mieux tourmenté devient un masque de clown dont tu ne sais trop s'il rit ou s'il crie. Un peu gênée mais contaminée par l'effet de fou-rire, tu souffles du nez avant de détourner le regard. Quelque chose te dit que cet homme là ne doit pas rire bien souvent, autant qu'il en profite tant que ça dure.

Il se calme et pose le gobelet, intact, sur la petite table devant vous.Ton regard se fait appréciateur autant qu'amusé : tu ne l'aurais pas cru. Nerfs d'acier ou muscles de béton ? Vu l'homme, tu parierais sur la seconde option.

Pichenette de nouveau. Tu repousses sa main, joueuse mais légérement agacée par cette façon qu'il a de t'infantiliser. Pour toute réponse, tu rentres légérement la tête dans le cou, yeux au ciel et bouche entrouverte tout levant les paumes de tes mains vers le ciel. Comme si tu allais lui dire quoi que ce soit...

Et voilà qu'il en profite pour te piquer ton carnet ! Tu hésites un instant à lui sauter dessus pour jouer, comme une gamine prête à tout pour récupérer son doudou, mais tu te retiens. Ca, ce serait vraiment puéril, tu ne vas pas lui donner raison. De tout façon, il te le retends presque aussitôt. Tu déchiffres son écriture - étonnamment soignée pour un type aussi abrupt et maladroit, des anglaises arrondies qu'on croirait sorties d'un cahier d'écolier. Un bar et son adresse. Tu vois la rue dont il s'agit mais absolument pas la façade de l'établissement. Est-il récent ? Probablement pas s'il y va tous les soirs. Tu imagines plutôt un vieux troquet que seuls hantent les piliers de bistrot, des gens usés et abusés par la vie dont seul l'alcool peut pendant quelques instants atténuer les blessures de l'âme.

Pas de doute, tu te fondrais remarquablement bien dans un tel endroit, signale une partie amère de ton esprit que tu renvoies le plus loin possible, peu désireuse de rompre l'instant. D'ailleurs, depuis combien de temps ne t'a t on pas convié à un tel rendez-vous ? Tu notes rapidement sur son calepin une phrase et lui tend en papillonnant des paupières, imitant une princesse en détresse.

Oh, un rendez-vous ! Dois-je venir avec un chaperon ?

Tu dois paraitre totalement ridicule, trentenaire au sombre visage en train de te conduire comme une midinette de roman d'amour. Ca plus ta phrase le perturbent au point que tu lui décoches un bref sourire - tu te rends à peine compte que ton visage résiste, peu habitué désormais à montrer ce genre d'expression. Tu ne lui laisses pas le temps de revenir sur sa proposition.

Mardi soir, 21 h. Pensez à enfiler une chemise cette fois-là...
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(#) Ven 31 Mar - 21:37
Dezba nota quelques mots sur son carnet et me le montra.

« Oh, un rendez-vous ! Dois-je venir avec un chaperon ? »

Je laissai échapper un ricanement en la voyant jouer la demoiselle faussement timide cachant l’envie fougueuse d’être à ce rendez-vous. C’était à la fois étonnant et rassurant de voir que, malgré ce qu’elle vivait depuis la perte de cette personne qui m’était inconnue, il lui restait encore un peu de gaieté, juste assez pour se dire que la vie continuait et qu’elle aurait assez de forces pour surmonter le drame. Enfin… je l’espérais pour elle en tout cas. Elle devait être encore en train de chercher ce petit truc qui l’aiderait à vaincre, à la faire redevenir la femme forte et assurée qu’elle avait été autrefois. Le sourire qu’elle m’accordait en ce moment montrait bien qu’elle allait mieux dans un sens. Ou qu’elle essayait d’aller mieux. C’était déjà un bon début.
Attends… un rendez-vous ?


« T’as bien entendu oui... » grommela Meyer.

Toujours en train de bouder ?


« Scheiße auf dich (Je t’emmerde) ! Et puis de toute façon, t’as aucune chance de bien t’entendre avec elle ! »

Ah bon ? Et pourquoi ?

« Parce que… parce que ! »

OK, pas d’arguments, il voulait juste me faire chier.

« Pff… tu sais très bien que ça ne marchera jamais. »

Si je me bornais à ne pas y croire, ça ne m’aiderait pas à avancer. Il fallait vraiment que j’arrête de l’écouter… Posant un regard sur le carnet que me tendait à nouveau Dezba, je lus ces quelques mots :

« Mardi soir, 21h. Pensez à enfiler une chemise cette fois-là. »

Je haussai les épaules, fis mine de réfléchir.

- Seulement si t’arrêtes de me vouvoyer, répondis-je.

Cela faisait un moment que je voulais lui en parler. Je n’aimais pas être vouvoyé comme je détestais vouvoyer les gens. Pour moi, ce n’était pas forcément un manque de respect… pas forcément non plus un moyen de me rapprocher de mon entourage. Je n’aimais pas, c’est tout. Doucement, je détachai mon dos du canapé et me mis debout. Je m’emparai du gobelet de soupe de tomate, allai vider son contenu dans l’évier avant de le jeter à la poubelle. Puis j’allai vérifier ma veste ainsi que celle de Dezba et son pantalon. Ils n’étaient pas totalement secs mais au moins, nous n’attraperions pas froid en sortant. La chaleur du chauffage les avait réchauffé. Ce serait plus agréable à porter.
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(#) Ven 31 Mar - 22:06
Le vouvoyer ? Tu le fixes une seconde avant de réaliser qu'effectivement, depuis votre rencontre, tu le vouvoies. C'est que c'est un réflexe chez toi, à force de cotoyer des gens, inconnus ou non toute la journée. Le vouvoiement systématique donne l'impression d'un respect un peu froid, tandis que le tutoiement a l'apparence du mépris - voire de la séduction selon les plus obtus de tes interlocuteurs.

Le tutoyer donc. Tu ne t'y opposes pas mais... tu repenses à cette plaque. Constantine Meyer. Ne serait-ce pas étrange de l'appeler par son nom de famille tout en le tutoyant ? Sourcils froncés, tu lui poses la question - et ça te fait vraiment bizarre de ne pas employer le "vous".

Je t'appelle Meyer ou Constantine du coup ?

Tu te relèves juste après lui. Les vêtements qu'il te rend sont presque secs, tu éviteras au moins la pneumonie - encore et toujours cette maladie décidément. Tu t'éclipses dans la salle voisine pour te changer et éviter de le gêner comme plus tôt. Ah, les hommes, tellement pusillanimes par certains cotés.

Tu finis avant lui. Tu hésites à l'attendre avant de sortir avant de réaliser que tu n'as pas fait ce pour quoi tu étais venue : aucune trace de ton porte-feuille. Instantanément, ton visage s'assombrit à ce souvenir. Tu dois vraiment le retrouver.

Je vais y aller, on m'attend. A mardi.

Mensonge, mais tu n'en laisses rien paraitre. Si tu lui disais ce que tu vas faire, il insisterait pour te suivre et.... Non. Tu ne veux pas lui parler de cette partie de ta vie. Avec un petit salut et un dernier mot ("Et ramène moi la déclaration de l'hopital quant à ton état !"), tu le quittes.

La pluie s'est arrêtée dehors, le froid est revenu. Après t'être assurée qu'il ne te suive pas, tu avances dans le cimetière, bénissant la fraicheur qui commence à geler le sol et t'empêche de glisser sur la terre détrempée. Tu avais à la fois raison et tort, comme tu t'en rends compte avant d'arriver à la tombe de ton fils : ton porte-feuille est resté ici mais tu ne l'as pas laissé. Tu le retrouves jeté dans l'herbe, vidé de toute la monnaie qu'il contenait. Tant pis, te dis-tu, blasée et épuisée, au moins tu as récupéré tes papiers d'identité et le Wolf Wealth est lavé de tout soupçon.

Tu quittes le cimetière sans encombre et rentres chez toi sans te rendre compte que pour la première fois depuis bien longtemps, la colère que tu as ressentie envers Meyer a disparu de ton esprit sans résistance acharnée.
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(#) Ven 31 Mar - 23:15
« Je t’appelle Meyer ou Constantine du coup ? »

Je fixai sa phrase d’un regard surpris. Comment connaissait-elle mon prénom ? Je ne le révélais jamais à personne. Ah, elle avait dû le voir inscrit sur mon casier dans le vestiaire, je ne voyais que ça. C’était… gênant. Mes parents m’avaient donné ce prénom parce que mon grand-père paternel s’appelait Konstantin. Version allemande, ça passait. Version française, c’était tout bonnement ridicule et affreux, raison pour laquelle je demandais toujours aux gens de m’appeler seulement par mon nom.

- Meyer... ça suffira, répondis-je donc.

Tandis qu’elle se levait à son tour, j’attrapai ma veste et l’enfilai. Dezba se rendit au vestiaire pour s’habiller puis revint rapidement.


« Je vais y aller, on m’attend, écrivit-elle avec hâte. A mardi. »

Elle interrompit la course de son stylo sur le carnet puis reprit :

« Et ramène-moi la déclaration de l’hôpital quant à ton état ! »

J’eus un sourire en coin, lui assurai que je le ferai, ne voulant pas me prendre un coup de carnet sur la tête. Puis elle s’en alla. Quand la porte du hall se referma au loin et que le silence s’abattit dans la salle de repos, je me rendis compte que j’avais retenu ma respiration pendant une bonne minute. Je la relâchai, comme soulagé d’un stress dont j’ignorais la provenance. Après avoir remis la chemise de travail à sa place et vérifié que je n’oubliais rien, je quittai les lieux en prenant soin de verrouiller les portes. Dehors, la pluie ne tombait plus et avait fait place à une atmosphère fraîche et humide. Un léger brouillard planait au-dessus du cimetière, le rendant plus inquiétant que d’habitude. Je ne m’y attardai pas plus longtemps et me rendis à la voiture. J’avais l’impression que je m’étais garé ici des heures auparavant alors qu’il ne s’était déroulé que quelques minutes depuis l’arrivée des autres sales types.
Je m’installai derrière le volant, regardai l’entrée du cimetière. Dezba et moi n’avions échangé qu’à l’intérieur de ces lieux sinistres. Comment réagirai-je en dehors ? Je me sentais bien également au bar mais ce n’était pas pareil. Et si je devenais désagréable ? Si… Meyer réussissait à tout gâcher ?
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